<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-15674932</id><updated>2011-04-21T11:36:37.842-07:00</updated><title type='text'>Pour une démocratie participative et citoyenne</title><subtitle type='html'>Je m'intéresse à la démocratie participative et je me bat pour ouvrir le champ politique à celles et ceux que ses règles excluent dans leur état actuel? Comment des populations démunies de citoyenneté pourraient-elles avoir accès à la représentation politique, à la délibération? Tel est but de ma démarche!</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://oumarkeita.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/15674932/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://oumarkeita.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>keita</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14106130989484743521</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>15</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-15674932.post-2500035634328888911</id><published>2007-07-17T01:20:00.000-07:00</published><updated>2007-07-17T01:31:10.366-07:00</updated><title type='text'>Projet: Modes de déplacement à la marge dans la ville européenne</title><content type='html'>Mon projet sera axé autour des modes de déplacement marginaux dans la ville européenne. Ces modes de déplacement qui peuvent, par exemple, utiliser des « véhicules » tels les paires de rollers, ne sont généralement pas conçus comme des modes de transport, mais plutôt renvoyés (par les utilisateurs comme par les observateurs ou les administrations) comme relevant de la sphère ludique ou expressive.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel est le statut de cette marginalité dans le vécu des différents acteurs ?  Quel est le rapport entre dimension expressive et dimension technico-pratique, à la fois dans les représentations des gens et dans les situations créées de fait ? Comment peut se gérer la contestation implicite ou explicite manifestée par l’irruption de ces usages nouveaux ? Telles sont les principales questions que l’enquête de terrain tâchera d’éclairer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Premières pistes de problématique :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce projet de recherche part de la constatation que les villes d’Europe sont aujourd’hui confrontées à l’irruption de modes de déplacement relativement nouveaux, mais qui ne sont pas pour autant des modes de transport, ou en tout cas - et en première approche - ont plutôt tendance à être présentés par les pouvoirs publics comme des obstacles supplémentaires à la gestion planifiée des transports urbains. Le cas des utilisateurs de rollers (ou « patins en ligne ») peut servir ici d’exemple premier dans la mesure où c’est un phénomène d’ampleur notable qui semble en voie d’ascension, tout au moins dans une ville comme Paris, la comparaison internationale s’avérant ici indispensable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant, au-delà de ce cas de figure particulier, il s’agira de s’interroger sur le phénomène de démultiplication des modes de déplacement en tant qu’il remet en cause des modèles “ rationnels ” d’organisation du transport et de répartition de l’espace urbain. Autrement dit, de porter notre attention aux phénomènes qui contestent (de façon implicite ou de façon revendiquée) une politique de mobilité dans la ville définie d’en-haut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;I. Les émergences de modes de déplacement dans l’espace urbain contemporain&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans cette première partie de l’enquête, je resituerai l’apparition et la diffusion de modes de déplacement du genre du skate-board ou du roller en prenant le cas de deux ou trois villes européennes : une ville française, une ville italienne et éventuellement une ville britannique : quelles sont les dates et les modalités concrètes de cette émergence ? Quels sont les espaces investis ? Les temporalités, les périodicités ?&lt;br /&gt;Quelles sont les justifications et les significations données à ces usages nouveaux par les acteurs ? L’aspect ludique d’expression de soi et de jouissance à travers la vitesse et la virtuosité supplante-t-il totalement l’aspect fonctionnel ?&lt;br /&gt;Quelles sont les résistances émanant de l’environnement ? des pouvoirs publics municipaux ?&lt;br /&gt;Quelles sont les solutions existantes, les compromis possibles, les aménagements obligés au code de la route ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;La place du désordre dans l’aménagement du transport urbain&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au-delà du problème fonctionnel qui se pose à chaque fois qu’apparaît ou réapparaît un mode de transport marginal par rapport à celui dominant (par exemple, le vélo revenant demander une place sécurisée, autonome, à côté de l’automobile), il faut prendre en compte que certains modes de déplacement  sont revendiqués pour leur aspect contestataire, destructurant, voire anarchique et qu’il est vain de vouloir à tout prix les normaliser puisque leur séduction tient justement à ce qu’ils se posent en dehors des normes : le roller ou le skate sont-ils dans l’ordre du déplacement ce que le verlan est au français châtié ? Il importe évidemment de vérifier les limites d’une telle hypothèse et ses déclinaisons selon les types d’usagers. Tous ces derniers n’expriment sans doute pas la même volonté contestataire ; certains peuvent trouver que l’aspect utilitaire est premier dans leur choix du véhicule (le roller plus que le skate où prédomine l’idée de performance réalisée sur des spots, des “ haut-lieux ” où peut se réaliser au mieux la monstration de l’habileté à manoeuvrer .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Méthodologie et planification du projet&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La première partie sera consacré à un travail de problématisation et de préparation des observations. La deuxième partie sera dévolus au travail d’enquête dans les villes désignées par plages de temps à définir. L’enquête mettra en œuvre : l’observation directe pour évaluer l’ampleur, la fréquence, la géographie du phénomène ;&lt;br /&gt;les entretiens avec des acteurs (utilisateurs, administration urbaine, spécialistes des transports, etc.)&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/15674932-2500035634328888911?l=oumarkeita.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/15674932/posts/default/2500035634328888911'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/15674932/posts/default/2500035634328888911'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://oumarkeita.blogspot.com/2007/07/projet-modes-de-dplacement-la-marge.html' title='&lt;strong&gt;Projet: Modes de déplacement à la marge dans la ville européenne&lt;/strong&gt;'/><author><name>keita</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14106130989484743521</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-15674932.post-5922759334275468870</id><published>2007-07-17T01:08:00.000-07:00</published><updated>2008-06-19T07:43:44.611-07:00</updated><title type='text'>Projet:Eléments d’analyse de l’organisation et du fonctionnement de l’Observatoire Parisien de la Démocratie Locale </title><content type='html'>Après quatre ans d’existence (installation en juillet 2003), les éléments du bilan présentés ci-dessous permettent d’avancer quelques préconisations pour l’éventuel renouvellement d’un tel organisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;I. &lt;strong&gt;La participation : un enjeu considérable mais complexe&lt;/strong&gt;Ouvrir le gouvernement de la Ville de Paris à la participation de ses habitants est un enjeu d’une portée considérable pour le contenu des politiques publiques autant que pour les modalités de leur élaboration et de leur mise en œuvre et que pour les pratiques des acteurs concernés. L’importance de l’enjeu n’a d’égal que sa complexité. La participation démocratique s’inscrit en effet dans des formes très diversifiées : information, consultation, concertation, co-production ou co-gestion, auxquelles s’ajoute la prise en compte d’initiatives autonomes des habitants. Cette complexité est accrue du fait que ces formes diverses de la participation peuvent se recouper et se mêler et qu’elles ont toujours en outre à la fois une dimension individuelle et collective.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A cette diversité des formes de la démocratie participative s’ajoute la diversité des lieux où elle est appelée à s’exercer. On peut distinguer :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- les lieux qui lui sont explicitement dédiés, c’est-à-dire les différentes « instances » créées par la loi ou la délibération municipale : conseils de quartier, comités d’initiative et de consultation d’arrondissement (CICA), conseils de la jeunesse, de la vie étudiante, de la citoyenneté des Parisiens non communautaires, maisons des associations, près de 190 « instances » (! !) ;&lt;br /&gt;- les actions d’aménagement urbain, à l’échelle de la ville (PLU, PDP, …), d’une partie de la ville (le tramway, les halles…), la ZAC (Paris Rive Gauche…), d’un quartier (le carreau du Temple…) ;&lt;br /&gt;- les initiatives des habitants pour interpeler « la ville » ou prendre en charge une fonction d’utilité collective ;&lt;br /&gt;- les relations entre un service public et ses usagers (l’école, les crèches, le logement, la propreté, l’eau, les transports, les équipements et services sociaux…) ;&lt;br /&gt;- les institutions délibératives et exécutives de la démocratie représentative (les conseils et les maires et adjoints d’arrondissement, le conseil de Paris et son exécutif « politique », les services de l’Hôtel de Ville…).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;II. &lt;strong&gt;Un outil inadapté à la dimension de l’enjeu&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’OPDL avait pour mission d’observer et d’évaluer l’ensemble de la démarche de démocratie participative dans toute la diversité des formes qu’elle peut revêtir et des lieux où elle peut s’exercer. Il devait en outre porter ses analyses et préconisations éventuelles auprès du Maire et les mettre en débat auprès de tous les acteurs concernés pour « pousser les feux » de la participation démocratique. L’ampleur de la tâche était, par définition, à la hauteur de l’enjeu. Mais, par nécessité, les moyens dont il disposait pour la remplir ne l’étaient pas, ni ses moyens humains, ni ses moyens institutionnels. Comment ses moyens humains auraient-ils pu être à la dimension de sa mission ? 28 bénévoles aux disponibilités variables mais en tout état de cause excessivement limitées et un appui technique de la « mission démocratie locale », certes de grande qualité, mais encore plus étroitement limité en disponibilité compte tenu de la modestie des effectifs de cette petite équipe, de l’étendue de ses autres responsabilités et de la surcharge de travail qui en découle… Voilà pour ses moyens humains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant à ses moyens institutionnels, c’est-à-dire son positionnement par rapport à « l’institution » municipale, ils se sont, à l’expérience, avéré poser un certain nombre de problèmes pour un bon accomplissement de sa mission. Certains problèmes relèvent inévitablement de la « relativité » de son « indépendance ». Indépendant dans le choix de ses problématiques et de ses méthodologies, l’OPDL, en tant que commission extra-municipale, ne l’est pas pour autant dans deux domaines importants, l’accès au terrain et la publicité de ses travaux, où ses initiatives sont soumises à l’accord préalable de « l’autorité » municipale, ce qui peut parfois entraîner certains retards… En outre, sur un plan purement matériel, le rattachement juridique à la collectivité territoriale soumet l’OPDL aux contraintes et procédures qui en relèvent, notamment pour l’achat de biens ou prestations nécessaires pour son travail, ce qui, là aussi, peut entraîner certains retards voire certaines dépenses inutilement élevées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le plus lourd toutefois parmi les handicaps résultant de son positionnement institutionnel est l’ambiguïté de son statut « d’extériorité » par rapport aux champs de politique publique concernés par ses investigations. La « participation » en effet ne prend sens et efficience qu’en référence à des enjeux concrets, objets de décisions politiques. Or ceux qui gèrent ces espaces décisionnels, les élus et services concernés, ne sont pas présents à l’OPDL, comme si leur implication aurait pu nuire à la qualité de « l’observation » alors que c’est l’inverse qui est vrai. Depuis longtemps les chercheurs en sciences sociales ont reconnu la valeur ajoutée pour la recherche que constitue l’implication des acteurs sociaux dans le travail de recherche qui les concerne. Cette démarche de « recherche participative » est à l’évidence encore plus valable quand la participation constitue l’objet même de la recherche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette extériorité de l’OPDL par rapport au champ qu’il est tenu « d’observer » se double d’une autre extériorité, celle de la responsabilité politique en matière de démocratie locale par rapport aux autres champs de responsabilité politique de l’équipe municipale. On a positionné la démocratie locale comme une responsabilité particulière, un « secteur » à part, détaché des autres, existant en soi et pour soi et non comme une responsabilité transversale, partagée par l’ensemble des secteurs de responsabilité politique. Un tel détachement, une telle extériorité, pose problème ; d’abord, sans doute, à l’adjointe déléguée à cette mission quant au positionnement de son champ de compétences par rapport à ceux de ses collègues mais aussi à l’OPDL lui-même pour l’appréhension de son objet d’investigation comme pour la conduite sur le terrain dans tel ou tel champ de politique publique où sa légitimité d’intervention doit chaque fois être redéfinie. On soulève ici un problème politique de fond qui dépasse évidemment celui du statut d’une adjointe et, a fortiori, celui du statut de l’OPDL. C’est celui du statut de la participation démocratique dans le projet politique d’ensemble de la municipalité. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Revenant toutefois au statut de l’observatoire, son extériorité est en outre relativement ambiguë. Elle est totale concernant les champs de politique publique mais elle n’est que partielle concernant les « instances » de démocratie participative puisque la moitié de ses membres en sont issus. Mais seuls siégent à l’OPDL ceux qui, dans ces instances, sont en position d’être consultés et non ceux qui les consultent et qui ont la responsabilité de mettre en place et de faire vivre ces instances. Cela peut induire des difficultés de positionnement personnel des « représentants » de ces instances au sein de l’OPDL, tiraillés entre le risque d’être accusés de trahir, par leurs observations critiques, ceux qui les ont mandatés et de gêner la mission des élus en charge de leur instance, soit, au contraire, de leur être trop soumis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;III. &lt;strong&gt;Des résultats limités mais néanmoins intéressants&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré la modestie de ses moyens et les ambiguïtés de son statut l’OPDL a pu réaliser des travaux de qualité dont font état ses rapports annuels (dont le contenu ne sera pas repris ici). Quelques remarques supplémentaires concernant la nature de sa production doivent cependant être faites dans ce bilan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1. D’abord quelques remarques préalables concernent la qualité de la participation des membres de l’OPDL à ses activités. Contrairement à ce qu’on aurait pu craindre la coopération des deux « collèges » composant l’OPDL (14 représentants des « instances », 14 personnalités qualifiées) n’a pas constitué un problème en tant que telle. Les quelques rares difficultés relationnelles et les différences de disponibilité ou d’intérêt pour tel ou tel aspect de ses activités se sont manifestées autant à l’intérieur de chacun des deux collèges qu’entre eux. A l’expérience seule une petite moitié des membres de l’OPDL s’est vraiment impliquée dans la durée, tant pour participer aux réunions plénières que pour conduire des actions «  de terrain », et ceux qui assistèrent le plus régulièrement aux plénières n’étaient pas tous investis dans des actions de terrain et inversement. Il est évident que les moyens limités de l’OPDL peuvent en grande partie expliquer la participation également limitée de ses membres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2. Concernant son champ d’investigation, c’est là que la modestie de ses moyens d’action s’est fait le plus sentir.&lt;br /&gt;A l’évidence la couverture systématique et en continu du fonctionnement et plus particulièrement des réunions de toutes les instances dédiées à la participation démocratique et des autres procédures de concertation associées aux différentes opérations d’urbanisme était hors de portée.&lt;br /&gt;Même la tentative initiale de répartir entre les membres de l’OPDL le seul suivi des 121 conseils de quartier s’est avérée intenable. Restait la valorisation de l’expérience et de la compétence personnelle des uns et des autres à leur initiative ou à la demande de l’OPDL, au gré des opportunités et des disponibilités. Ainsi un petit collectif s’est constitué au sein de l’OPDL pour organiser et animer des séminaires ouverts au public qui ont connu un réel succès et suscité des interventions « de tribune » et des débats de qualité. Ainsi un membre de l’OPDL a mis son expérience militante, son expertise en matière d’urbanisme et ses compétences de journaliste au service de l’observatoire, prenant l’initiative d’analyser en profondeur et dans la durée un certain nombre d’opérations d’urbanisme. Ainsi un autre s’est attaché à l’analyse du fonctionnement des CICA en prenant appui sur un long passé de militant et responsable de comités de quartier et sur sa participation à l’élaboration de la loi qui les avait institués en 1982. Ainsi un autre membre de l’OPDL, partie prenante de la commission nationale du débat public, a mis sa compétence au profit de l’analyse du débat public organisé pour la création du tramway… Ainsi l’OPDL a pu bénéficier de la compétence de certains de ses membres universitaires mobilisant leurs étudiants pour réaliser une étude sur l’impact sur les services de leur ouverture à la participation des habitants. Ainsi etc. etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Beaucoup de terrains d’investigation possible n’ont toutefois pu être couverts, beaucoup de questions n’ont pu être explorées. Ainsi, par exemple, concernant l’impact de la participation démocratique sur le fonctionnement des institutions de la démocratie « représentative », un premier aspect a pu être partiellement exploré, à savoir l’impact sur certains services, démontrant l’intérêt crucial de cette question, mais rien n’a été fait concernant l’évolution des pratiques politiques des élus ; ainsi également, l’équilibre des pouvoirs entre les mairies d’arrondissement et l’Hôtel de Ville, le rôle des maisons des associations et bien d’autres questions importantes qu’on a pu identifier, n’ont fait l’objet d’aucune investigation de l’OPDL.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien non plus n’a pu être entrepris par l’OPDL pour explorer les conditions de participation des usagers des grands services publics parisiens ou pour analyser les conditions et modalités de mobilisation collective des parisiens sur les enjeux municipaux. Quant à la mise en débat, tant les séminaires de l’OPDL que sa participation à l’animation de débats des « printemps de la démocratie » montrent l’intérêt que pourrait avoir le développement de ses responsabilités dans ce domaine, mais soulignent aussi combien le peu qu’il a pu apporter aurait pu être mieux valorisé. L’entretien d’un débat public sur l’enjeu et les modalités d’une ouverture de la démocratie à la participation des citoyens demeure le moyen le plus sûr et le plus puissant pour la faire progresser. Ce devrait être une des missions essentielles d’un observatoire de la démocratie locale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;IV. &lt;strong&gt;Quelques suggestions pour un nouvel observatoire parisien de la démocratie locale&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Elles résultent directement de ce rapide bilan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1. Pour remédier aux inconvénients de l’extériorité de l’OPDL par rapport à ce qu’il doit observer, extériorité qui nuit tant à la qualité des diagnostics, des études et des évaluations qu’à l’appropriation des résultats de ses investigations par toutes les parties concernées : inclure toutes les catégories d’acteurs concernés dans la construction et le pilotage du projet et du programme de travail de l’OPDL.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2. Pour sortir du positionnement sectoriel de la problématique de la participation démocratique et affirmer au contraire sa transversalité, et donc celle de la mission assignée à l’OPDL, positionnement transversal de l’OPDL nécessaire tant à la mise en évidence de la pertinence de ses analyses pour les différentes politiques publiques sectorielles de la ville qu’à l’implication solidaire des adjoints et directions sectorielles concernés dans la mise en œuvre de sa mission : positionner l’OPDL directement auprès du Maire ou de son premier adjoint.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3. Pour remédier à la disproportion des moyens de l’OPDL par rapport à l’ampleur de sa tâche, à l’étendue de ses champs d’investigation et au nombre et à la diversité du problème à étudier : renoncer à la conduite en « régie directe » de toutes ses investigations et sous- traiter les études qu’il juge nécessaires à des organismes qualifiés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ce faire il doit évidemment conserver&lt;br /&gt;- d’une part la capacité et la légitimité politique de choisir les problèmes méritant étude et d’en circonscrire la problématique,&lt;br /&gt;- d’autre part la capacité et la légitimité scientifique de définir le cahier des charges de ces études, d’en choisir les opérateurs et d’en contrôler la réalisation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;4. Pour traduire ces principes dans la structure et le mode de fonctionnement de l’OPDL&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;a. Distinguer en son sein :          - Un niveau de responsabilité politique partagée, sorte de conseil d’orientation, où seraient représentées toutes les « parties prenantes » (stakeholders) d’une politique de participation démocratique parisienne. Devraient notamment en faire partie : une représentation pluraliste du conseil de Paris, des responsables politiques et administratifs issus des principales directions sectorielles concernées, des responsables politiques et administratifs concernés de mairies d’arrondissement de la majorité et de l’opposition, une représentation des « instances » dédiées par la loi ou par la délibération du Conseil de Paris à la participation démocratique (conseils de quartier, maisons des associations, CICA notamment,), une représentation des dynamiques associatives de participation citoyenne (associations de défense des droits, ADELS, FONDA, centres sociaux, régies de quartier, cafés citoyens…).&lt;br /&gt;Un bureau exécutif restreint en serait issu, présidé par une personnalité dont la compétence et l’impartialité devraient être reconnues par tous.&lt;br /&gt;Ce conseil d’orientation serait chargé de circonscrire les champs de problèmes à étudier et d’y identifier les questions prioritaires, de construire l’agenda des travaux correspondant (dont les études à sous-traiter) et d’en arrêter le budget, d’en vérifier et valider la réalisation et d’en organiser la diffusion et la mise en débat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;  - Un niveau de responsabilité scientifique, sorte de « conseil scientifique », composé de chercheurs spécialisés dans l’étude de la démocratie locale, issus des différentes disciplines concernées (sociologie, science politique, droit, urbanisme, géographie urbaine, histoire…).&lt;br /&gt;Ce conseil scientifique serait chargé, par délégation du conseil d’orientation, d’élaborer la problématique et les principes méthodologiques des études à sous-traiter, d’en élaborer les cahiers des charges, d’en choisir les maîtres d’œuvre et d’en suivre la réalisation.&lt;br /&gt;Un dispositif de représentation croisée et de concertation périodique entre le conseil d’orientation et le conseil scientifique veillerait à la cohérence d’ensemble de l’OPDL.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;b. Clarifier les relations entre l’OPDL et l’exécutif parisien&lt;br /&gt;Quel que soit le statut juridique de l’OPDL (association liée à la collectivité par une CPO, commission extra-municipale, « autorité » sui generis) l’essentiel est la clarté de ses relations avec la Mairie.&lt;br /&gt;Résultant de la volonté politique de la Mairie de promouvoir la participation des parisiens et d’en évaluer les conditions et les effets, l’OPDL est, par définition, partie prenante de ce projet. Il en partage les intentions et est comptable, dans le cadre de sa mission, de leur réalisation, comptable devant le Maire.&lt;br /&gt;Parallèlement, pour bien faire son travail, il doit être détaché de toute imputation partisane. L’autonomie et la rigueur scientifique de sa démarche conditionnent sa crédibilité, sa capacité d’investigation et l’utilité collective de sa production.&lt;br /&gt;Bien au-delà du nécessaire arbitrage entre ce qui relève de la saisine et de l’auto-saisine dans la construction de son agenda, ce qui est plus fondamentalement en cause ici c’est la bonne articulation entre les deux faces de sa responsabilité : &lt;br /&gt;- responsabilité vis à vis de la mairie, devoir de mettre en œuvre la mission qui lui est confiée et d’en rendre compte,&lt;br /&gt;- responsabilité vis à vis de lui-même, devoir de faire vivre et d’assumer l’autonomie de ses choix et démarches « scientifiques », tant dans la définition de ses objets d’étude et dans la conduite de ses investigations que dans la diffusion et la mise en débats de leurs résultats.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ni service municipal, ni bureau d’étude, l’OPDL est un organe « politique » responsable au double sens défini ci-dessus. Plus que dans la définition procédurale détaillée des termes du contrat qui le lie à la ville, c’est dans l’explicitation des engagements moraux réciproques des uns vis à vis des autres, de leur accord sur des principes partagés, des « règles du jeu » plus encore que sur des règles de droit, bref dans un socle de confiance mutuelle que réside la meilleure garantie d’un exercice « responsable » de sa mission. C’est aussi le moyen d’éviter les lourdeurs et lenteurs de procédures minutieuses d’autorisation et de contrôle des actes de l’OPDL, exercice procédural de sa responsabilité nuisible tant à l’efficacité de son travail qu’à la qualité, la crédibilité et l’utilité de sa production.&lt;br /&gt;Pour la mise en œuvre d’un projet d’observatoire à l’ambition ainsi réaffirmée et renouvelée des moyens plus importants sont à l’évidence nécessaires. Il appartient donc à la Mairie de les lui fournir, tant en moyens humains permanents (un « délégué général » ou « directeur » ( ?) et des moyens de secrétariat) qu’en moyens financiers (budget de fonctionnement et crédits d’études).&lt;br /&gt;Plutôt que de confier à l’OPDL lui-même la gestion de ces moyens humains et financiers il serait infiniment préférable de continuer à la confier à la « Mission démocratie locale » de la mairie, charge à elle de les mettre à disposition de l’OPDL. La qualité des relations de coopération qui se sont nouées depuis quatre ans entre la Mission et l’OPDL augure bien de leur développement dans un projet d’observatoire beaucoup plus ambitieux. En outre les complémentarités et synergies entre les responsabilités de la Mission et celles de l’observatoire auraient tout à gagner de la poursuite de cette coopération respectueuse de l’identité et de la spécificité du rôle de chacun.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/15674932-5922759334275468870?l=oumarkeita.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/15674932/posts/default/5922759334275468870'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/15674932/posts/default/5922759334275468870'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://oumarkeita.blogspot.com/2007/07/projet-elments-danalyse-de.html' title='&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;Projet&lt;/strong&gt;:Eléments d’analyse de l’organisation et du fonctionnement de l’Observatoire Parisien de la Démocratie Locale &lt;/strong&gt;'/><author><name>keita</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14106130989484743521</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-15674932.post-8864831097113668497</id><published>2007-05-29T10:40:00.000-07:00</published><updated>2007-05-30T01:56:55.320-07:00</updated><title type='text'>Etre un «clandestin»</title><content type='html'>l'histoire d'un "clandestin" se résume à la misère d'une condition, l'espoir d'une nouvelle vie, l'arrivée dans un pays fantasmé, la brutalité des lois. Chaque vie a droit à une part clandestine, hors de la transparence de l'état ou du marché, chacun ou chacune a droit à son jardin secret, mais personne ne tient à cultiver dans l'angoisse. Or chez celui et celle qui ne l'a pas choisie, la clandestinité est une angoisse permanente.&lt;br /&gt;Etre "clandestin" c'est se trouver ravalé à la seule condition d'individu qui a franchi de façon illégale des frontières, cependant que les causes de cet acte, souvent indispensable à la préservation de l'intégrité physique et psychologique de son auteur, sont placées hors champ. Etre un «clandestin», ici, c'est être sans histoire personnelle, sans passé, sans antécédent, sans autre antécédent du moins que la violation des dispositions relatives à l'entrée et au séjour des étrangers. Au terme de ce mouvement, il n'y a donc plus ni hommes ni femmes fuyant des conditions d'existence jugées insupportables par eux, mais seulement des «Africains» et des «Maghrébins», qui, par l'argent, la ruse et le recours à des passeurs, ont réussi à déjouer les mesures destinées à contrôler l'accès au territoire national. La surexposition langagière, politique et médiatique du «clandestin» est au coeur de deux phénomènes politiques distincts mais étroitement articulés : la criminalisation de ce type d'immigration, présentée comme un danger majeur ; et la légitimation de l'ensemble de la chaîne répressive, des arrestations aux expulsions en passant par l'incarcération et le placement en zone de rétention.Souvent euphémisée en «retour dans le pays d'origine», l'expulsion par voie aérienne constitue la dernière et la plus spectaculaire de ces étapes. De là le recours aux charters, qui permettent de procéder à des reconduites massives et spectaculaires d'étrangers en situation irrégulière dans leur pays d'origine. De telles pratiques, rappelle Alvaro Gil-Robles, commissaire européen aux Droits de l'homme, ont «pourtant été fortement critiquées par la Commission nationale de déontologie et de sécurité et jugées contraires au droit français par le Conseil d'Etat». Au nom de l'urgence et de la gravité  supposées de la situation provoquée par les «clandestins», on assiste donc au triomphe de la raison d'Etat sur des principes pourtant jugés essentiels au bon fonctionnement de l'Etat de droit. Enfin, contrairement à la convention des Nations unies relative aux&lt;br /&gt;droits de l'enfant et à la loi française qui /«précise que l'étranger mineur ne peut pas faire l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière» /(article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile), des enfants sont placés en centre de rétention en vue de leur expulsion.&lt;br /&gt;De quel côté est la raison ? Celui de l’Etat et du droit légitimes en&lt;br /&gt;démocratie ou celui de la résistance à des dérives politiques, parfois&lt;br /&gt;catastrophiques, dont l’histoire nous enseigne le caractère récurrent y&lt;br /&gt;compris en régimes démocratiques ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/15674932-8864831097113668497?l=oumarkeita.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/15674932/posts/default/8864831097113668497'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/15674932/posts/default/8864831097113668497'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://oumarkeita.blogspot.com/2007/05/etre-un-clandestin.html' title='Etre un «clandestin»'/><author><name>keita</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14106130989484743521</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-15674932.post-1968864142487086178</id><published>2007-05-28T03:23:00.000-07:00</published><updated>2007-05-28T03:30:54.909-07:00</updated><title type='text'>Vieillir en exil</title><content type='html'>Il s'agit d'une part de prendre en compte le phénomène de l'exil dans ses dimensions sociologiques  et psychologiques. L'individu qui a dû quitter son espace d'interconnaissance subit - que son départ soit volontaire ou non - un déracinement qui peut être vécu comme une expérience traumatique et une crise d'identité qui peut prendre des formes régressives diverses (souvent liées à des souvenirs et des expériences antérieures). &lt;strong&gt;Mme de Staël&lt;/strong&gt; écrivait que « l'exil est quelquefois, pour les caractères vifs et sensibles, un supplice beaucoup plus cruel que la mort ». Privé de ses racines habituelles, le sujet peut voir divers sens altérés. Celui de l'espace, car les distributions et articulations topologiques de la ville étrangère sont différentes. Celui du temps, car les rythmes quotidiens et professionnels ont changé. Celui des valeurs enfin, car le pays d'accueil a une autre histoire, d'autres repères idéologiques, linguistiques, politiques et religieux, et les valeurs morales tout comme les comportements interactionnels, les moeurs et même les habitudes alimentaires n'obéissent pas aux mêmes règles. Il s'agit bien sûr de difficultés liées aux relations d'interculturalité, mais ces difficultés dépassent de beaucoup, les obstacles habituels dans la mesure où le vieillissement (avec le double sens de l'irréversible : irréversibilité du temps dans le vieillir et irréversibilité d'une trajectoire individuelle qui a perdu l'espoir d'un retour au pays natal) apporte avec lui une distance, un écart de soi à soi particulièrement douloureux et qui ne peut qu'aggraver la crise identitaire que le déplacement a pu engendrer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aussi « vieillir » en exil est-il une expérience qui a des conséquences multiples, singulières et originales. La vieillesse comme l'exil sont des phénomènes de contrainte : l'une a des causes chronologiques et biologiques, l'autre de manière générale répond à des facteurs d'ordre politique ou économique. Chaque fois il y a franchissement d'une frontière, celle de l'âge, et celle établie par les États. Dans les deux cas le sujet est poussé dans un territoire nouveau et inconnu. Chaque fois il y a écart, rupture et exigences d'adaptation et d'apprentissage dans un milieu ressenti souvent de manière hostile ou aliénant. Une coupure qui peut provoquer un ressassement régressif de sa vie antérieure, un phénomène d'hypersémantisation du passé, une fétichisation du souvenir, ainsi que le montre par exemple le roman de José Donoso, Le jardin d'à côté, racontant l'exil en Espagne de Chiliens après la chute d'Allende. Le personnage principal, Julio Mendez, écrivain exilé à Madrid, se trouve à un tournant dangereux de sa vie, où, à une difficile intégration s'ajoutent la prise de conscience du vieillissement, l'impuissance devant la création littéraire et la pénible recherche d'équilibre d'un couple fatigué. Nombre de ces Chiliens, figés dans leurs souvenirs, ont peu à peu perdu le sens du réel et de l'histoire, au point même que le retour est devenu tragiquement impossible. Car l'un des paradoxes du retour de l'émigré est que celui qui rentre n'est plus le même que celui qui était parti, et qu'il rentre dans un pays qui lui-même a changé entre-temps &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aux difficultés d'ordre psychologique bien connues s'ajoutent des difficultés concernant une insertion sociale rendue plus difficile en raison de la langue, de la culture et de l'histoire. Mais ces crises peuvent être d'autant plus fortes que le sujet se trouve fragilisé par ce qui peut apparaître également comme son propre exil intérieur : le vieillissement, cet exil de soi à soi, dans un sens cette fois-ci figuré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'entrée dans la vieillesse se caractérise en effet par des reconfigurations d'ordre tant social que psychologique. Ces reconfigurations sont d'autant plus malaisées que les repères ont été déplacés, modifiés, bouleversés.&lt;br /&gt;Pour l'être en exil , il s'agit de trouver sa place - mais celle-ci est d'autant plus difficile que le sujet est âgé, l'âge ajoutant un handicap supplémentaire à la situation première.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vieillir en exil, c'est vivre une coupure tragique avec la terre natale, ses origines, ses racines, son moi antérieur et aussi avoir pour perspective la pensée d'un retour interdit, impossible. De vivre dans l'irrémédiable, ce que l'idée présente de la mort ne fait qu'accentuer. Vivre en exil, c'est vivre un deuil, être en deuil.&lt;br /&gt;Vieillir en exil, c'est vieillir deux fois. Mais en plus de cela, on constate que la précarité dans laquelle vivent certains migrants ne fait qu'accentuer un vieillissement prématuré. Ce que Philippe Pitaud dans une approche de gérontologie sociale souligne en évoquant les nombreuses difficultés concrètes du migrant âgé qui souvent vit en dehors de tout réseau familial, dans la précarité. Le centre social de Belsunce à Marseille établit des bilans médicosociaux et un suivi psychologique dont bénéficient certains migrants dans la perspective d'une survie dans une société dans laquelle ils n'ont guère accès aux droits.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La littérature a dépeint les douleurs de l'exilé. Victor Hugo s'écriait : « Je t'aime, exil ! douleur, je t'aime ! » et l'exilé Du Bellay recrée un monde familier dans une poésie de l'exil qui est aussi une poésie de la révolte. « La Muse ainsi m'a fait sur ce rivage / Où je languis banni de ma maison, / Passer l'ennuy de la triste saison / Seule compagne à mon si long voyage ». On retrouvera Du Bellay avec l'essai de Maria Litsardaki, mais également les expressions de ce mal du pays qu'est la nostalgie, chez Salman Rushdie, Abla Farhoud, Shenez Patel, Mimika Kranaki, Else Lasker-Schüler, Barbey d'Aurevilly, Javier Cercas, Modiano et quelques autres, conscients de l'irréversible et mortel arrachement de soi aux autres et de soi à soi-même. Mais sans doute l'accent est-il mis ici sur un aspect négatif de la migration. Car il est aussi, il convient de le rappeler fortement, des exils salutaires, qui sauvent la vie des gens. Il est aussi des adaptations à de nouveaux mondes réussies et des reconstructions de soi heureuses et épanouies. Enfin vieillir peut être aussi vécu comme une expérience spirituelle enrichissante. Cette distance qu'instaure le vieillir avec soi et qu'instaure le déplacement dans un autre pays peut être un moment de maturation et de retournement, une crise qui peut être un recommencement ou une réélaboration de l'existence et de ses sens. Il est vrai cependant que cela reste assez exceptionnel.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/15674932-1968864142487086178?l=oumarkeita.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/15674932/posts/default/1968864142487086178'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/15674932/posts/default/1968864142487086178'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://oumarkeita.blogspot.com/2007/05/vieillir-en-exil.html' title='&lt;strong&gt;Vieillir en exil&lt;/strong&gt;'/><author><name>keita</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14106130989484743521</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-15674932.post-6754369342002322678</id><published>2007-05-28T03:20:00.000-07:00</published><updated>2007-05-28T03:22:05.078-07:00</updated><title type='text'>LA CHUTE DES ANGES: À PROPOS DES VERSETS SATANIQUES</title><content type='html'>En 1990, Salman Rushdie entreprend de clarifier le point de vue qu'il adopte dans Les Versets sataniqueS  : il s'agit de définir&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;la vision du monde d'un émigré. Le roman est écrit à partir de l'expérience même du déracinement, de la rupture et de la métamorphose (lente ou rapide, douloureuse ou agréable) qui est la condition de l'émigré, et, dont [...] on peut tirer une métaphore valable pour toute l'humanité &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À partir de cette expérience, dans ce roman relativement peu étudié en France , sera examinée la double problématique de l'exil et du vieillissement, emblématisée par un motif récurrent : la chute abyssale de plus de huit mille mètres, « angélico diabolique » (« angelicdevilish fall ») , de deux AngloIndiens rescapés de l'explosion d'un boeing, qui ouvre le roman, vers les rivages de l'Angleterre ; elle renvoie aux traditions judéo-chrétienne et islamique de la chute des anges, qu'il s'agisse de l'ange autrefois porteur de lumière, appelé aussi Chaytan (l'adversaire), ou des nephilim, ces anges attirés sur terre par la.beauté des filles des hommes. En quête d'eux-mêmes, les deux protagonistes, jumeaux et doubles inversés, entament une vertigineuse descente dans l'allégresse inspirée par les nuages changeants. À cette légèreté et cette apesanteur succède et s'oppose un atterrissage lourd de causes et de conséquences. Dans une société qui les rejette ces émigrés connaissent un exil atroce, mais ils en sont, au moins en partie, responsables. Avec un regard lucide et sans complaisance Salman Rushdie examine en 1988 le thème de l'exil qui inclut sa propre condition et son identité inclassable : « écrivain indopakistanais-résident-britannique ? On voit à quelle folie on arrive quand on cherche à enfermer les écrivains dans des passeports »5. De fait, la folie se généralise dans ce roman foisonnant où l'illusion est maîtresse, dans les procédés d'écriture tout comme dans les mises en scène de l'exil.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/15674932-6754369342002322678?l=oumarkeita.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/15674932/posts/default/6754369342002322678'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/15674932/posts/default/6754369342002322678'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://oumarkeita.blogspot.com/2007/05/la-chute-des-anges-propos-des-versets.html' title='&lt;strong&gt;LA CHUTE DES ANGES: À PROPOS DES VERSETS SATANIQUES&lt;/strong&gt;'/><author><name>keita</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14106130989484743521</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-15674932.post-2864953495121519761</id><published>2007-05-28T03:16:00.000-07:00</published><updated>2007-05-28T03:18:42.263-07:00</updated><title type='text'>VOIR JÉRUSALEM ET MOURIR</title><content type='html'>Il est des exils que l'on choisit et d'autres que la vie vous impose. Else Lasker-Schüler (1869-1945) en qui Gottfried Benn voyait la plus grande poétesse de langue allemande a connu les deux. Après avoir déserté le monde confortable de la bourgeoisie pour émigrer dans la bohème berlinoise et y vivre déguisée en Orientale, Else Lasker-Schüler, que ses origines mettaient en péril, décida en 1933 de quitter l'Allemagne pour la Suisse. C'est au cours de cet exil de six ans qu'à l'invitation d'un couple de mécènes elle se rendit pour la première fois en 1934 dans cette Terre promise où la conduisait depuis toujours son imagination poétique. À l'occasion d'un troisième périple en 1939, en raison de la situation politique internationale, Else Lasker-Schüler se vit refuser par la Suisse son visa de retour. Ce qui devait n'être qu'un voyage devint un autre exil. À soixante-dix ans, celle qui se considérait comme la lyre du peuple juif fut donc contrainte de s'établir en Palestine, de recommencer une nouvelle vie dans ce pays qui lui avait inspiré tant de livres depuis les Ballades hébraïques' (1913) jusqu'au Pays des Hébreuxz (1937).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au-delà des expériences communes à tous les exilés, l'histoire d'Else LaskerSchüler présente un intérêt spécifique lié à l'itinéraire particulier de l'écrivain, à sa personnalité hors du commun ainsi qu'à son judaïsme.&lt;br /&gt;Dans la biographie d'Else Lasker-Schüler, la Palestine apparaît comme le dernier rêve brisé d'une femme déjà malmenée par la vie. L'exil fut comme un coup de grâce, une invitation à fuir hors de ce monde que reflète la tonalité nettement religieuse des derniers poèmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il semble toutefois que l'écrivain ait largement forcé le trait et dépeint un exil plus noir qu'il ne fut en réalité. On peut ainsi se demander si la vieillesse combinée à l'exil n'avait pas exacerbé - et n'exacerbe pas en général - des tendances pathologiques latentes.&lt;br /&gt;Une autre question tient enfin au judaïsme d'Else Lasker-Schüler. Au sens strict, un juif ne saurait être en « exil » en terre d'Israël puisqu'il s'agit d'un retour dans la « terre des ancêtres ». Pourtant Else Lasker-Schüler se sentit étrangère parmi les siens. C'est donc, à l'intérieur du judaïsme, à toute une réflexion sur les notions de patrie et de racines qu'invite l'histoire de l'exil tardif et de la vieillesse douloureuse d'Else Lasker-Schüler à Jérusalem.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Benoît PIVERT&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/15674932-2864953495121519761?l=oumarkeita.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/15674932/posts/default/2864953495121519761'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/15674932/posts/default/2864953495121519761'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://oumarkeita.blogspot.com/2007/05/voir-jrusalem-et-mourir.html' title='&lt;strong&gt;VOIR JÉRUSALEM ET MOURIR&lt;/strong&gt;'/><author><name>keita</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14106130989484743521</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-15674932.post-117196998158105088</id><published>2007-02-20T03:09:00.000-08:00</published><updated>2007-02-20T03:13:01.940-08:00</updated><title type='text'>La démocratie participative, remède de la démocratie représentative?</title><content type='html'>&lt;strong&gt;La démocratie participative, est-elle un remède de la démocratie représentative?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;La critique de la démocratie de représentation ou de délégation est ancienne, comme le montre l'histoire de la démocratie étudiée par Pierre Rosanvallon. Aux arguments de juristes (la représentation est une fiction puisque ni les électeurs ni les circonscriptions ne disposent d'un pouvoir à transmettre), se sont ajoutés ceux de politiques : faible représentativité des élus au regard de la diversité du peuple; confiscation de la démocratie par la bourgeoisie pour masquer sa domination... Ils convergent vers l'idée largement partagée d'une « crise de la démocratie représentative » et la recherche de remèdes à celle-ci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le renouvellement des critiques&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette critique s'amplifie et prend un nouveau sens dans les années qui suivent l'adoption de la Constitution de la Ve République, puis avec le mouvement de i968. Le numéro de la revue Pouvoirs, paru en 1978, consacré au régime représentatif est intéressant parce qu'il assure la synthèse et la diffusion d'idées développées dans des études universitaires publiées ou en cours sur le sujet (comme la thèse de Dominique Turpin, De la démocratie rePrésentative). L'énoncé des critiques de la représentation débouche sur la question : 1a représentation est-elle une technique dépassée ? Bien que la revue propose une réponse nuancée (appel à l'instauration d'un nouveau système représentatif), l'examen des arguments témoigne de l'ampleur donnée au problème. Les griefs anciens sont repris pour en montrer l'aggravation : ainsi il existe une difficulté croissante à « représenter à la fois "la nation", plus petit dénominateur commun entre des millions d'individus originaux, et sociologiquement chacun d'eux dans soli unicité ». Surtout de nouvelles critiques apparaissent, qui prennent en compte les transformations de la société et des techniques. Elles soulignent le décalage grandissant entre les formes actuelles de démocratie et le contexte : 1a représentation par les élus est concurrencée par le développement des mass-media modernes et des sondages; les « farces vives » qui pourraient assumer une part des responsabilités ne sont pas représentées; la complexité croissante des affaires économiques tend aussi à priver les élus d'une part de leur pouvoir au profit des experts, « techniciens administratifs et techniciens syndicaux ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;« Contre la politique Professionnelle »&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Parmi ces critiques, la dénonciation de la professionnalisation de la vie politique trouve un nouveau souffle, comme le montre le livre de Jacques Julliard, Contre la politique professionnelle paru en 1977. La personnalité de l'auteur témoigne de la diffusion du thème. Ancien rénovateur de l'UNEF et du SGEN qu'il a contribué à écarter de l'influence du PCF, aux premiers rangs de la CFDT pour engager les militants dans le mouvement en 1968, collaborateur d'Esprit et du Nouvel Observateur, il est « un passeur que seuls arrêtent les dogmatismes  ». Partisan de la « stratégie autonome » à l'égard des partis, il a cependant appelé et activement participé aux Assises du socialisme. Contre la politique professionnelle est aussi le témoin d'une conjoncture : 1977 est l'année où le Parti socialiste prend l'ascendant sur le Parti communiste au sein d'une Union de la gauche déchirée, où le débat sur les modèles organisationnels s'aiguise, où l'enjeu d'une « nouvelle culture politique » prend forme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le livre de Jacques Julliard reprend les critiques de la « langue de bois » des hommes politiques, du décalage entre langage et réalité, de l'imperméabilité des cercles dirigeants des partis aux débats de la base, de la prétention des partis à se comporter « comme des ordres spirituels  », et met en cause la professionnalisation de la vie politique. II l'analyse comme « une des formes de division sociale du travail qui ont marqué le développement de la société industrielle [...] et celui de l'État moderne  ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Décapant dans son titre, l'ouvrage est cependant modéré dans ses conclusions. Tout en évoquant la proposition faite par Moïsei Ostrogorski au début du siècle de substituer aux partis des organisations temporaires, à but déterminé, il appelle à modifier les structures de ceux-ci pour en faire des « partis au service du mouvement » (selon le modèle du Parti radical italien ). Concrètement, il s'agit de faire du PS « un carrefour des forces vives de la gauche française » (id.). II incite aussi à donner plus de place à d'autres organisations (syndicats, groupements et sociétés de pensée, etc., dans la mise en oeuvre de la démocratie.&lt;br /&gt;La construction de l'idée de « démocratie participative »&lt;br /&gt;L'idée de démocratie participative se développe à partir du milieu des années 1950 et culmine dans la deuxième moitié des années 1970 avec une orchestration associative reprise en mineur par le Parti socialiste. La participation est parée des qualités nécessaires pour remédier aux tares de la représentation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La démocratie participative, complément et correctif de la démocratie représentative&lt;br /&gt;La distinction entre démocratie représentative et démocratie participative est explicitée par Pierre Mendès France dans La République moderne (1962) : il s'agit de « dépasser l'étape de la démocratie traditionnelle de représentation pour réaliser la démocratie de participation ». Celle-ci a, selon lui, une première qualité: elle apporte une continuité dans le temps et ainsi soutient l'intérêt des électeurs. « La démocratie ne consiste pas à mettre épisodiquement un bulletin dans une case, à déléguer les pouvoirs à un ou plusieurs élus, puis à se désintéresser, s'abstenir, se taire pendant cinq ans. Elle est action continuelle du citoyen » Elle a aussi l'avantage de favoriser le contrôle sur les élus, et de vivifier ainsi la vie politique : « Si cette présence vigilante ne se fait pas sentir, les gouvernements [...], les fonctionnaires, les élus [...] cèdent bientôt soit aux tentations de l'arbitraire, soit aux routines et aux droits acquis  »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le thème de la participation s'inscrit ainsi dans un courant ancien pour lequel la mobilisation active, la conscience du citoyen sont des conditions du bon fonctionnement de la démocratie. L'opposition au gaullisme, à la guerre d'Algérie donne une nouvelle audience à ces idées, qui s'étendent bien au-delà de l'influence propre du Parti radical. La démocratie participative est donc d'abord pensée comme une école de citoyenneté : elle combat l'indifférence, éveille aux enjeux politiques et forme aux responsabilités. Elle ne se substitue pas à la démocratie représentative, mais en restitue les fondements, la complète. Le Parti socialiste est particulièrement à l'aise dans la rhétorique de la complémentarité lorsqu'il s'adresse aux associations du cadre de vie : « Toutes les propositions socialistes dans ce domaine visent à développer un droit à la participation des usagers [...] Un tel choix [l'autogestion] suppose une démocratie participative qui complète une démocratie élective  »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;La démocratie participative, outil de contestation du système politique&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;La critique des défauts de la démocratie représentative débouche dans les années 1970 sur une double contestation, exprimée par des courants de pensée inspirés par le marxisme. À la contestation du système politique et social, s'ajoute celle du principe même de représentation : puisque la démocratie représentative ne peut rendre compte des contradictions sociales, des revendications exprimées dans des luttes, elle doit laisser la place à un autre mode d'organisation politique. L'exemple-type qui est donné à l'époque est celui des luttes qui se mènent contre la destruction de quartiers anciens ou leur réaménagement. Appelées « luttes urbaines » par le Centre de sociologie urbaine dirigé alors par Manuel Castells, elles sont considérées comme « rebelles à la représentation  ». Plus largement, l'accent est mis sur le fait que certaines grèves, certains mouvements subvertissent les systèmes politiques locaux, en opposant aux décisions étatiques et municipales des mobilisations populaires, ou de manière plus novatrice, des contre-propositions. Dans cette perspective, la démocratie participative doit remplacer la démocratie représentative.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La lutte des habitants du quartier de l'Alma Gare à Roubaix, organisée par l'Association populaire des familles, a souvent été considérée comme l'expérience emblématique de la démocratie participative. L'étude que j'ai menée  montre cependant une réalité plus complexe. Commençant par la contestation contre la démolition du quartier, l'association invente des formes de participation pour faire valoir et rendre réalisable un projet de réhabilitation prenant en compte les exigences des habitants. Le long processus qui conduit à la définition du nouveau quartier montre l'imbrication originale de formes de démocratie participative et représentative. La participation existe à deux niveaux : celui des habitants, dont les demandes sont en partie traduites en projets architecturaux et d'aménagement urbain par une équipe d'architectes et de sociologues ; celui des animateurs de la lutte qui participent aux réunions d'un « Groupe de travail » chargé de formaliser un accord entre les parties concernées. Le Conseil municipal, instance de représentation, en validant l'accord, le&lt;br /&gt;time et confirme la prééminence du politique. Mais le système ne fonctionne que parce qu'il comporte tout un ensemble de médiations : techniciens de l'urbanisme faisant l'interface entre leur organisme, le Parti socialiste et les habitants, élus municipaux, responsables associatifs. Enfin, si la participation est accompagnée d'une pression populaire organisée par l'association, le processus maintient un arbitrage du politique entre des choix. Cette disposition rend bien compte de l'articulation qui s'opère entre le rôle de l'association - élaborer des propositions - et celui de l'instance élue - choisir parmi les possibles -; entre participation et représentation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cet exemple, par son caractère exceptionnel, montre aussi les limites de la réflexion sur les formes concrètes et les apports de la démocratie participative. La participation ne dépasse guère l'horizon du quartier, et se heurte en général aux faibles moyens tant financiers que d'expertise des associations. Au mieux capable de fournir les termes d'un choix, elle reste sans influence sur le système politique local.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/15674932-117196998158105088?l=oumarkeita.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/15674932/posts/default/117196998158105088'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/15674932/posts/default/117196998158105088'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://oumarkeita.blogspot.com/2007/02/la-dmocratie-participative-remde-de-la.html' title='La démocratie participative, remède de la démocratie représentative?'/><author><name>keita</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14106130989484743521</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-15674932.post-115926869167746161</id><published>2006-09-26T04:04:00.000-07:00</published><updated>2006-09-26T04:04:53.250-07:00</updated><title type='text'>Pour une histoire des populations noires en France</title><content type='html'>&lt;strong&gt;Pour une histoire des populations noires en France&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Depuis une vingtaine d'années, un assez grand nombre d'historiens ont enquêté et publié à propos des relations entre la France, l'Afrique et les Antilles, depuis l'époque classique et l'établissement des économies esclavagistes jusqu'à la période contemporaine post-coloniale marquée par des phénomènes migratoires importants. L'esclavage, la colonisation et les migrations sont aujourd'hui des champs d'études reconnus (bien que dominés) qui ne marginalisent plus radicalement ceux qui s'en réclament.&lt;br /&gt;Pourtant, les travaux sur les populations noires de France (en particulier celles installées dans l'hexagone) sont rares : du point de vue de l'histoire et des sciences sociales, les Noirs vivant en France sont pratiquement invisibles. Il est sans doute intéressant et utile de s'interroger sur les raisons de cet angle mort de la recherche, à quelques notables exceptions près, dont on suspecte qu'il a eu, au-delà du monde universitaire, des conséquences socio-politiques. Mais avant de réfléchir avec vous sur les raisons de cette absence, je voudrais ouvrir brièvement trois dossiers historiques qui me semblent peser assez lourd dans cet héritage invisible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le dossier de l'esclavage&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;L'histoire de l'esclavage est un champ actif de la recherche universitaire dans de nombreux pays, mais en France, elle demeure à l'écart des grands cursus universitaires, et même, très largement, des manuels scolaires. Il est certes, des voix historiennes de grande qualité, mais elles sont isolées. &lt;br /&gt;L'esclavage est un des grands phénomènes mondiaux à l'origine du monde moderne. Par exemple, il n'est pas possible de comprendre la croissance économique française des 18e et 19e siècles si on fait l'impasse sur la traite et l'esclavage. Les historiens réinsèrent la traite et le grand commerce colonial dans les histoires nationales européennes (non seulement du point de vue classique de la croissance économique, mais aussi des structures sociales et des représentations culturelles fondatrices de la modernité européenne), mais les travaux universitaires ne sont pas pris en compte par l'enseignement secondaire.&lt;br /&gt;Pourtant, la France fut un grand pays organisateur de trafics négriers, avec la Grande-Bretagne et la Hollande. La plupart des ports français ont armé des navires négriers, et certains doivent même à la traite une part importante de leur prospérité, comme Nantes (42% de la traite française), Bordeaux, La Rochelle et le Havre, dont les navires ont transporté un million et demi d'Africains. Les Antilles françaises ont reçu plus d'un millions d'Africains, les Guyanes 400 000 (pour un nombre total d'esclaves transportés vers les Amériques un peu supérieur à onze millions de personnes). &lt;br /&gt;Ce sont des dizaines de milliers de noms qu'il faudrait recenser pour cerner l'importance de la population française concernée par la traite : armateurs, négociants, financiers, constructeurs, raffineurs, fabricants, détaillants... Au total, des centaines de milliers de Français ont participé de façon directe et indirecte à la traite.&lt;br /&gt;En 1985, la municipalité nantaise continuait de regarder son passé négrier de travers en refusant de soutenir le Colloque international sur la traite des Noirs organisé par Serge Daget à l'occasion du tricentenaire du Code Noir. En 1992, la municipalité suivante prenait le pari d'afficher ce même passé dans une exposition intitulée "les Anneaux de la Mémoire". Il est en projet un mémorial de l'esclavage, mais il est clair qu'il n'existe pas en France de musée national de la traite et de l'esclavage (pas plus qu'aux Etats-Unis d'ailleurs).&lt;br /&gt;Mais il ne s'agit pas de minorer, ou même d'oublier les traites transahariennes et en direction de l'Europe. L'esclavage a d'abord été un système de traite transatlantique et de plantations sur les continents américains, mais il a aussi concerné directement la France. Jusqu'à la fin du 15e siècle par la "filière saharienne", puis par la filière atlantique à partir du 16e siècle, des esclaves africains furent importés en Europe. Mais leur nombre demeura faible.&lt;br /&gt;A partir du 18e siècle, des milliers de Noirs, libres et esclaves, s'installèrent (ou furent installés) en France. Seulement, ils ne venaient pas directement d'Afrique mais avaient transité par les colonies. Noirs de pure souche africaine, mulâtres ou créoles, il s'agissait le plus souvent de jeunes garçons quel les capitaines, les armateurs ou les colons ramenaient en France pour les avoir à leur service ou leur faire acquérir une technique qui en fasse de meilleurs domestiques, cuisiniers ou perruquiers. Devant la fréquence de ces arrivées, l'Etat craignit que les esclaves ne soient affranchis en trop grand nombre ou ne contractent en France des habitudes et un esprit d'indépendance qu'ils ne manqueraient pas de répandre à leur retour aux îles. En 1738, l'Etat prit des mesures drastiques : 1/ Les esclaves ne pouvaient plus prétendre à la liberté du fait de leur présence dans le royaume - ce que permettait un Edit de 1315 qui stipulait que tout esclave touchant le sol français devenait automatiquement libre ; 2/ Le séjour des esclaves était limité à trois ans - le temps qu'ils apprennent un métier. Passé ce délai, les maîtres perdaient la caution de mille livres désormais versée pour chaque esclave débarqué en France. Ces mesures ne furent pas appliquées avec la rigueur voulue et le nombre des Noirs ne diminua pas.&lt;br /&gt;En 1777, l'Etat frappa un grand coup en refusant totalement l'accès de son territoire aux hommes et aux femmes de couleur, mais les injonctions de cette Déclaration du roi pour la Police des Noirs ne furent pas plus suivies que les précédentes. En 1778, l'Etat interdisait les mariages mixtes.&lt;br /&gt;La Révolution mit fin à ce processus deségrégation commencé sous Louis XIV. En1791, elle accorda la liberté et la citoyenneté à tout homme demeurant en France quelque soit la couleur de sa peau, et en 1794 elle rendit la liberté à tous les esclaves, mais ce n'était que provisoire, puisque Napoléon a rétabli l'esclavage en 1802, et qu'il est demeuré légal jusqu'en 1848. La présence de populations noires en France hexagonale dans la première moitié du 19e siècle n'a pas encore été étudiée par les historiens.&lt;br /&gt;On lira Olivier Pétré-Grenouilleau, Les traites négrières. Essai d'histoire globale, Paris, Gallimard, 2004 ; "La vérité sur l'esclavage", L'Histoire, octobre 2003.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le dossier de la colonisation&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Contrairement à l'esclavage, l'histoire de la colonisation fait l'objet d'un renouveau très net depuis quelques années, de la part d'historiens britanniques, américains, et maintenant français. Gilles Manceron parlera tout à l'heure de la colonisation, mais je voudrais souligner quelques points : &lt;br /&gt;- malgré l'intérêt des études récentes sur le moment colonial et la colonisation, on ne peut pas parler de champ d'études reconnu appuyé sur des institutions solides.&lt;br /&gt;- l'enjeu de l'histoire de la colonisation ne consiste pas seulement à examiner sous des angles nouveaux le fait colonial, mais aussi à réintégrer le fait colonial dans l'histoire de ce pays, qui le rejette le plus souvent dans ses marges. Car il n'a pas existé d'un côté une "France coloniale" (celle des milieux économiques, politiques, religieux, qui ont participé directement à la colonisation) et, d'un autre côté, une "France nationale" qui n'aurait rien à voir avec la première. Au contraire, la colonisation a été au cœur de l'histoire nationale. Il s'agit plutôt de nouer les fils d'une histoire commune de la France et de son Empire, des effets de celui-ci sur celle-là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- l'histoire, très en vogue, des stéréotypes et des imaginaires coloniaux est certes intéressante, mais elle exclut les colonisés, réduits à des représentations racistes. La réappropriation du passé colonial ne passe pas seulement par des études sur les imaginaires coloniaux, mais par des explorations socio-historiques du "monde colonial" sans oubli commode de la parole des colonisés.&lt;br /&gt;- enfin, l'enjeu de mémoire est important : faut-il rappeler qu'il n'existe pas de musée de la colonisation, et que les manuels scolaires ne retiennent que les rencontres initiales et les décolonisations, en faisant silence sur l'exercice même de la domination coloniale?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On lira : Pascal Blanchard, Eric Deroo, Gilles Manceron, Paris noir, Paris, Hazan, 2001 ; Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire, Culture coloniale : la France conquise par son empire, 1871-1931, Paris, Autrement, 2003, et Culture impériale : les colonies au coeur de la République, 1931-1961, Paris, Autrement, 2004 ; Isabelle Merle, L'Etat colonial, Politix, 2004.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le dossier des migrations&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;L'histoire de l'immigration africaine est un territoire historien très marginalement exploré. On peut la résumer grossièrement à quatre mouvements :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;une filière scolaire et universitaire &lt;/em&gt;ancienne de formation d'élites africaines dans le cadre colonial (qui alimente les mouvements indépendantistes à partir de la fin du Première Guerre mondiale), qui se poursuit après l'indépendance ;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;une filière militaire&lt;/em&gt; qui s’est mise en place dès la première guerre mondiale (1914-1918) avec la mobilisation des colonies par la France (bataillons de tirailleurs sénégalais et d’Africains noirs participant aux combats en 14-18, 1940-1945 et dans les guerres coloniales qui ont suivi). Si la plupart des survivants sont rentrés à la fin de la guerre, certains sont restés et se sont installés en France ;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;une filière de travail&lt;/em&gt; : après la Première Guerre mondiale, militaires démobilisés, travailleurs manuels originaires du continent sont recensés dans les villes portuaires (Marseille, Bordeaux, Le Havre) mais aussi à Paris. Les ressortissants de la vallée du fleuve Sénégal (Soninké et Toucouleur du Mali, du Sénégal et de la Mauritanie) sont déjà significativement représentés dans cet ensemble. Mais le flux de travailleurs s'accrut à partir du début des années 1960, lorsqu'une migration est organisée pour l'industrie française (dont les gains de production se font par accroissement de main d'œuvre plutôt que par la productivité des machines). A cela il faut ajouter l'arrivée en grand nombre d'Antillais à partir du début des années 1960, par une filière de travail organisée, et à qui des emplois sont réservés (dans le secteur public ou para-public plutôt que dans l'industrie, ce qui leur assure une position socioéconomique plus stable que celle des Africains)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;une filière familiale&lt;/em&gt; à partir de la fin des années 1970 : l’arrivée des femmes africaines entraîne un processus de féminisation, mais aussi de rajeunissement et de familialisation de l’immigration africaine qui donnera naissance à une seconde génération d’Africains noirs, citoyens français de droit (par le droit du sol) ou présumés tels depuis les lois Pasqua-Debré (remise en cause du droit du sol et option à l’âge de 18 ans).&lt;br /&gt;En fait, les années 70 annoncent la poursuite et le développement de toutes ces filières migratoires avec une modification du projet initial : ainsi, les migrations d’étudiants deviennent, avec la crise des pays africains, des migrations de travail et les migrations de travail, à 1’origine tournantes et provisoires, tendent à être définitives. En somme, il y a une convergence de ces divers flux et projets migratoires vers un enracinement et une sédentarisation en France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour chacune de ces filières migratoires, les travaux historiens sont peu nombreux ! Il est significatif que l'histoire de l'immigration, qui s'est beaucoup développée depuis les années 1980, ait prêté si peu d'attention aux Africains noirs, par contraste avec l'immigration européenne, qui a fait l'objet de travaux remarquables, et même à l'immigration maghrébine, sur laquelle des jeunes historiens se penchent depuis peu.&lt;br /&gt;Pourquoi cela ? Que l'immigration africaine soit active aujourd'hui, par contraste avec l'immigration européenne assez largement tarie, devrait au contraire susciter des intérêts universitaires… il n'en est rien! Il n'y a que très peu de travaux sur les Africains et Antillais de France (on citera Christian Poiret, Familles africaines en France, Paris, L'Harmattan, 1996, Catherine Quiminal, Gens d'ici, gens d'ailleurs : migrations Soninké et transformations villageoises, Paris, Bourgois, 1991, "Africains, citoyens d'ici et de là-bas", Hommes et migrations, 1987 ; Philippe Dewitte, Les mouvements nègres en France, 1919-1939, Paris, L'Harmattan, 1985, et "un siècle de présence africaine en France", Historiens et géographes, 2003).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi l'invisibilité des Noirs dans l'histoire française et les sciences sociales?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1- La fiction d'une France éternelle, dans laquelle les étrangers viendraient s'assimiler, a marginalisé l'histoire de l'immigration par contraste avec des pays comme les Etats-Unis où l'immigration a une place centrale dans les représentations nationales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2- l'histoire et les sciences sociales françaises ont d'abord été marquées par la prévalence des critères de classe dans l'analyse des rapports sociaux, qui les ont conduit à minorer, voire ignorer d'autres facteurs comme les facteurs de genre et ethno-raciaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3- La hiérarchie des sujets d'histoire et de sciences sociales a reproduit la hiérarchie sociale (elle même dérivée des anciennes classifications raciales plaçant les Noirs tout en bas de la hiérarchie).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;4- L'objet "noir" est problématique, contrairement à l'objet "italien" ou "polonais", circonscrit par des appartenances nationales revendiquées. La constitution de l'objet est problématique puisqu'elle repose sur des critères éminemment contestables de la couleur de peau ou de l'appartenance ethnique, critère que, précisément, les sciences sociales déconstruisent. Autrement dit, la question de l'existence d'une "communauté noire" ne va pas de soi, puisqu'elle regroupe des groupes de personnes très hétérogènes les uns aux autres (avec des temporalités historiques très différentes).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;5- La visibilité politique des Noirs est faible, par contraste avec les Nord-Africains dont la mobilisation politique, à partir de la fameuse "marche des beurs" en 1983, leur a permis d'émerger, difficilement, en tant qu'acteurs civiques, et que sujets pour les chercheurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut donc estimer qu'une meilleure visibilité historique et sociologique des populations noires de France passe par leur meilleure visibilité socio-politique, et donc par l'invention de formes de mobilisation appropriées. La "France pour tous" passe aussi par des travaux d'histoire et de sciences sociales qui portent sur les Noirs de France, et par l'insertion de ces travaux dans les programmes scolaires, et, plus largement, dans la mémoire collective.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/15674932-115926869167746161?l=oumarkeita.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/15674932/posts/default/115926869167746161'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/15674932/posts/default/115926869167746161'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://oumarkeita.blogspot.com/2006/09/pour-une-histoire-des-populations_26.html' title='Pour une histoire des populations noires en France'/><author><name>keita</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14106130989484743521</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-15674932.post-112564898802896262</id><published>2005-09-02T01:13:00.000-07:00</published><updated>2005-09-02T01:16:28.036-07:00</updated><title type='text'>Citoyenneté et démocratie!</title><content type='html'>&lt;strong&gt;La citoyenneté de résidence à l'épreuve&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Comment ouvrir le champ politique à celles et ceux que ses règles excluent dans leur état actuel? Comment des populations démunies de citoyenneté pourraient-elles avoir accès à la représentation politique, à la délibération? Tel est le paradoxe devant lequel se trouvent, aujourd'hui encore en France, les étrangers ressortissants de pays extérieurs à l'Union européenne et les français qui avec eux militent pour le droit de vote de tous les étrangers. Cette revendication pose un problème particulier dans un pays comme la France pour deux raisons liées à la représentation nationaliste qu'elle se donne d'elle-même, à savoir sa centralisation et le lien qu'elle a institué entre nationalité et citoyenneté. La notion de citoyenneté de résidence, sur laquelle se fondent la plupart des mouvement militant pour le droit de vote de tous les étrangers, ouvre une voie possible de ré-définition de la citoyenneté politique, dans un contexte où la construction de l'Europe s'est accélérée, et à partir d'arguments renvoyant l'histoire française de la période révolutionnaire. Donner son plein sens à la citoyenneté de résidence, c'est non seulement inclure des exclus du jeu politique, mais c'est modifier la légitimité de la citoyenneté politique pour lui proposer un autre fondement commun.&lt;br /&gt;Cette citoyenneté dont il est question n'est donc pas un statut juridique. C'est n'est pas non plus vraiment une identité. Il s'agirait plutôt d'une pratique: la participation politique!&lt;br /&gt;Pour ainsi réfléchir à la question de citoyenneté, je partirai d'une définition inspirée de sources très différentes.&lt;br /&gt;Etre citoyen, c'est:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1) Se sentir membre d'une communauté dont on partage les valeurs, accepter le pacte social, plus ou moins explicite, qui lie entre eux les membres de cette communauté par des obligations et des droits (Le Pors, 1999: 7).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2) Disposer de la possibilité effective d'exercer sa citoyenneté, c'est à dire jouir des libertés individuelles et collectives et être dans une situation matérielle, économique et sociale propice à l'exercice de la citoyenneté (T.H. Marshall, in Kymlicka, 1992: 2).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3) Lorsqu'on dispose de cette possibilité, l'exercer vraiment, c'est à dire participer d'une manière ou d'une autre à la vie de la communauté, sur les plans: local, régional ou/ et national (non seulement payer ses impôts et voter, mais aussi être actif dans une association, un syndicat, un parti, sur le lieu de travail, etc.: c'est la citoyenneté participative&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’état moderne est à la fois garantie de liberté et de sûreté, dans la mesure où il est le lieu de référence et parfois d’exercice de la citoyenneté et, parce qu’il est la continuation, la persistance d’un certain type de relation politique, il est et tend constamment à redevenir le relais de domination, d’oppression et de mise en condition idéologique (diffusion et rediffusion d’idéologie liées à la catégorie ou la classe dominante).&lt;br /&gt;Dans ces conditions, parler, par exemple, de « transition démocratique » en cherchant quel rapport cela peut avoir avec une mutation sociale de longue durée n’est en réalité possible que si l’on remet entièrement en chantier la réflexion sur le caractère binaire de l’état moderne. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Inventée en Europe il y a plus de deux siècles la notion moderne de « citoyen » n’est saisissable qu’en mettant en évidence une « co-action » de l’état « historique » ou, disons, wébéro-marxien, et de l’état de droit, plus directement lié à l’éthique et à la pratique de la liberté. Avec la grande régression des pratiques démocratiques représentatives pluralistes représentée d’une part par l’instauration d’états issus de la « dictature du prolétariat » et d’autre part, par l’étatisme militariste et nationaliste (ce que Polanyi, dès 1945, décrivait comme la Grande Transformation intéressant une quinzaine de pays fascistes), qui devait bientôt être suivi, dans les grandes nations démocratiques par le « présidentialisme » et le bi-partisme », il était impossible de refuser un réexamen de la relation-coupure état/société civile proposée par Hegel ou plus exactement prétendument attribuée à Hegel, alors qu’il est patent que, parce qu’il est d’abord fondateur de la démarche anthropologique, ce dernier a montré que le politique, comme pratique, prend effectivement naissance dans le tissu social lui-même. Des séances ont été consacrées non seulement à Hegel. Principes de la philosophie du droit (et surtout à l’introduction de Jean Hypolite qui situe très bien la question de l’anthropologie) mais également, en partant de Eugène Fleischmann, la Philosophie politique de Hegel, à des notions très importantes avancées par Jügen Habermas dans son essai « Morale et communication ». Ainsi se dégagerait l’aspect essentiel de la citoyenneté qui ne serait pas une conformité mais le rôle actif et vigilant du citoyen. L’étatisme, surtout au XXe siècle, a porté tort à cette notion. Au cours des précédentes années, et contrairement à la demande « économisciste » qui tend à prédominer, on avait tenté de repérer, dans les littératures et les tentatives d’explication pour rendre compte des relations entre mutations sociales de longue durée et succession plus ou moins rapide ou rapprochée d’une part de « crises économiques » et d’autre part de « crises économico-politiques ». Parti du libéralisme, le régime bourgeois, tout en ouvrant la voie à l’expression démocratique égalitaire et pluraliste, avec exercice du « recours », y compris contre le pouvoir d’état (même si la « raison d’état » n’a jamais complètement disparu), s’est profondément transformé en autoritarisme avec le développement des idéologies du « tout état ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour les catégories mal représentées ou non-représentées au pouvoir (les « classes dominées », « les exclus » ) la démocratisation peut, à certaines conditions, apparaître comme un instrument d’émancipation. Alors que pour les catégories déjà favorisées ou installées au pouvoir, les pratiques démocratiques s’avèrent être empiriquement des instruments de régulation. Dans les « pays du Nord », la démocratie devient, à partir d’un certain moment, une forme politique indispensable à la régulation et à l’atténuation provisoire des conflits.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, l’enjeu démocratique est ouvert pour les « classes dominées ». elles peuvent espérer gravir les échelons du pouvoir d’Etat mais à deux conditions : créer d’abord des contre-pouvoirs solides, ancrés dans le tissu social, capables de tenir tête aux médias (lesquels ? comment ?)et, plus encore, mettre en place des systèmes d’intervention et de gestion qui se substituent progressivement aux « professionnels de la politique ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/15674932-112564898802896262?l=oumarkeita.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/15674932/posts/default/112564898802896262'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/15674932/posts/default/112564898802896262'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://oumarkeita.blogspot.com/2005/09/citoyennet-et-dmocratie.html' title='Citoyenneté et démocratie!'/><author><name>keita</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14106130989484743521</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-15674932.post-112478703400836255</id><published>2005-08-23T01:42:00.000-07:00</published><updated>2006-10-03T07:08:29.506-07:00</updated><title type='text'>Le socialisme utopique: volonté de libérer la société de toute autorité gouvernementale!</title><content type='html'>&lt;strong&gt;Contribution à une réflexion significative sur les sociétés contemporaines&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La société, c’est l’ensemble social dans lequel nous vivons. Ses contours sont assez imprécis : s’agit-il du pays ou l’on vit, de la partie du monde qui possède le même type d’organisation sociale (la société occidentale), du monde entier à l’époque contemporaine ? Quant à une société, il s’agit d’un groupe social manifestant une certaine permanence historique et présentant un ensemble d’habitudes de comportement et de pensée fortement reliées entre elles, et pouvant donner lieu à ce qu’on appelle une culture…On peut donc dire que le social ne se contente pas d’expliquer le social, mais aussi que le social engendre le social. Les rapports que les individus nouent entre eux constituent le social qui, à son tour, induit des rapports entre les individus. Comprendre un phénomène social, économique ou politique revient à déchiffrer sa « raison culturelle », en définitive, « c’est la culture qui constitue l’utilité ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le cadre de la réflexion sur les sociétés contemporaines, abordés en histoire, en philosophie et en sociologie contemporaine, l’accent est mis sur le sens de la réalité sociale, l’affrontement entre espaces publics et espaces économiques, entre mouvements sociaux et mouvements politiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;L’individu et la société&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;L’occident n’impose-t-il pas au reste du monde sa propre définition des droits de l’homme et de la démocratie ? La culture africaine est-elle compatible avec le multipartisme ? L’islam est-il un obstacle insurmontable à l’intégration des arabes en Europe de l’Ouest ? &lt;br /&gt;Comment redonner de l’élan à la démocratie, au pluralisme, aux droits des libertés, en les mettant à l’abri de toute entreprise totalitaire ? Comment garantir égalité des chances et justice sociale, assurer à chacun la sécurité à laquelle il a droit, sans pour autant niveler par le bas et décourager l’initiative ? Comment ériger la satisfaction des besoins sociaux fondamentaux en priorité d’une économie dont il convient évidemment de ne pas casser le développement ? Comment dégager les ressources nécessaires à un équilibre inédit entre travail, formation, vie familiale, vie associative et loisirs dans un temps enfin libéré ? Comment se préparer à une répartition des richesses qui, à l’échelle du monde, respecte le droit de tous les peuples au développement ? Comment concevoir le rôle de l’état au service de tous ces objectifs, tout en construisant l’autonomie de chaque citoyen, de collectivité locale à son égard ? Bref, comment réinventer le rapport entre individu et société ? Des questions, parmi tant d’autres, auxquelles il faut répondre…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme les controverses sont des bons supports empiriques pour la compréhension d’un trait de l’état présent des démocraties modernes, l’analyse sociologique que nous proposerons s’appuiera sur trois caractéristiques de la controverse :&lt;br /&gt;- Elle est une forme de mobilisation et d’action collective ;&lt;br /&gt;- Elle est une suite d’interactions entre médias et protagonistes de la polémique ;&lt;br /&gt;- Elle exige de penser l’articulation entre deux modèles habituellement opposés, le débat et le combat, ce qui nous amènera a analyser les conceptions du genre, les rapports entre égalités et différence.&lt;br /&gt;Nous examinerons ce que produisent les changements d’échelle, en suivant notamment la construction des causes internationales.&lt;br /&gt;En interrogeant les différentes modèles de transformation utilisables en sociologie contemporaine, nous étudierons les effets que produit la mobilisation d’instances internationales sur les « objets » les « réseaux » et les « milieux » auxquels se trouvent confrontés les acteurs.    &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Bien commun&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Les citoyens sont-ils condamnés à demeurer enfermés dans l’actuel périmètre de l’horreur économique sans possibilité de réagir ? Existe-il d’autres pistes à explorer pour que l’humanité retrouve le sens du bien commun ?&lt;br /&gt;Ces évidences ont été nourries par des « boîtes à idée » publiques et privées, comme la fondation Saint Simon en France, qui servait de pont entre droite et gauche, sous l’impulsion de François Furet, Pierre Rosavallon, Alain Minc, Emmanuel Le Roy Ladurie, Pierre Nora, Simon Nora, et Roger Fauroux. Ce dernier raconte : « nous avons pensé qu’il fallait que le monde de l’entreprise et celui de l’université se rencontrent (…). Nous sommes rapidement arrivés à la conclusion que ces rencontres ne pouvaient être fécondes et durables que si nous avions des actions concrètes à mener, ce qui exigeait un cadre juridique et de l’argent. Alors nous avons cherché des adhérents, d’où un aspect club. Chacun a rassemblé ses amis. François Furet et Pierre Rosanvallon dans l’université, Alain Minc et moi dans le monde de l’entreprise  ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le club Jean Moulin, qui, à l’époque du gaullisme, regroupa syndicalistes, hauts fonctionnaires et intellectuels, fait figure de référence, au moins au départ. Roger Fauroux explique en effet que Jean Moulin avait « pratiquement fait passer toutes ses propositions en douceur, par les gouvernements soit de droite, soit de gauche . La fondation Saint Simon serait un projet intellectuel de réforme de la société porté par des « élites » prétendant incarner le « bien commun ». Mais, qu’en est-il aujourd’hui ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après l’Etat-nation et l’Etat-providence, c’est la citoyenneté elle-même qui est menacée de démantèlement au nom des impératifs du marché. L’entreprise de démolition s’attaque en fait à l’ensemble de la civilisation sociale bâtie au cours des XIXe et XXe siècles. Un sursaut collectif devient indispensable…&lt;br /&gt;Après la nécessaire période d’observation et d’identification des problèmes actuels, accentués par la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’union soviétique, la critique s’est accentuée (description de la « pensée unique », des régimes « globalitaires », de la financiarisation de l’économie, du largage du sud, de la précarisation généralisée, des manipulations des esprits, etc.) Des informations de première importance, occultées par les grands médias, ont ainsi pu parvenir à un large public. Mais la critique, aussi constructive qu’elle soit, ne peut être permanente. Au risque de paraître répétitive et vaine. L’heure des propositions n’est-elle pas arrivée ? Mais avant, analysons les figures du pensable de Cornelius Castoriadis  (philosophe qui a pensé l’imagination comme faculté politique). Cet ultime volume permet d’appréhender l’unité et l’originalité de la pensée de l’auteur à travers les différents champs dans lesquels elle se distribue : la poétique, l’économie, la politique, la psychanalyse et la logique.&lt;br /&gt;Fondamentalement politique, cette philosophie est une théorie de l’imagination : l’imagination radicale est ce qui différencie l’homme des autres animaux à tel point que « les êtres humains se définissent avant tout non par le fait qu’ils sont raisonnables, mais par le fait qu’ils sont pourvus d’une imagination radicale ». L’imagination se situe à la racine de l’humain : sociétés, institutions, normes politiques et morales, philosophie, œuvres esthétiques.&lt;br /&gt;Une grande idée s’articule à cette radicalité de l’imagination : les hommes et les sociétés sont des autocréations. La plupart des civilisations sont hétéronomes en masquant cet auto-engendrement. Quelques-unes ont pris le risque de l’autonomie. C’est dans la Grèce ancienne que, pour la première fois, les hommes se sont aperçus de l’origine simplement humaine des grandes significations (imaginaires) qui structurent la sociale ; de cette découverte, véritable « rupture historique », jaillirent la politique (« la mise en question des institutions existantes et leur changement par une action collective délibérée ») et la philosophie (« la mise en question des représentations et des significations instituées et leur changement par l’activité réflexive de la pensée »). La démocratie est la possibilité politique ouverte par cette rupture ; mais, étant contrainte d’inventer en toute connaissance de cause ses propres lois (de s’autolimiter), elle est un régime tragique, hanté par la remise en cause permanente de ses institutions. L’Europe post-médiévale a pris le relais de la découverte grecque de l’autonomie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’idéal démocratique est menacé par le capitalisme. La créativité politique semble aujourd’hui en panne. Tout se passe comme si l’imaginaire constitué par le capitalisme avait durablement bloqué l’imagination radicale créatrice. Cet extraordinaire ouvrage nous laisse devant un énigme : l’homme du début du XXIe siècle trouvera-t-il les ressources pour s’émanciper du capitalisme, reprenant les chemins de l’autonomie, ou bien continuera-t-il d’être englué dans ce « conformisme généralisé » qui caractérise nos temps de « privatisation de l’individu » ? faculté politique, l’imagination va-t-elle se remettre en marche ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Interrogations contemporaines&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; La pensée contemporaine est hantée par l’absence d’absolu. Comment définir des fondements assurés pour la science, la morale, la politique, le droit, la justice…si l’on ne dispose pas d’un principe premier qui permet de les justifier ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;La crise de la raison&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;En philosophie, le XXe siècle peut être qualifié comme celui de la crise de la raison . Après que le mathématicien Kurt Gödel et son théorème d’incomplétude a ruiné l’idée de construire un langage logique totalement clos, que le physicien Heisenberg a montré que l’on ne peut isoler l’observateur et le phénomène observé, Karl Popper nous a convaincu qu’une théorie scientifique n’est pas celle qui dit une vérité définitive, mais celle qui accepte au contraire d’être soumise au principe de réfutation. Parallèlement, les philosophes de la déconstruction (Michel Foucault ou Jacques Derrida) se sont employé à montrer la vanité des grands discours et des modèles qui prétendent à l’universalité.&lt;br /&gt;Dès lors, fallait-il céder au relativisme, au scepticisme, au nihilisme, au vagabondage intellectuel ? Ce n’est pas la voie qu’empruntent la plupart des auteurs contemporains. Un des défis majeurs de la pensée actuelle consiste pour l’essentiel à essayer de surmonter la « crise des fondements » sans céder à l’irrationalisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Pragmatisme, communication et complexité&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;S’il faut prendre acte de la crise de la raison absolue, il reste à trouver, selon Jürgen Habermas (théorie de l’agir communicationnel), les conditions d’un dialogue commun entre les hommes, fondé sur des principes communs d’argumentation. Pour Richard Rorty, c’est la libre discussion critique qui doit prendre le pas sur la recherche de la vérité ultime (l’espoir au lieu du savoir). Pour Edgar Morin (la méthode) la pensée de la complexité ouvre la voie à une pensée authentique, affranchie du dogme de la vérité absolue. Bref, c’est la voie d’un nouveau rationalisme, à la fois ouvert et critique que beaucoup de penseurs actuels s’attachent à tracer. La pensée y gagne en ouverture, elle y perd en assurance.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;A la recherche d’un nouvel humanisme&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Sur le plan moral, là encore, les philosophes sont soumis a ce défi : donner les assises d’une éthique, d’une justice, d’un droit, qui n’ait plus de fondement absolus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En effet, on ne peut trouver ni en Dieu, ni dans la nature ou la raison les sources ultimes de la morale sur quoi justifier l’humanisme, les droits de l’homme, la justice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais on trouve chez les auteurs aussi différents que Hans Jonas (le principe responsabilité), J.M. Besnier (l’humanisme déchiré)… une même quête : celle d’un espoir raisonnable qui aurait fait le deuil d’un idéal utopique.&lt;br /&gt;Des sciences de l’esprit à la philosophie du droit&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La question des fondements de la pensée ou de la morale est loin d’épuiser la réflexion philosophique contemporaine. Les débats sont riches et sans cesse renouvelés autour des sciences de l’esprit par exemple. Si le temps des grands systèmes est clos, les philosophes n’ont pas pour autant renoncé à penser. La postmodernité, la bioéthique, les droits de l’homme, la démocratie, le bonheur, la quête de sens ou les développements de la science contemporaine offrent encore des thèmes de réflexion pour une pensée en plein renouvellement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mutation du monde&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;En octobre 1917, dix jours suffirent à la révolution bolchévique pour « ébranler le monde ». Pour la première fois, le rouleau compresseur du capitalisme était durablement stoppé.&lt;br /&gt;L’essor du capitalisme avait été stimulé par les travaux de grands théoriciens (Adam Smith, David Ricardo), par de décisives avancées technologiques (machine à vapeur, chemin de fer) et par des bouleversements géopolitiques (Empire Britannique, renaissance de l’Allemagne, puissance des Etats-Unis). Tout cela conjugué avait produit la première révolution capitaliste ; laquelle favorisa une considérable expansion, mais écrasait les hommes, comme en témoignèrent Charles Dickens, Emile Zola ou Jack London.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment tirer collectivement profit de la formidable richesse produite par l’industrialisation, tout en évitant que les citoyens ne soient broyés ? C’est à cette question que répondra Karl Marx, dans son œuvre majeure, le Capital (1867). Il faudra attendre cinquante ans pour qu’un stratège de génie, Lénine, parvienne à conquérir le pouvoir en Russie dans l’espoir messianique de libérer les « prolétaires de tous les pays ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quatre vingt ans plus tard, l’Union soviétique a fait naufrage, et le monde connaît une nouvelle grande mutation, que nous pourrions appeler la seconde révolution capitaliste. Elle résulte, comme la première, de la convergence d’un faisceau de transformations survenues dans trois champs :&lt;br /&gt;- En premier lieu, dans le domaine technologique. L’informatisation de tous les secteurs d’activités ainsi que le passage au numérique (son, texte et images désormais transmis, presque instantanément, au moyen d’un code unique) bouleversent le travail, l’éducation, les loisirs, etc…&lt;br /&gt;- En deuxième lieu, dans le domaine économique. Les nouvelles technologies favorisent l’expansion de la sphère financière. Elles stimulent les activités possédant quatre qualités : planétaire, permanente, immédiate et immatérielle. Le « big-bang » des bourses et la déréglementation, encouragée dans les années quatre vingt par Margaret Thatcher et Ronald Reagan, ont favorisé la mondialisation de l’économie, qui constitue la dynamique principale du tournant du siècle et à l’influence de laquelle nul pays n’échappe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La révolution informatique a fait éclater la société contemporaine ; elle a bouleversée la circulation des biens et favorisé l’expansion de l’économie informationnelle et la mondialisation. Celle-ci n’a pas encore fait basculer tous les pays du monde dans une société unique, mais elle pousse à la conversion de tous vers un modèle économique unique par la mise en réseau de la planète. Elle crée une sorte de lien social libéral entièrement constitué par des réseaux, séparant l’humanité en individus isolés les uns des autres dans un univers hyper-technologique.&lt;br /&gt;- En troisième lieu, dans le domaine politique, les deux bouleversements précédents mettent à mal les prérogatives traditionnelles de l’Etat-nation et ruinent une certaine conception de la représentation politique et du pouvoir. Celui-ci, naguère hiérarchique, vertical et autoritaire, apparaît de plus en plus structuré en réseaux, horizontal et grâce à la manipulation des esprits permettent les grands médias de masse-consensuel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Déboussolées, les sociétés sont désespérément en quête de sens et de modèles, car ces trois grands changements se produisent simultanément, ce qui accentue l’effet de choc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En même temps, deux des piliers sur lesquels reposaient les démocraties modernes, le progrès et la cohésion sociale, sont remplacés par deux autres, la communication et le marché qui en changent la nature.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La communication, première superstition du temps présent, nous est proposée comme étant susceptible de tout régler, en particulier les conflits au sein de la famille, de l’école, de l’entreprise ou de l’état. Elle serait la grande pacificatrice. Pourtant, on commence à soupçonner que son abondance même cause une nouvelle forme d’aliénation et que, au lieu de libérer, ses excès incarcèrent l’esprit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le marché a désormais tendance à inonder toutes les activités humaines, à les réglementer. Naguère, certains domaines : culture, sport, religion demeuraient hors de sa portée ; maintenant, ils sont absorbés par sa sphère. Les gouvernements s’en remettent de plus en plus à lui (abandon des secteurs d’Etats, privatisations).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le marché est l’adversaire majeur de la cohésion sociale et de la cohésion mondiale, car sa logique veut qu’une société se divise en deux groupes : les solvables et les non solvables. Ces derniers ne l’intéressent guère : ils sont hors jeu. &lt;br /&gt;Le marché est, intrinsèquement producteur d’inégalités.&lt;br /&gt;Il y a soixante millions de pauvres aux Etats-Unis, le pays le plus riche du monde. Plus de cinquante millions au sein de l’Union Européenne, première puissance commerciale. Au Etats-Unis, 1% de la population possède 39% de la richesse du pays. Et, à l’échelle planétaire, la fortune des 358 personnes les plus riches, milliardaires en dollars, est supérieure au revenu annuel des 45% d’habitants les plus pauvres, soit 2,6 milliards de personnes…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La logique de la compétitivité a été élevée au rang d’impératif naturel de la société. Elle conduit à faire perdre le sens du « vivre ensemble », le sens du « bien commun ». Tandis que la redistribution des gains de productivité se fait en faveur du capital et détriment du travail, que le coût de la solidarité est considéré comme insupportable et que l’édifice de l’Etat-providence est mis à bas . &lt;br /&gt;Tous ces changements structurels et conceptuels, à l’œuvre depuis une dizaine d’années, ont produit un authentique éclatement du monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des concepts géopolitiques comme état, pouvoir, démocratie, frontière n’ont plus la même signification. Au point que, si l’on observe le fonctionnement réel de la vie internationale, on constate que ces acteurs ont changé.&lt;br /&gt;Beaucoup se demandent comment penser le futur. Et expriment le besoin d’une nouvelle rationnalisation du monde. Ils attendent une sorte de prophétie politique, un projet réfléchi de l’avenir, la promesse d’une société réconciliée en pleine harmonie avec elle-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais y-a-t-il un espace, aujourd’hui, entre les ruines de l’Union soviétique et les décombres de nos sociétés déstructurées par la barbarie néolibérales ?&lt;br /&gt;Cela semble peu vraisemblable, parce la méfiance à l’égard des grands projets politiques s’est généralisée et que l’on vit, en même temps, une grave crise de représentation politique, un énorme discrédit des élites technocratiques et des intellectuels médiatiques, et une rupture profonde entre les grands médias et leur public.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Beaucoup de citoyens souhaiteraient introduire une graine d’humanité dans la barbare machinerie néolibérale ; ils sont à la recherche d’une implication responsable, éprouvant un désir d’action collective. Ils voudraient affronter des responsables bien identifiés, sur lesquels déverser leurs reproches, leurs inquiétudes, leurs angoisses et leur désarroi, alors que le pouvoir est devenu largement abstrait, invisible, lointain et impersonnel. Ils voudraient encore croire que la politique a réponse à tout, alors que la politique a de plus en plus de mal à fournir des réponses simples et claires aux problèmes complexe de la société. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chacun ressent pourtant, comme rempart contre la déferlante néolibérale, la nécessité d’un contre-projet, d’une contre-idéologie, d’un édifice conceptuel pouvant être opposé au modèle dominant actuel.&lt;br /&gt;Mettre celui-ci sur pied n’est guère facile car, on part d’une situation de quasi-table rase, les précédentes fondées sur l’idée de progrès ayant trop souvent sombré dans l’autoritarisme, l’oppression et la manipulation des esprits.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la société contemporaine, il devient indispensable, en conséquence de reintroduire du collectif porteur d’avenir . Et l’action collective passe désormais par des associations autant que des partis politiques ou les syndicats.&lt;br /&gt;Les partis possèdent, entre autres, deux caractéristiques qui les rendent moins crédibles : ils généralistes (ils prétendent régler tous les problèmes de la société) et locaux (leur périmètre d’intervention s’arrête aux frontières du pays)&lt;br /&gt;Les associations en revanche ont deux attributs symétriques et inversés par rapport à ceux des partis : elles sont thématiques (elles s’attaquent à un seul problème de la société : le chomage, le logement, l’environnement, la justice, l’égalité etc.) et transfrontières, leur aire d’intervention s’étend sur toute la planète (Act-up, Agir contre le chômage(AC), droit au logement (DAL), Green-peace, Amnesty international, Attac, Médecin du Monde, transparency, (World Wild life).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si les associations naissent à la base, témoignant de la richesse de la société civile, et pallient les déficiences du syndicalisme et des partis, elles ne sont parfois que de simples groupes de pression et manquent de la légitimité démocratique de l’élection pour faire aboutir leurs revendications. Le politique prend à un moment ou à un autre le relais. Il est donc capital que le lien entre associations et partis se fasse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces associations continuent de croire qu’il est possible, en se fondant sur une conception radicale de la démocratie, de transformer le monde. Elles constituent sans doute les lieux d’une renaissance de l’action politique en Europe et pourquoi pas dans le reste du monde.&lt;br /&gt;Pour rétablir l’ONU (Organisation des Nations Unies) au cœur du dispositif du droit international, une ONG (organisation non gouvernementale) capable de décider, d’agir et d’imposer un projet de paix perpétuelle ; pour conforter des tribunaux internationaux qui jugeront les crimes contre l’humanité, contre la démocratie et contre le bien commun ; pour interdire les manipulations de masses ; pour mettre en terme à la discrimination des femmes ; pour rétablir de nouveaux droits à caractère écologique ; pour instaurer le principe du développement durable ; pour interdire l’existence des paradis fiscaux ; pour encourager une économie solidaire etc.&lt;br /&gt;« Dans les chemins que nul n’a foulés risque tes pas, dans les pensées que nul n’a pensées risque ta tête », pouvait-on lire sur les murs du théâtre de l’odéon, à Paris, en mai 1968. Si nous voulons fonder une éthique du futur, la situation actuelle invite aux mêmes audaces.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le virage social des ONG des droits de l’homme&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Amnesty International s’engage dans la défense des droits économiques&lt;br /&gt;Réuni à Dakar le 17 août, le 25e conseil international (AI) devrait entériner une modification de ses statuts afin de ne plus se cantonner à la défense des seuls droits civils et politiques, mais d’embrasser aussi les « droits économiques, culturels et sociaux ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Extension naturelle&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;L’exercice s’annonce long et délicat. Car la focale de l’objectif s’élargit. Potentiellement, AI, et son million de membres présents dans 162 pays, pourrait se pencher sur le droit à la santé (et intégrer, par exemple, les campagnes pour l’accès aux médicaments antisida) ; faire du lobbying sur le droit à l’éducation (dénoncer les conséquences des plans d’ajustements structuraux de la Banque mondiale ou du FMI ; englober la pauvreté qui se traduit par la violation concrète des droits humains ; mener des actions contre les multinationales qui se compromettent avec des régimes répressifs ; ou les pousser à incorporer des codes éthiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 30 mai 2001, le rapport annuel d’AI s’articulait autour de la mondialisation. Son président de l’époque, Pierre Sané, concluait : « l’organisation ne peut se limiter à la défense des seuls droits civils et politiques, mais porter sur l’ensemble des droits fondamentaux de la personne humaine».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ralliement&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Amnesty International n’est pas la seule ONG des droits de l’homme à avoir fait cet aggiornamento. La LDH (Ligue des droits de l’Homme), la FIDH (fédération internationale des droits de l’homme), dénonçait, en 1997, à Dakar, l’illégitimité de la Banque mondiale et du FMI. L’organisation américaine Human Rights Watch (HRW), qui ne travaille qu’avec des experts, a créé, elle aussi, un bureau « business et droits de l’homme » en 1997, au moment où elle dénonçait les « dérives », par exemple, de British Petroleum en Colombie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La FIDH (114 ligues, 1millions de membres) est présente à tous les sommets de contestation depuis l’AMI (Accord Multilatéral sur l’Investissement) en 1998. Elle multiplie les enquêtes sur les institutions financières, sociétés transnationales ou accords du commerce et leur impact sur les « droits humains ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Enquête et contrôle&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;Le déclic de la FIDH remonte à 1995. Elle livre alors un réquisitoire implacable contre Total en Birmanie. L’ONG a eu le sentiment de « frapper juste ». Du coup, elle a mis des avocats et économistes sur le dossier de la mondialisation. En 2000, la FIDH est arrivée à Prague, lors de la réunion FMI-Banque mondiale, avec un autre rapport sur le très controversé pipeline Tchad-Cameroun sur lequel elle a travaillé avec HRW et les amis de la terre. La Banque, depuis, sollicite régulièrement son avis. La FIDH ne se place pas seulement dans le registre de la confrontation. Il y a trois ans, elle a mis en place « un mécanisme de contrôle » avec Carrefour, afin de procéder à une centaine d’audit sur les conditions de travail de ses filiales textiles. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;De la morale au droit  &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;En dépit de leur crainte de « la récupération », les mouvements de la contestation voient plutôt d’un bon œil l’arrivée des ONG des droits de l’homme sur leur secteur. « les contestateurs comprennent les vertus du prisme des droits de l’homme, dit Francis Perrin, d’Amnesty. Le droit fait changer la nature du débat : de morale ou politique, elle devient juridique. On pourrait envisager des actions coordonnées avec les Anti. ». Un responsable d’Attac résume : « Avant, quand on rencontrait des militants des droits de l’homme, on avait peu de choses à leur dire. Désormais, c’est différent. La stratégie de maillage international, de nouvelles solidarités, joue à plein. » Les passerelles se constituent entre syndicats, écologistes, mouvements de solidarité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Se donner de nouveaux outils d’analyse&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Promouvoir des instruments de mesure comme celui du développement humain, créé par le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) ; distinguer, par exemple, les richesses premières (ressources anthropologiques et ressources écologiques) et les richesses dérivées, qui supposent l’existence des précédentes ; créer un « indicateur de destruction » pour faire apparaître dans une rubrique négative ce qui détruit les humains et la nature (accidents, pollution, etc.), tout en contribuant au PIB ; à l’inverse, faire apparaître les non-dépenses dues à la prévention. Bref, reconstruire le champ de l’économie à partir d’un lexique qui lui donne du sens en ne réduisant pas la personne humaine à une valeur comptable. Un chantier urgent pour les économistes non englués dans le conformisme libéral.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Empêcher le dévoiement du multimédia&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;L’explosion des nouvelles technologies de l’information et de la communication, avec Internet pour emblème, est entrain de créer une « société de l’information » au service exclusif du commerce, du pouvoir des groupes géants et de l’hégémonie américaine. Le citoyen en est largement exclu. Or ces technologies, qui interviennent dans la quasi-totalité des activités humaines, ne sont neutres : elles structurent les manières d’apprendre, de penser, de produire, d’échanger, de décider et de représenter le monde. Les pouvoirs publics doivent donc faire de leur appropriation sociale une des bases de l’éducation civique de l’ensemble de la population. Et, pour cela, mettre à contribution les grandes sociétés du secteur, au lieu de leur livrer clés en main l’accès aux établissements scolaires. Cette taxation freinera la diffusion du multimédia, provoquera des retards. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Garantir un revenu à tous&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;La mutation informationnelle permet de produire toujours plus de biens et de services avec toujours moins de travail humain. Ce qui devrait être une bonne nouvelle sert trop souvent de justification à la mise à l’écart de pans entiers de la population. Il faut inverser cette logique, retourner les armes du (reconfiguration) au service des citoyens. Se demander d’abord quelle société nous voulons et utiliser les nombreux outils disponibles, en premier lieu les outils politiques et technologiques, pour lui donner vie. Oui, il est financièrement et techniquement possible de donner à chacun cette sécurité personnelle minimale qu’est la garantie d’un revenu décent et de prestations sociales fondamentales, indépendamment de l’occupation d’un emploi.&lt;br /&gt;Nouvelle distribution du travail et des revenus dans une économie plurielle dans laquelle le marché occupera seulement une partie de la place, avec un secteur solidaire et un temps libéré de plus en plus importants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Donner sa place au Sud&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Donner sa place au Sud, c’est mettre fin aux politiques d’ajustement structurel ; annuler une grande partie de la dette publique ; augmenter l’aide au développement, alors qu’elle est en chute libre ; promouvoir, notamment par le co-développement, des économies autocentrées ou en tout cas moins extroverties, seules garantes d’une croissance saine et de la sécurité alimentaire ; investir massivement dans la construction d’écoles, de logements et de centres de santé ; donner accès à l’eau potable au milliard d’humains dépourvus, etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Construire un espace public planétaire&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Si la nation est le seul cadre dans lequel les citoyens peuvent effectivement exercer l’intégralité de leurs droits démocratiques, du moins quand ils en ont, la globalisation des problèmes à régler et celle des acteurs dominants (marchés financiers, entreprises transnationale) imposent des régulations à l’échelle mondiale. C’est le rôle théorique des organisations internationales et des agences intergouvernementale, dont les pouvoirs doivent être renforcés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Désarmer le pouvoir financier&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;L’indispensable retour au primat du politique et des droits des citoyens implique une reconquête des espaces perdus au profit de la sphère financière. Certains des moyens à utiliser sont bien connus : taxation significative du capital, des revenus financiers et des transactions sur les marchés des changes (taxe Tobin). &lt;br /&gt;Interdiction, pour les entreprises publiques et parapubliques, d’ouvrir des comptes dans des banques ayant des succursales dans des paradis fiscaux, dont la liste devra être régulièrement mise à jour et largement diffusée. Campagne internationales auprès des actionnaires des entreprises privées en vue du même objectif. Exigence de la levée du secret bancaire, en particulier en Suisse et au Luxembourg. Refus des fonds de pension comme solution de rechange aux systèmes de retraite par répartition. C’est sur ces thèmes que doit travailler (…).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;L’anti-mondialisation&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Les anti-mondialistes n’ont pas tort lorsqu’ils disent que le grand problème posé au nantis du XXIe siècle sera la misère des nations prolétaires. Le capitalisme a toujours eu ses laissé-pour-compte. Et il y a toujours eu, à chaque étape de son développement, des contre-pouvoirs qui l’ont contraint à prendre en compte ces incomptés.&lt;br /&gt;Pourquoi l’époque ferait-elle exception ? Pourquoi le nouvel empire mondial saurait-il, mieux que ses prédécesseurs, et sans rapport de forces l’y obligeant, réguler ses effets pervers ? Pourquoi ne pas savoir gré à Attac d’incarner ce rapport de forces et de forcer le club des puissants à considérer les deux milliards d’hommes et de femmes qui vivent avec moins de dix francs par jour ?&lt;br /&gt;Les anti-mondialistes n’ont pas tort quand ils proposent, au titre des mesures d’urgence, d’annuler purement et simplement la dette des pays les plus pauvres. Cette dette, généralement contractée par des dictateurs déchus, ces sommes colossales, prêtées avec une légèreté coupable, et dont l’essentiel est allé grossir les comptes numérotés des dictateurs en question, saigne les peuples. Elle les étrangle. Elle n’a, dans des pays dont la moitié du budget sert à la rembourser, plus aucun sens économique depuis longtemps. Il est, non seulement juste, mais techniquement possible d’effacer la dette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les anti-mondialistes n’ont pas tort quand, pour lutter contre les effets dévastateurs de la spéculation sur les monnaies, ils appellent à l’instauration d’un impôt mondial type « taxe », de faible montant, assis sur les mouvements internationaux de capitaux à court terme, et dont le produit serait affecté à un fond d’aide aux pays les plus démunis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les anti-mondialistes ont raison quand, face aux grandes épidémies du siècle, ils hurlent que les maladies sont au Sud, mais que les médicaments sont au Nord et qu’annoncer, comme à Gênes, la création d’un fond de santé doté de moins du dixième des ressources réclamées.&lt;br /&gt;Les anti-mondialistes ont raison, enfin, de se battre pour que soient soustraits à la seule logique marchande ces »biens communs » que sont le climat, la santé, la sécurité alimentaire, les gênes, peut-être la culture.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Bibliographies et sources documentaires&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Gérard, Duménil et Dominique Lévy,au-delà du capitalisme, PUF, coll. « Actuel Marx-confrontation », Paris, 1998.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;François Furet, le passé d’une illusion. Essai sur l’idée communiste au XXe siècle, Robert-Laffont-Camann-Lévy, Paris, 1995.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Karl Marx, le capital, critique de l’économie politique, livre premier, tome I Editions des Sciences Sociales, Paris, 1962.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jean-François Bayart, l’illusion identitaire, fayard, Paris, 1996.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;François Hartog,« Temps et histoire. Comment écrire l’histoire de France ? », annales, sciences sociales, EHESS, Paris, 1995.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Robert Castel, les métamorphoses de la question Sociale. Une chronique du salariat, fayard, Paris, 1995.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Giovanni, Levi, le passé lointain. Sur l’usage politique de l’histoire, in les usages politiques du passé, Edition de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Paris 2001.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre Bourdieu, La noblesse d’état ; grandes écoles et esprits de corps, Editions de Minuit, Paris, 1989.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre Rosanvallon, « malaise dans la représentation », in François Furet, Jacques Julliard.&lt;br /&gt;La république du centre, la fin de l’exception française, Calmann-Lévy, Paris, 1988.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La pensée politique, co-dirigée par Marcel Gauchet, Pierre Manent et Pierre Rosanvallon et éditée aux Editions gallimard, le seuil, coll. « Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Rapport mondial sur le développement humain, Edition Economica, Paris, 1997.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/15674932-112478703400836255?l=oumarkeita.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/15674932/posts/default/112478703400836255'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/15674932/posts/default/112478703400836255'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://oumarkeita.blogspot.com/2005/08/le-socialisme-utopique-volont-de.html' title='Le socialisme utopique: volonté de libérer la société de toute autorité gouvernementale!'/><author><name>keita</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14106130989484743521</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-15674932.post-112478542786237128</id><published>2005-08-23T01:15:00.000-07:00</published><updated>2005-09-02T05:59:22.483-07:00</updated><title type='text'>Quelle université pour l'Afrique?</title><content type='html'>Quelle université pour l’Afrique ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;INTRODUCTION&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La problématique qui inspire cet axe de recherche est que les courants qui, dans le contexte de la mondialisation, affectent la vision et l'organisation du monde, affectent aussi et de façon relativement profonde, l'Afrique. Les enjeux, les modalités d'organisation, les modèles de savoirs et de représentation et les technologies qui fondent le concept de la mondialisation y ont fait irruption dans de nombreux aspects de la vie sociale et à tous les niveaux, conduisant à réduire les espaces d'autonomie des pays et à favoriser la constitution de rapports sociaux et économiques contournant les territoires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans sa définition, deux traits semblent caractériser la mondialisation : d'un côté, un changement d'échelle des pratiques sociales qui engendre une relecture des principes de territoire national et de souveraineté au profit de notions nouvelles d'espace, de réseau voire de communauté virtuelle, de l'autre, le caractère fondamentalement inégal des échanges dans lesquels, en dépit d'une réglementation de plus en plus générale et universelle, les partenaires ne contrôlent pas au même degré les flux qui parcourent la planète.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais dans sa performance, la mondialisation, à l'instar d'ailleurs des autres idéologies, ne se réduit pas à une logique simple d'imposition ou de rejet. Elle semble contribuer à redéfinir les enjeux sociaux en offrant de nouvelles ressources et perspectives assorties de nouvelles contraintes qu'investissent les acteurs. Ceux-ci peuvent donc se l'approprier en en faisant une réécriture pour un enjeu local. Des dynamiques locales émergent effectivement pour répondre aux exigences normatives que véhicule la mondialisation ou pour s'en éloigner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'étude des confrontations des sociétés africaines aux dynamiques de la mondialisation qui doit être proposée s'appuie sur deux perceptions qui informent les représentations sur l'Afrique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La première perception souligne que plus que tous les autres espaces, l'Afrique et plus particulièrement l'Afrique subsaharienne semble être soumise à des impératifs et des obligations venues d'ailleurs certes, mais est contrainte d'adhérer à ces modes de gestion, d'organisation et de représentations sociales et politiques conçus comme universels pour en tirer profit. La mondialisation se traduit alors par des ajustements institutionnels assimilés à des réformes et par des transferts de compétences, volontaires ou non, ayant parfois pour cadre l'insertion dans des ensembles régionaux ou continentaux sinon dans des «programmes de développement». Elle s'accompagne de phénomènes de fragmentation et de recomposition des territoires ainsi que de multiplication d'acteurs échappant souvent à tout contrôle et dont le théâtre d'action s'étend désormais, grâce aux réseaux, à l'ensemble de la planète. Dans ce contexte les États sont confrontés, malgré les efforts de ré-appropriation dans d'autres domaines de la vie sociale et du développement technique, à l'incapacité croissante de contrôler les espaces qui relèvent de leur responsabilité. Du coup, se trouve remis en cause l'un de leurs attributs fondamentaux, le principe de souveraineté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La seconde perception souligne que les pays africains, sauf de rares exceptions localisées aux extrémités du continent, semblent très marginaux en terme de flux commerciaux et financiers et en terme d'intégration aux grandes aires régionales qui redessinent la géographie du globe. En revanche, ils sont confrontés à des exigences internes fortes, liées à des phénomènes anciens comme la pauvreté et les rapports au sol et au territoire, mais aussi nouveaux comme la précarité des acquis du développement et les grandes vulnérabilités du potentiel humain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces deux perceptions traduisent les défis que semblent devoir relever l'Afrique : la mondialisation avec ses problématiques de réformes, d'insertion dans des réseaux et de souveraineté en est un aspect,&lt;br /&gt;la pauvreté et le développement en sont l'autre. Et ces deux défis semblent devoir tenir compte l'un de l'autre. Les dynamiques paradoxales qu'ils génèrent se retrouvent à l'oeuvre dans le secteur clé du développement et de la modernisation qu'est l'enseignement supérieur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'enseignement supérieur, tant dans les pays du Nord que dans les pays en développement, est confronté aux nouveaux défis d'adaptation et de rénovation des dispositifs de production et de transmission des connaissances qu'entraîne la mondialisation des échanges. La responsabilité de la formation des cadres nécessaires pour combler le fossé qui existe actuellement au niveau des savoirs et savoir-faire entre l'Afrique subsaharienne et le reste du monde revient en priorité à l'université. Or, les universités africaines, sont entrées dans l'ère de la mondialisation dans une situation de crise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le monde occidental et plus particulièrement dans les institutions internationales chargées de la régulation de la mondialisation, on leur reproche aujourd'hui, oubliant les mesures devant lesquelles elles ont dû s'exécuter pour rentrer dans le cadre des contraintes macro-économiques, de n'avoir pas su former tant en nombre qu'en qualité, les cadres dont le continent aurait besoin pour participer à la nouvelle économie. Or les mesures préconisées par le Document de politique générale de 1988 de la Banque mondiale pour la réduction globale de leur budget et exécutées, telles les allégements de l'entretien des structures et de la qualité des formations pour réduire les charges, la suppression des aides matérielles et financières aux étudiants, la mise en oeuvre d'une politique de participation des familles aux coûts, etc., ont fini par plonger nombre de ces établissements dont les effectifs n'ont d'ailleurs pas cessé de croître, dans une situation de récession et d'instabilité peu propice au travail de mutation et de modernisation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce sont les conséquences de cette crise et les efforts tant pour en sortir, que pour continuer à arrimer l'enseignement supérieur africain dans les espaces, au niveau international et de la mondialisation, que nous tenterons d'analyser. II est constitué de cinq parties, qui traitent des points suivants :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Les carrières universitaires : une des conséquences immédiates de la crise des universités africaines et plus particulièrement de l'instabilité qui y règne est la forte mobilité du corps enseignant en quête d'une nouvelle reconnaissance, mais aussi, pour ceux qui restent, un sentiment de doute quant à leur valeur. Les études s'intéressent aux communautés nationales des universitaires, notamment à la condition des enseignants-chercheurs pris entre la mondialisation des réseaux de recherche et filières de formation et l'individualisation des carrières.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Les diplômes et l'insertion professionnelle : si la production des élites est fortement concurrencée par des institutions extérieures, même les marchés captifs des universités nationales semblent ne plus assurer de débouchés à leurs diplômés. La question de la reconnaissance des diplômes s'impose insidieusement. Va-t-on vers une redéfinition de la production des universités et des statuts des élites ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Des campus entre crises et réformes : « grèves, années blanches, dissolution, grève du zèle rampante des enseignants, pénuries documentaires, fuite des compétences, réduction des allocations publiques », de nombreuses universités sont en panne. Mis à mal par l'évolution des effectifs et le contexte socio-économique, l'univers quotidien des étudiants s'est aussi peu à peu détérioré. Des réformes ont cherché à ouvrir l'Université sur le monde, susciter la concurrence du secteur privé pour désengorger et diversifier et sont parfois allées jusqu'à leur point ultime : la refondation de l'université, dont on espère qu'elle créera les conditions d'une modernisation et d'une meilleure adéquation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Les nouveaux outils de formation et modes de communication des connaissances, les campus virtuels : créée pour sortir de l'impasse les pays dont on estime qu'ils ne peuvent plus compter, avant longtemps, sur leur système d'enseignement supérieur pour faire face à leurs nouveaux besoins dans le contexte de la mondialisation, « l'Université Virtuelle Africaine » a cherché à mettre hors-jeu les universités nationales tout en s'adressant à leurs acteurs. Et là où ils se sont implantés, « les Campus Numériques », avatars de l'Université Virtuelle Francophone, ont cherché à les doper en mettant à leur disposition les outils d'accès aux réseaux d'information et de communication ainsi qu'aux ressources scientifiques. Malgré sa sensibilisation précoce aux technologies de l'information et de la communication, l'enseignement supérieur apparaît comme l'un des secteurs de la société africaine qui ont le moins bénéficié de leurs apports. Les contributions étudient les conditions et les moyens d'appropriation de ces puissants outils de délocalisation mais aussi de démultiplication des formations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vers de nouvelles formes d'organisation ? : la mondialisation ne pose pas que des problèmes d'adaptation à l'enseignement supérieur en Afrique, elle suggère aussi de nouvelles organisations de la transmission des savoirs. Cette dernière partie propose à la fois une réflexion sur la mondialisation, la marchandisation et la modernisation de l'éducation, la présentation d'un exemple de coopération académique et de création de valeur entre un établissement privé et une université publique et un essai de réhabilitation du rôle des organismes internationaux dans l'évolution de l'éducation vers le développement durable et de nouvelles formes de citoyennetés transnationales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;MONDIALISATION ET MARCHANDISATION DE L'ÉDUCATION&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Depuis les années 1980 de très nombreux débats sur l'éducation réunissent des chercheurs de diverses disciplines : sciences de l'éducation, économie, sociologie, philosophie, communication... Mais ce n'est pas tant la finalité de l'éducation qui retient l'attention que le rôle des acteurs socio-éducatifs, et les technologies éducatives. Après les radios scolaires, la télévision scolaire, c'est le tour de l'ordinateur et de l'Internet à l'école. Le fonctionnement des technologies éducatives semble s'inscrire, en partie, dans une logique marchande renforcée par l'essor des nouvelles technologies de communication, dont l'émergence et le déploiement sont indissociables de l'économie de marché. « Tout se vend » aujourd'hui, et tout peut devenir marchandise, y compris l'éducation. Or il existe apparemment une contradiction structurelle et idéologique entre le système éducatif et le système économique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les notions de mondialisation et d'éducation reposent sur deux univers conceptuels théoriquement différents. L'éducation était nationale, comme le rappelle l'intitulé du ministère de l'Éducation nationale ;&lt;br /&gt;elle s'inscrivait dans le projet interne élaboré par un État pour la formation de ses citoyens. La mondialisation, par contre, est un concept économique qui s'insère dans un espace transnational, où circulent les flux de capitaux. Étant donné que l'éducation est traitée de plus en plus comme une marchandise, ne risque-t-elle pas de tomber sous les lois de fluctuations et de rentabilisation du marché ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le même ordre d'idées, marchandisation et éducation semblent être des notions antinomiques : l'une ressortissant au domaine du mercantilisme et de la rentabilité, l'autre supposant une démarche de gratuité et d'épanouissement humaniste. Là encore, l'évidence qui s'impose, c'est que ces deux notions sont de plus en plus imbriquées, comme si l'éducation entrait elle aussi dans l'ère et dans l'aire du soupçon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous interrogerons ici la validité des questions suivantes en matière d'éducation : quelles sont les implications des mutations que connaît le milieu de l'éducation ? Lorsque la connaissance change de mains et que les entreprises et les financeurs se mêlent de l'éducation, que deviennent les enjeux purement éducatifs et quelles peuvent en être les conséquences ? En ce qui concerne l'Afrique, quelle est la prégnance et quels sont les enjeux des nouvelles technologies éducatives dans le contexte de la mondialisation ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;ÉDUCATION, MODERNITÉ, MONDIALISATION&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parler d'éducation, de modernité et de mondialisation, c'est évoquer leur trajectoire historique quasi identique. II est difficile de les dissocier en tant que notions et concepts, parce qu'elles appartiennent à des champs interdépendants. D'une certaine manière l'éducation a servi à cultiver et à véhiculer l'esprit de la modernité fondé sur trois dogmes concomitants : le mythe du progrès, l'impératif du développement économique et l'universalité des valeurs scientifico-techniques. Cette universalité revêt aujourd'hui le visage de la mondialisation. Avant d'aller plus loin dans cette réflexion, un premier travail de compréhension des termes s'impose ainsi que la définition des rapports qu'ils entretiennent les uns avec les autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;ÉDUCATION ET FORMATION&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si l'on se réfère à ses méthodes, la polysémie de l'éducation s'exprime à travers les notions contenues dans les verbes suivants : initier, enseigner, former, façonner, mouler, transformer, dresser, accoutumer, reproduire. Du point de vue culturel et anthropologique, l'éducation est une transmission de connaissances, de modes de comportement, ainsi qu'une contribution au développement « intégral » de l'être humain. Elle est alors synonyme de sagesse. Éduquer c'est montrer le chemin de la sagesse. Cette sagesse peut être transmise dans un cadre institutionnel ou non. L'éducation équivaut par ailleurs à un ensemble de bonnes manières constituant un code de savoir-vivre. Les « bonnes manières » caractérisent l'homme civilisé, socialisé, « cultivé », par opposition à l'individu, « mal poli », inadapté au fonctionnement d'une collectivité. II existe d'autres formes d'éducation, comme celles qui consistent à familiariser un individu de manière méthodique à une certaine sensibilité : éducation de l'oreille, de la voix, du regard, du goût, des réflexes, de la mémoire. L’éducation correspond également à un apprentissage spécialisé et à la préparation des individus à la vie professionnelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui caractérise l'ensemble des définitions susmentionnées c'est qu'elles impliquent une notion de durée, nécessaire à l'assimilation d'un savoir. Cette notion essentielle de durée constitue l'aspect distinctif qui différencie l'éducation d'une autre forme de transmission du savoir de plus en plus privilégiée dans le nouveau paysage éducatif : il s'agit de la formation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Contrairement à la notion de longue durée qui caractérise l'éducation, l'un des sens prédominants de la formation se réfère à un système de transmission et d'acquisition de connaissances conçue pour une application immédiate dans le domaine professionnel. D'ailleurs l'adjectif « professionnel » est régulièrement accolé au nom formation, de manière quasi indissociable : formation professionnelle. Si jusqu'ici la formation était souvent considérée comme une « province » de l'éducation, on s'aperçoit désormais d'une certaine mutation dans la pratique éducative. Elle a conquis un espace de plus en plus important dans le domaine de l'éducation spécialisée. Cette mutation s'est opérée sous l'influence de phénomènes extérieurs au monde de l'éducation. Nous avons choisi d'en mentionner deux des plus visibles : la crise économique qui se fait ressentir depuis 1973-1974, et le développement croissant de la marchandisation.&lt;br /&gt;Cette crise exerce une influence directe sur le destin et l'orientation de l'éducation, dans la mesure où le marché du travail n'absorbe plus tous les diplômés issus du système éducatif traditionnel. II s'ensuit, d'une part, une réévaluation des savoirs en fonction de leur applicabilité dans le monde du travail, d'autre part, une nécessité d'adaptation de l'enseignement aux nouvelles donnes économiques. En résumé, le monde économique a conquis une place prépondérante dans le domaine de la création et de la suppression des emplois. Le poids du chômage et la menace de la précarisation déterminent les choix des apprenants, comme ceux des décideurs éducatifs. Dans ce nouveau contexte la formation apparaît comme une arme de survie, conçue en fonction des réalités du marché de l'emploi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La formation est souvent perçue comme étant plus efficace, et plus aisément rentabilisable que l'éducation traditionnelle. Elle bénéficie du prestige rassurant de la rapidité : formations courtes, formations accélérées. Là où l'éducation requiert une durée relativement étendue, la formation implique un rythme plus rapide, dicté par un sentiment d'urgence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La formation prône une démarche pragmatique, dispensant un savoir formaté pour être utilisable immédiatement. Ce savoir est garanti par des stages pratiques, par opposition aux formations dites trop « théoriques », où l'on apprend beaucoup de choses « qui ne servent à rien». Autrement dit, trop de théorisation égale thésaurisation d'un savoir non rentable. II en résulte une nouvelle « lecture » ou perception des diplômes de la part du marché du travail qui « emploie » les diplômés. Le diplôme perd de son prestige mythique au moins pour quatre raisons :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- sa durée d'acquisition n'est pas toujours conforme à l'esprit et à la conception du temps de l'entreprise (« time is money ») ;&lt;br /&gt;- il n'y a plus forcément adéquation entre le niveau du diplôme et l'emploi fourni ;&lt;br /&gt;- l'entreprise peut former elle-même, « sur mesure », les cadres dont elle a besoin&lt;br /&gt;- l'entreprise privilégie souvent dans les recrutements des personnes peu diplômées parce qu'elles sont plus malléables et coûtent moins cher en termes de salaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec la nouvelle conception de la formation, l'éducation devient une « ressource » à gérer et à vendre, comme l'illustre la création d'un département spécialisé au sein des entreprises, intitulé Direction des Ressources Humaines (DRH). Finalement, il est loisible de se demander si la crise n'a pas favorisé la formation contre l'éducation. En somme, l'éducation nous confronte à une complexité de pratiques, de sens et d'enjeux. Les mutations qu'elle subit nous ramènent simultanément à d'anciens mythes et à de nouveaux rêves. Aujourd'hui il existe une nouvelle équation qui suscite légitimement des réactions contradictoires d'inquiétude ou d'enthousiasme, à savoir, l'éducation correspond au triptyque modernité -mondialisation -marchandisation (ou économicisation).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le consensus qui se dégage des critiques de la mondialisation, se fait autour de la dénonciation d'une libéralisation à outrance du marché de l'éducation. Nous constatons à ce propos que la marchandisation de l'éducation, tout comme la mondialisation d'ailleurs, n'est pas un phénomène nouveau. Ce phénomène a ses germes dans l'école traditionnelle occidentale et américaine, ainsi que dans les choix politiques et économiques qui ont cours depuis plusieurs siècles. Les incidences d'un tel processus sur l'évolution des sociétés actuelles nous semblent extrêmement ambiguës, et elles contiennent de nombreuses inconnues. II importe donc de repérer sur le plan historique les relations qui ont depuis longtemps existé entre le savoir, la marchandisation et le pouvoir, au cours des avatars de la modernité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;MODERNISATION, MODERNITÉ ET IDÉOLOGIE MARCHANDE&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;La modernisation conçue comme perfectionnement des outils techniques et des structures, est concomitante de la modernité qui s'est constamment nourrie de l'idée du progrès. Par rapport au projet de modernisation et à l'esprit de la modernité, l'éducation et le savoir sont considérés comme un facteur de progrès et de développement. Cependant les très nombreuses études critiques consacrées à la modernité ont mis en évidence de nombreuses contradictions : le contraste entre les conquêtes matérielles et le désenchantement, entre les aspirations égalitaires et le maintien des mécanismes d'inégalités sociales, entre le rêve humaniste et la marchandisation croissante de ta culture et du savoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au cours de la période de la Renaissance souvent associée à la naissance des temps modernes, on constate déjà les paradoxes suivants. Une véritable mystique de la connaissance et de l'humanisme fait bon ménage avec le triomphe du mercantilisme qui va de pair avec l'expansion, la colonisation et les génocides (guerres de religions, traites négrières). Ces paradoxes se déploient dans le cadre de ce que Serge Latouche appelle « la première mondialisation », car le nouveau paysage économique et géopolitique du monde réunit l'Europe, l'Afrique, l'Asie et les Amériques. Les valeurs morales elles-mêmes sont touchées par la dynamique marchande : marchandisation de l'honneur (les titres de noblesse sont vendus par des nobles désargentés à des bourgeois riches). Les valeurs religieuses n'échappent pas à un certain positionnement par rapport à la richesse ou à l'argent : vente des indulgences, simonie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est au XVIIIe siècle, siècle des Lumières et de la modernité, que se noue l'association entre les avancées techniques et l'idéal d'amélioration de l'homme. Cette convergence s'exprime dans l'une des notions fondamentales du siècle, le progrès, dont le fondement est la science qui renferme une explication supérieure du monde et qui est à même de réaliser le bonheur de l'humanité. On remarquera une fois de plus le paradoxe suivant ; d'une part la pensée du XVIIIe siècle combat l'irrationnel, notamment à travers la dimension religieuse, d'autre part elle crée une nouvelle religion du savoir, en divinisant la connaissance et en sacralisant la raison omniprésente et omnipotente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant les débuts de la modernité sont aussi situés dans la deuxième moitié du XIXe siècle, à travers ses manifestations techniques les plus spectaculaires. C'est le siècle de la vapeur, de l'électricité et du téléphone, mais aussi le siècle du positivisme. Auguste Comte va même jusqu'à rédiger le Catéchisme positiviste (1852). D'une certaine manière science, technique et savoir servent l'objectif de modernisation en même temps que la politique expansionniste (colonisation de l'Afrique), tout en perpétuant l'idée de « mission civilisatrice » de Condorcet, reprise par l'école de Jules Ferry.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au xxe siècle, les rapports entre savoir, modernisation et modernité vont suivre un double mouvement. D'un côté, ils intègrent les nouvelles données induites par le développement technique, à savoir l'industrialisation, la massification et l'informatisation. D'autre part on constate que le développement technique industriel n'exclut pas une certaine peur face à la toute-puissance de la technique, considérée parfois comme un synonyme de totalitarisme à cause des capacités de contrôle offertes par certaines technologies. II s'est développé également une perception de la technique comme facteur du délitement des valeurs et de dilution du lien social. Rappelons que ce siècle très technicien a connu deux guerres mondiales et plusieurs génocides.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Au terme de ce bref parcours historique, il semble que l'éducation, en tant que synonyme d'amélioration et d'humanisation de l'homme, a échoué. La connaissance demeure un instrument de pouvoir même dans un système démocratique. D'un autre côté, la modernité fonctionnant comme idéologie a finalement montré ses limites. Il se dégage l'impression que seule la modernisation capitaliste occupe l'espace économique et culturel depuis l'effondrement du bloc soviétique et communiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;MONDIALISATION ET MARCHANDISATION&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le concept de mondialisation, ou globalisation (terme anglo-saxon), bien qu'issu du terreau économique, recouvre actuellement plusieurs dimensions interdépendantes : économique, politique, social, idéologique. Les études et les publications foisonnent sur ce thème et révèlent, à l'examen, un surprenant mélange de délire et d'objectivité, de pessimisme et d'optimisme. Historiquement, le terme a été lancé, dans un esprit de slogan, par la firme japonaise Sony au début des années quatre-vingt, au cours d'une campagne publicitaire, selon laquelle un spot commercial n'a pas à s'adapter aux diverses cultures, car il transporte en lui-même une culture globale. Ce slogan s'inscrit dans une dynamique d'expansion économique conquérante. « Comme le capital auquel elle est intimement liée, la mondialisation est en fait un rapport social de domination et d'exploitation à l'échelle planétaire. Derrière l'anonymat du processus, il y a des bénéficiaires et des victimes, les maîtres et les esclaves », écrit Serge Latouche qui distingue sur le plan historique quatre grandes mondialisations :&lt;br /&gt;1- La première mondialisation : elle se développe à la suite des Grandes Découvertes qui ont pour conséquence la colonisation de l'Amérique, les déplacements et mélanges de peuples à l'échelle mondiale, et l'important flux d'échanges en tout genre. L'Europe découvre et adopte la culture de la pomme de terre, du tabac, etc. On introduit la culture du blé en Amérique, ainsi que l'élevage des chevaux, des boeufs, et des moutons...&lt;br /&gt;2- La deuxième mondialisation : elle se matérialise par l'occupation territoriale de l'Afrique, après la Conférence de Berlin (1885), et l'occupation de l'Asie, en vue d'une exploitation coloniale des matières premières. Celles-ci sont rentabilisées dans le cadre d'une « complémentarité » imposée par le « Centre », en même temps que l'environnement économique et culturel africain dit « périphérique » est façonné pour assurer la prospérité de la mondialisation coloniale.&lt;br /&gt;3-La troisième mondialisation : elle correspond au néocolonialisme qui a suivi la décolonisation des années soixante, c'est l'ère des développements inégaux.&lt;br /&gt;4-La quatrième mondialisation : il s'agit de la « nouvelle mondialisation » qui recouvre quatre phénomènes interdépendants à savoir, la transnationalisation des firmes, l'affaissement des régulations étatiques à l'Ouest, l'effondrement de la planification à l'Est, la mainmise de la finance sur l'économie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour Serge Latouche, la mondialisation signifie « l'économicisation du monde : c'est-à-dire la transformation de tous les aspects de la vie en questions économiques, sinon en marchandises» Non seulement la mondialisation comporte des dimensions technologiques et culturelles, mais elle absorbe aussi le politique. Quant à l’économisation, elle se manifeste dans le changement des mentalités, à travers le triomphe de la « pensée unique », c'est-à-dire l’omnimarchandisation. Cette nouvelle idéologie totalitaire repose sur certains principes canoniques : l'évangile de la compétitivité, l'intégrisme libéral et le dogme de « l'harmonie naturelle ». En réalité si nous poussons plus loin le rapprochement entre modernité et mondialisation, nous remarquerons que l'on peut aisément mettre l'une à la place de l'autre. Par exemple, en nous référant aux capitales de la modernité répertoriées par Henri Meschonnic (in Modernité Modernité,1988), nous retrouvons les mêmes noms lorsqu'il s'agit de la mondialisation : New York, Paris, Londres, Berlin, Vienne. II faudra certainement rajouter Tokyo. On constate en effet que « les lieux de la modernité sont des lieux de pouvoirs et d'affaires ». Bien sûr Henri Meschonnic reconnaît que la modernité est aussi faite de métissages : en l'occurrence les influences africaines sur certaines « innovations ». La mondialisation, réalité économique au départ, devient un concept parfois mystique, un peu comme une diaphanie de ce que d'aucuns ont appelé la civilisation de l'universel. En somme la mondialisation n'est pas un phénomène nouveau, mais son contenu s'est « enrichi » et complexifié tout au long de l'évolution socio-historique des sociétés modernes. Tout comme la modernité, elle est un mouvement, « insaisissable », riche en paradoxes. Nous verrons davantage sa prégnance dans d'autres aires culturelles lorsque nous aborderons le cas particulier de l'Afrique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'examen de nombreuses études consacrées à la modernité, démontre qu'elle a toujours incarné une idéologie globalisante et mondialisante, sans doute parce qu'elle repose sur une vision du monde qui prétend maîtriser la temporalité, la durabilité et la permanence. Etre moderne c'est aussi, grâce à un rapport privilégié à la technique et à des outils conceptuels affinés, être capable d'échapper à l'usure du temps en se situant dans une actualisation permanente. Modernité et mondialisation sont donc indissociables de la dynamique capitaliste occidentale. Toutefois une telle analyse serait insuffisante voire sommaire, si on se limitait à l'aspect économique, car elle ne traduirait pas la complexité et la polysémie de la nouvelle mondialisation. Si la dimension économique suffisait, il faudrait donner raison aux chercheurs comme Edward Goldsmith, qui voient dans la mondialisation une « nouvelle jeunesse pour les comptoirs coloniaux ». Or la carte de l'Occident mondialisant a changé aujourd'hui. II faudrait y inclure les États-Unis et le Japon en tant que puissances organisatrices. D'autre part l'entité colonisatrice n'a plus la configuration géographique d'un État parfaitement identifiable, comme on pouvait le percevoir dans les débats polémiques sur l'impérialisme, « stade suprême du capitalisme ». Ensuite, l'exploitation économique ne concerne plus uniquement les anciennes colonies ou les pays défavorisés. Les exigences de la rentabilité à tout prix, et l'obsession du gain de productivité, ont déterminé une nouvelle structuration à propos de laquelle nous avons choisi de souligner quatre caractéristiques essentielles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- « les conquistadors » d'aujourd'hui ne se battent plus forcément pour un drapeau ou pour une expansion à caractère nationaliste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils appartiennent à des entités supra-nationales, ou supra-étatiques, internationalement puissantes;&lt;br /&gt;- la « victime » potentielle ou réelle contribue d'une certaine façon, par la magie de la consommation, à sa propre dépendance. Parallèlement, les exigences impitoyables de la concurrence et de la rentabilité peuvent précariser, du jour au lendemain, les populations des puissances mondialisantes ou faire disparaître les entreprises défaillantes ;&lt;br /&gt;- la conquête du monde n'entraîne plus forcément une occupation territoriale. Elle s'est en quelque sorte dématérialisée et respatialisée. Ce qui importe c'est la conquête de marché de consommateurs, indépendamment de leur identité nationale, sociale ou culturelle ;&lt;br /&gt;Les peuples et/ou les groupes sociaux défavorisés sont tous « logés à la même enseigne » : sous le joug du marché.&lt;br /&gt;Edward Goldsmith, dans Le Procès de la mondialisation (2001), en démonte le mécanisme, et éclaire le rôle joué par les firmes transnationales géantes, avec l'appui des élites locales. II dénonce également le piège des prêts qui mettent sous dépendance les économies nationales et il constate que « d'ores et déjà, la banque, la médecine, le tourisme, les médias, l'enseignement, la justice, deviennent transnationaux [...] Cette marchandisation du monde détruit l'État-nation et vide le politique de sa substance, elle fait peser des menaces énormes sur l'environnement, corrompt l'éthique et détruit les cultures. » C'est cet aspect que nous aborderons dans les paragraphes qui suivent. La principale question, à multiples volets, que nous posons est de savoir: qui vend quoi, où, à qui, et dans quel but ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;MAÎTRES - MARCHANDS - MARCHANDISE&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Les trois notions ci-dessus évoquent une idée commune que nous avons décidé de synthétiser, pour les commodités de l'exposé, à travers la formulation suivante : l'alliance des 3 M, maîtres-marchands-marchandise. Cette alliance repose sur une corrélation de faits que justifient les processus antagoniques et « complémentaires » suivants : déclin/innovation, mutation/accomplissement. La gestion de cette tension entre crise et innovation comporte d'énormes ambiguïtés qui se compliquent à leur tour sous l'effet de nouvelles donnes : nouveaux paysages cognitifs, nouveaux rythmes, nouvelles spatialisations, nouveaux maîtres, nouveaux modes de consommation, etc. Les mutations survenues dans le monde éducatif depuis la crise économique dont nous avons parlé, ont bouleversé non seulement la pratique mais aussi l'imaginaire de l'éducation. Ces mutations sont particulièrement évidentes dans les domaines suivants : la perception du rôle de l'école, le rapport au savoir et à la connaissance, la conception de la fonction de l'éducateur et de l'enseignant. En outre les institutions éducatives changent parfois de « maîtres » ou naissent dans des contextes inhabituels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;LES LUMIÈRES DÉMYTHIFIÉES&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Une longue tradition intellectuelle a fini par imprimer dans nos représentations mentales de l'école, l'idée d'une corrélation « naturelle » entre le savoir, les Lumières et la modernité. II en découle à contrario un corollaire aux conséquences négatives : celui qui n'est pas dans le champ du savoir se retrouve simultanément prisonnier des ténèbres de l'ignorance, du handicap de l'arriération et des limites de l'archaïsme. Une telle association d'idées s'est transformée en piège pour la représentation de l'école, dans la mesure où elle ne peut pas coller au mouvement de plus en plus accéléré de la modernité sans dénaturer son propre rythme de transmission du savoir, qui doit tenir compte d'une certaine lenteur nécessaire à la maturation et à l'assimilation. Soit elle se met au rythme des mutations incessantes de la modernisation, et elle risque de discréditer son propre discours éducatif ; soit elle reste à l'écart de la dynamique des innovations permanentes et elle apparaît comme une structure archaïque, inadaptée aux changements de la société. Dès lors, l'idée selon laquelle « hors de l'école il n'y a point de salut » devient irréaliste, entre la chimère et l'imposture. II y avait danger à penser que l'école était un lieu d'équité, où l'effort régulier et judicieux était récompensé par la réussite professionnelle. Au contraire elle fonctionne comme le lieu d'un filtrage impitoyable, favorisant ceux qui disposent d'un capital culturel et d'un environnement propice aux études. Cela explique en partie la violence de ceux qui sont inadaptés au système, ceux qui « vaudront moins cher » sur le « marché du travail ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'école républicaine, démocratique, prend alors les contours incertains d'un « mythe », cette fois au sens illusoire du terme. En effet on peut s'interroger sur l'esprit de l'école républicaine et sur la validité de son projet égalitaire, dans un contexte où le marché du travail acquiert un pouvoir décisionnel sur les choix éducatifs. Les principes fondamentaux d'égalité, d'intégration et de cohésion nationale reposaient précisément sur l'idée d'égalité de chances dans l'accès à l'éducation. Or la réalité éducative, filtrée par le marché du travail, met en question cet idéal. Par ailleurs les disparités sociales n'ont pas disparu ; bien au contraire, certaines d'entre elles sont renforcées par l'éducation et la sélection scolaires. Qui plus est, l'équation formation = emploi, familière à notre horizon d'attente, n'est plus du tout assurée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En outre la cote sociale des diplômes a subi une certaine dévalorisation, sous l'effet de la crise économique de 1974, et sous la pression du chômage qui donne aux entreprises un rôle majeur dans l'appréciation des compétences acquises. La perte de crédibilité de l'école équivaut de la sorte à un affaissement ou à un effondrement de l'image mythique de lieu dispensateur des lumières précieuses de la connaissance. Un certain nombre d'autres facteurs expliquent le processus de démythification dont nous traitons ici.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- La société de consommation de masse induit un nouveau système de rapports entre produit culturel et lois du marché. L'éducation devient un produit achetable, et, comme telle, soumise à la concurrence.&lt;br /&gt;- La formation pour la formation n'existe quasiment plus : le plaisir d'apprendre se perd au profit des objectifs rendement/efficacité. Ce plaisir revient parfois, lorsqu'on estime avoir atteint le premier objectif.&lt;br /&gt;- Par suite d'une application mécaniste des méthodes de rationalisation aux technologies éducatives, et par souci d'efficacité, on a fini par exclure de nombreux aspects éducatifs non rentabilisables.&lt;br /&gt;- À ce processus de rationalisation il faut ajouter une tendance à la privatisation à partir des années quatre-vingt.&lt;br /&gt;- Soulignons également la nouvelle mutation caractérisée par la société de l'information, société où la connaissance constitue un véritable capital.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En somme, le processus de démythification a contribué à l'accélération de la marchandisation de l'éducation.&lt;br /&gt;L'ÉDUCATION : UN MARCHÉ ET UNE MARCHANDISE&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est au cours des années 1980-90 que les discours sur le phénomène de marchandisation de l'éducation commencent à prendre véritablement corps. Le monstre incriminé a plusieurs têtes, comme une hydre : grandes firmes internationales, grandes institutions financières, entreprises privées, nouvelles technologies de communication. Cette période correspond au début de la vague de privatisations amorcée par les États : privatisation de la plupart des secteurs publics y compris le secteur éducatif. C'est aussi l'époque où le nouveau paradigme de développement et de croissance économique se divulgue : la société de connaissance associée à la société de l'information.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce phénomène s'est particulièrement développé dans des pays anglo-saxons qui furent les premiers à mettre, officiellement, la formation sur le même plan qu'une marchandise. C'est le cas des États-Unis de Ronald Reagan, dont le gouvernement lança une attaque contre l'appareil bureaucratique de l'Etat jugé « exagérément gonflé », et proposa de supprimer le ministère de l'Éducation au niveau fédéral. Quant à la Grande-Bretagne, elle a commencé dès 1988 à définir les « bonnes écoles » en fonction des demandes d'inscription. Selon cette logique basée sur l'économie de marché, les écoles jugées « mauvaises » disparaissent progressivement d'elles-mêmes, étant donné qu'elles ne génèrent plus de demande. En France il faut signaler les tendances manifestées par l'ancien ministre de l'Éducation, Claude Allègre, qui proposait de gérer l'école comme une entreprise. On se rappelle encore la comparaison de l'Éducation nationale avec un mammouth qu’il faut « dégraisser » &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le monde de l'éducation n'est pas le seul à avoir perdu de son autonomie, dans le contexte d'une mainmise croissante de l'économie sur le domaine du savoir et de l'information. Pierre Bourdieu montre dans Les Règles de l'art (1992) comment les productions artistiques constituent un « marché des biens symboliques » rigoureusement structuré. Une telle configuration contredit le « mythe » de la liberté absolue de l'« art pour l'art ». Les prix littéraires par exemple, jouent un rôle décisif dans la marchandisation de la littérature, en particulier par leurs effets multiplicateurs sur l'incitation à la consommation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour en revenir au monde de l'école, rappelons que la gestion comptable de l'éducation a toujours été présente. Le coût de l'école apparaît d'entrée comme un investissement à rentabiliser à court ou long terme. Ceci est valable pour les différents acteurs concernés : États, parents, enfants, institutions éducatives privées, etc. En outre la nouvelle perception du système scolaire/universitaire naît des pratiques et des réalités sociales bien précises.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le recrutement précoce&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Les entreprises recrutent de plus en plus, dans des établissements d'enseignement professionnel, des étudiants avant la fin de leur formation, donnant parfois l'impression de banaliser le diplôme décerné en fin de cycle. En France environ 70 % des étudiants inscrits dans des formations dites professionnelles, bénéficient généralement d'un contrat à durée indéterminé, lorsqu'ils signent un contrat de stage avec une entreprise.&lt;br /&gt;L'appréciation ambivalente du diplôme&lt;br /&gt;L'entreprise hésitera à recruter les étudiants « qui restent trop longtemps à l'école ». Hormis la question de coût financier pour elle, il faut ajouter probablement le complexe du diplôme. Bien que ce dernier soit de plus en plus banalisé, il interfère sur le jugement des employeurs et guide les recrutements. On trouve aujourd'hui des chefs d'entreprise qui ne possèdent pas un niveau de formation universitaire de niveau élevé. Ils sont donc réticents à employer des candidats d'un niveau de formation supérieur au leur, « Bac + 5 » par exemple.&lt;br /&gt;Du matériel à la matière grise&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jusqu'à une époque récente les entreprises fournissaient uniquement du matériel éducatif. Aujourd'hui la plupart d'entre elles fournissent aussi de la matière à penser. Elles se mettent elles-mêmes à vendre de l'enseignement et de l'information sur les filières à débouchés, et s'intéressent également au classement des « meilleurs » établissements. II y a quelques années on pouvait encore distinguer nettement les entités qui vendent des fournitures et du matériel didactique, de celles qui orientent les étudiants, conçoivent le contenu des programmes et dispensent le savoir. Aujourd'hui celui qui fournit le matériel est non seulement capable de fournir la matière à penser mais il a aussi les moyens d'influer sur l'orientation scolaire nationale et mondiale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Un marché stimulant&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le marché éducatif représente l'un des secteurs économiquement rentables grâce à sa clientèle. II s'agit d'une clientèle « captive » aisément identifiable et qui consomme de manière obligatoire. En outre, elle se renouvelle en permanence et est en augmentation constante. II faut préciser que ce sont des consommateurs polyvalents (savoir, outils, équipement, culture au sens large, etc.).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous terminerons l'énumération de ces pratiques managériales en faisant remarquer que lorsque des entreprises privées, des multinationales et des institutions financières se chargent de la transmission du savoir, plusieurs risques sont à envisager. Nous mettrons en évidence trois d'entre eux, en fonction de leur nature et de leurs effets :&lt;br /&gt;• Les confusions pernicieuses : à la confusion entre savoir et information, s'ajoute une autre qui découle de l'économicisation. Elle consiste à confondre le métier d'enseignant et celui de gestionnaire.&lt;br /&gt;• Les transformations déformatrices : l'éducation devient facilement un véhicule d'idéologie à caractère publicitaire. Le contrat éducatif traditionnel change de nature : l'étudiant est désormais un client, apparemment plus libre, mais en fait soumis aux aléas du marché.&lt;br /&gt;• L'ombre de la précarisation : l'école gérée comme une entreprise encourt le risque d'être fermée à tout moment, dès lors qu'elle cesse d'être rentable. Les élèves se retrouveraient à la rue, au « chômage technique ». II en résulte en outre davantage d'inégalité sociale, car le coût du « produit de consommation » qu'est l'éducation est très élevé, et n'est pas accessible à n'importe quel élève indépendamment de son milieu social.&lt;br /&gt;Cependant, pour contrebalancer les risques que nous venons de relever, il nous faut signaler que de plus en plus l'on met en place des infrastructures destinées à rendre plus performants les centres éducatifs. De nouveaux métiers se créent grâce à l'intégration des technologies nouvelles à l'éducation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;MARCHANDS ET MAÎTRES&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Ce que l'on qualifie de façon parfois négative de marchandisation ou d'économicisation ne serait-il pas, dans la logique anglo-saxonne, une mutation accomplie de la modernité qui s'appuierait sur la perméabilité des espaces sociaux, et le décloisonnement public-privé ? Cette mutation introduirait une autre notion de partage (équité) de ce qui existe « de mieux dans le monde » : meilleures bibliothèques, meilleurs enseignants, meilleures écoles, meilleures conditions de formations quels que soient les handicaps de l'apprenant, meilleures formes de coopération. Une telle classification -qualification est certes discutable, mais le problème est ailleurs. II s'agit surtout de savoir qui contrôle ces meilleures superstructures, ce qu'elles proposent et de quelle manière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De nouveaux acteurs sont entrés en jeu dans la nouvelle configuration du monde de l'éducation, et depuis les années quatre-vingt dix ils envahissent de plus en plus le milieu éducatif. Ces acteurs ce sont des entreprises locales, des firmes transnationales, des institutions financières et des organisations internationales. Ils défendent tous, officiellement, le même objectif : rendre service aux citoyens « sous-informés » et « mal formés », ainsi qu'aux nations économiquement faibles. Ces nouveaux acteurs exercent une influence croissante sur le système éducatif, local et mondial, comme nous l'avons déjà indiqué.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Outre leur activité traditionnelle de fournir du matériel éducatif pour les établissements scolaires, les entreprises « fournissent maintenant gratuitement livres et cassettes, vidéos et programmes informatiques aux écoles publiques et privées, assurant ainsi un " service public " en ces temps de restrictions budgétaires ». Ces produits ne sont pas toujours gratuits, comme l'écrit Jerry Mander, ils sont souvent vendus aux étudiants. Par ailleurs les entreprises occupent de plus en plus le rôle de conseiller d'orientation scolaire : elles fournissent l'information et orientent généralement l'étudiant vers des formations managériales, technico-scientifiques considérées comme des filières à débouché. En conséquence, l'aspect socio-psycho-pédagogique d'une orientation disparaît au profit de la seule donnée économique.&lt;br /&gt;. Les Salons de l'Étudiant organisés en France par des entreprises, et de grandes multinationales comme Vivendi, s'inscrivent désormais dans cette nouvelle mission que le secteur privé « entend » assumer : l'égalité de tous devant l'information. Le directeur du magazine L'Étudiant, monsieur Brunei, affirmait que l'égalité des chances dans l'éducation passe par l'égalité des chances devant l'information. Sa mission consiste à « rendre service à l'étudiant en lui donnant plus d'accès à l'information ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'une manière générale, « Les firmes transnationales ont aussi fait main basse sur des services de base - soins médicaux et éducation...- dont l'État avait la charge dans la plupart des pays (...) Aux&lt;br /&gt;États-Unis (...) des firmes telles que Coca-Cola, Pepsi, MacDonald's, Burger King et Procter &amp; Gamble participent directement à la conception des programmes tout en exhibant leur marque commerciale et en organisant des promotions publicitaires pour amener les jeunes à se couler dans le moule. » Ainsi les Marchands décident non seulement de vendre la formation et l'éducation, mais ils se transforment en maîtres qui peuvent concevoir un contenu éducatif et l'enseigner. Ce double statut des entreprises est préoccupant, car une inconnue reste à élucider. Que deviendra l'éducation soumise à la théorie du marché ? II est trop tôt pour mesurer l'impact réel des changements en cours. Pour le moment tout discours n'est que conjecture. Tout au plus peut-on par analogie aux critères de fonctionnement d'une entreprise analyser les avantages et les dangers inhérents à une école gérée comme une entreprise. À ce propos il convient de rappeler les « sept règles de conduite de l'entreprise » telles qu'elles sont définies par Jerry Mander dans Le Procès de la mondialisation : l'impératif de profit, l'impératif de croissance, l'amoralité, l'impératif de quantification et de segmentation, le caractère d'intemporalité et de mobilité, l'opposition à la nature, l'homogénéisation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le cas de la France l'une des stratégies de résistance aux menaces d'hégémonie de l'entreprise sur le monde éducatif est représentée par les choix politiques en matière d'intégration des nouvelles technologies à l'école publique. Cette option apparaît clairement dans le discours officiel du ministre de l'Éducation nationale, Jack Lang, lors de la 22ème Université d'Été de la communication, le 20 août 2001, à Hourtin. On peut dégager de cette communication plusieurs idées force :&lt;br /&gt;- réduire la « fracture numérique » en favorisant l'égalité d'accès aux technologies de l'information;&lt;br /&gt;- actualiser les savoirs afin de ne pas être dépassé par les mutations économiques et technologiques : « J'ai toujours pensé qu'il valait mieux s'emparer des innovations technologiques plutôt que d'être gouverné par elles » ;&lt;br /&gt;- faire de l'école un rempart contre la logique marchande : « Je veux parler de l'importance que représentent l'éducation et la formation face aux logiques marchandes et financières de grands groupes qui veulent imposer leur loi » ;&lt;br /&gt;- confirmer le rôle de l'enseignant, élément fondamental et irremplaçable : « le maître restera le pilier de notre éducation car lui seul sera capable de mettre les informations en perspective, de les soumettre à l'esprit critique. Le maître est donc irremplaçable ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En somme, l'intervention volontariste de l'État pour contrôler le devenir du système éducatif semble constituer une réponse face aux dérives possibles de la marchandisation de l'éducation. Toutefois on peut se demander jusqu'où s'arrête l'aspect égalitaire et « philanthropique » de la politique éducative de l'État, notamment en France. Dans le cas de l'Afrique, l'État français, à travers ses institutions de coopération culturelle et d'éducation, ne jouerait-il pas un rôle semblable à celui joué par des firmes transnationales et organismes financiers internationaux ?&lt;br /&gt;ENJEUX ET PRÉGNANCE DES NOUVELLES FORMES ÉDUCATIVES EN AFRIQUE&lt;br /&gt;En Afrique on en distingue au moins deux types : les « entreprises de formation » imposées et gérées directement par des acteurs étrangers et internationaux ; les entreprises créées par des acteurs nationaux, parfois sous l'égide de la Banque mondiale, de l'UNESCO, ou des pays Occidentaux tel que la France. L’exemple pris au Togo est palpant pour mieux éclairer le fonctionnement de ce dispositif. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;LA MARCHANDISATION DE L'ÉDUCATION EN AFRIQUE &lt;/strong&gt;: UN HÉRITAGE COLONIAL&lt;br /&gt;Le système éducatif africain pérennise en quelque sorte le système scolaire hérité de la colonisation occidentale, tant au niveau des programmes que des structures. Or ce qui caractérisait l'enseignement dans les colonies, c'est qu'il était conçu pour satisfaire les besoins des entreprises et fournir des cadres à l'administration coloniale. N'est-ce pas, en partie, cette forme d'instrumentalisation que l'opinion occidentale dénonce aujourd'hui dans la marchandisation de l'éducation : éduquer pour les besoins de la consommation ? En outre l'enseignement colonial tendait à dévaluer tout l'environnement traditionnel : coutumes, rites, rituels, valeurs, langues locales, etc. ; ceci contribuant à long terme, à détruire les solidarités communautaires et à développer l'individualisme nécessaire à la réussite, ainsi que l'esprit de compétition par rapport au marché du travail. II est inutile de préciser que cet esprit est reproduit, depuis les indépendances, par les élites africaines elles-mêmes. L'école devient lieu de pouvoir et lieu de passage vers le pouvoir.&lt;br /&gt;Hormis ce contexte particulier de l'émergence du système éducatif qui marque, la première crise de l'éducation en Afrique, on constate que les mutations dues à la crise de 1974 n'ont pas affecté uniquement l'Occident, compte tenu de l'interdépendance des économies nationales. L'éducation scolaire en Afrique est dès le départ conditionnée par le marché. Hier comme aujourd'hui, le choix du marché attire les apprenants vers les secteurs rémunérateurs, qui ne sont pas forcément les secteurs producteurs. Mais nous relevons une autre crise, de caractère politique, qui bouleverse le paysage éducatif africain. Elle date des années 1990, période marquée par la chute des États-providence en Afrique, par une série de privatisations, ainsi que par le phénomène de déréglementation observée dans la plupart des secteurs de la société. La déréglementation du système éducatif a favorisé l'éclosion d'une multitude d'écoles privées fournissant une formation depuis la maternelle jusqu'à l'enseignement supérieur. L'éducation est perçue et traitée comme un secteur producteur et comme une entreprise apportant des solutions à la crise économique, au chômage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En considérant le cas du Togo, nous pouvons remarquer que les programmes d'enseignement, à quelques nuances près, sont identiques aux programmes d'enseignement en France ou en Grande-Bretagne. En outre la plupart des élites togolaises, africaines en général, sont formées dans des écoles occidentales ou par des occidentaux envoyés comme coopérants depuis les années 1970 jusqu'aux années 1980-90, Par ailleurs, la légitimation et la reconnaissance des compétences et des diplômes sont assurées par des instances étrangères. C'est en France que certains enseignants-chercheurs togolais viennent préparer et passer leur doctorat d'État et leur agrégation. Si nous prenons la mondialisation de l'éducation dans le sens de transnationalisation, nous remarquons aussi que l'Afrique connaît ce phénomène depuis longtemps, à travers la transnationalisation de son élite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En résumé l'Afrique vit la mondialisation et la marchandisation de son éducation depuis toujours. Par rapport au contexte actuel, elle se situe donc dans une continuité et non dans une nouveauté. Mais à la différence de la première colonisation, la « nouvelle » est réalisée non pas par des États mais par les firmes transnationales, par des organismes financiers qui tiennent sous leur tutelle les économies nationales. II faut souligner ici le rôle du FMI-Banque mondiale. Cela signifie que d'une certaine façon, tous les peuples du monde sont « logés à la même enseigne. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;LE MARCHÉ ÉDUCATIF AFRICAIN : UNE BRADERIE DE MARQUES&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;L'éducation en Afrique est confrontée à diverses types de problèmes : mimétisme de la consommation à l'égard de l'Occident, faiblesse du taux de scolarisation, politiques éducatives insuffisantes, crise politico-économique, absence d'infrastructures éducatives, effectifs pléthoriques, recherche scientifique défaillante, sans parler de la pression des institutions économiques du Nord. On constate sur le marché africain la présence de produits éducatifs identiques mais concurrents. Plusieurs acteurs, en général idéologiques et financiers, prennent d'assaut le marché éducatif africain au nom de la solidarité internationale. II s'ensuit une première implication que l'on définira comme une volonté d'uniformisation de l'enseignement. Ensuite, la tendance actuelle est d'imposer la logique économiste comme unique voie de survie pour toute société. Pour le moment ce processus ne suscite aucune forme de résistance, ni de la part des États fragilisés ni de la part des acteurs éducatifs locaux précarisés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous ne proposons pas une étude exhaustive des différents acteurs qui se partagent ce marché. Nous nous contenterons d'en évoquer les principales figures, et nous verrons comment l'idéologie de certains acteurs influence désormais les nouvelles stratégies éducatives. Ces « nouveaux » acteurs interviennent essentiellement dans le cadre de la formation à distance ; c'est le cas de la coopération française (avec le projet Réseau Africain de Formation à Distance), Agence Universitaire Francophone (avec le programme d'Université Virtuelle Francophone), la Banque mondiale (Programme d'Université Virtuelle Africaine ; programme WorLD qui permet d'établir des communautés éducatives en ligne pour les élèves et les enseignants du cycle secondaire, d'étendre les possibilités d'apprentissage à distance et de former les enseignants à l'intégration des technologies de l'information et de la communication dans leur enseignement). L'un des points communs caractérisant l'action de ces organisations est qu'elles prétendent pallier les carences du système éducatif africain, en proposant notamment la solution de l'éducation à distance. II suffit de considérer quelques objectifs de la Banque mondiale à travers l'UVA : améliorer la qualité de l'éducation, faciliter l'accès aux ressources éducatives mondiales, combler l'écart numérique, former des ingénieurs et des techniciens spécialisés dans le but d'attirer les capitaux et les investissements, réduire la fuite des cerveaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;II est intéressant de remarquer que, pour « pallier les défaillances du système éducatif des pays africains » la Banques mondiale fait appel à un système extérieur qui va former les Africains. Les concepteurs de programmes (Universités émettrices) sont en majorité des « pays du Nord » : Europe, Canada, et en grande partie les États-Unis. Ces universités fournissent presque la totalité du contenu des sites de l'UVA. La Banque mondiale, lorsqu'elle lance son projet d'Université virtuelle africaine ne fait que promouvoir l'utilisation des NTIC en Afrique comme substitut à des techniques existantes, supposées beaucoup plus coûteuses. D'une façon générale l'UVA s'inscrit dans l'esprit libéral : la formation ne dépend plus de l'État ni d'institutions pédagogiques traditionnellement reconnues, mais de l'économie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans cette logique de la Banque mondiale, les partenaires africains constituent de simples gestionnaires. Ils ne jouent aucun rôle dans la définition des orientations ni dans l'élaboration de contenus pédagogiques. La plupart des équipes des UVA locales sont composées de techniciens, de réceptionnistes, de secrétaires, et de quelques responsables d'études qu'on pourrait appeler des surveillants : rôle parfois confié à des étudiants de l'UVA.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant à la formation, elle est essentiellement scientifico-managériale. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les programmes de formation ne sont pas forcément élaborés en fonction des réalités du pays récepteur. II est parfois un prétexte : on est surpris de constater que certains cours de langue destinés aux Africains véhiculent un contenu sur l'histoire et l'instruction civique américaines. Par exemple l'étudiant africain est obligé de se familiariser « avec les personnages de "Anywhere USA" (Partout aux États-Unis) » avant d'appliquer ce qu'il sait « à "Anywhere Africa" (Partout en Afrique) ». Ce détour par analogie est-il incontournable ? Est-il neutre ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant malgré les inquiétudes et les interrogations qu'il soulève, le phénomène de l'enseignement à distance révèle les avancées indéniables :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Cette formation, qui semble plus libre et plus démocratique, offre indiscutablement de nouvelles possibilités aux apprenants qui ne sont plus obligés d'être présents en permanence en un seul lieu d'apprentissage. Autrement dit la spatialisation du savoir a changé. L'apprenant peut se former en dehors du cadre institutionnel traditionnel.&lt;br /&gt;- L'enseignement à distance propose aujourd'hui des « formations à la carte ». II s'ensuit une certaine clientélisation des apprenants, qui sont comme des cibles du marché de l'éducation qui se met en place. Cela donne paradoxalement plus d'autonomie, d'autodétermination et constitue une chance pour l'autodidacte. On peut parler effectivement d'une « libéralisation » de l'éducation non seulement au sens économique du terme mais aussi au sens où l'entendait Ivan Illich (Une société sans école, 1970) : choisir la formation que l'on désire, y accéder quand on veut/ peut, du lieu où on veut, que ce soit dans le cadre d'autoformation ou dans le cadre d'une formation encadrée.&lt;br /&gt;- L'éducation en ligne ou par satellite permet de mettre en contact des écoles que tout sépare et dont les étudiants n'avaient aucune chance de se rencontrer et d'échanger. Des étudiants au Bénin peuvent communiquer avec ceux de Washington, ou ceux de Kenya avec ceux du Ghana par exemple.&lt;br /&gt;- En ce qui concerne le lien entre formation à distance et développement économique, on peut émettre un doute pour les raisons suivantes. D'une part le choix des formations proposées est guidé par le souci de produire des cadres avant tout pour le marché, d'où la prépondérance des filières touchant essentiellement le monde des affaires, les finances, les nouvelles technologies. D'autre part les domaines de formation classés comme prioritaires ne correspondent pas forcément à la réalité du marché local.&lt;br /&gt;- Quant à l'objectif qui vise à réduire la fuite des cerveaux, il est d'une efficacité relative, car le monde du travail se mondialise lui aussi. Grâce à l'Internet un ingénieur peut envoyer son curriculum dans le monde entier. En outre la dimension économique ne constitue pas l'unique cause explicative de ce phénomène.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour finir il faut souligner que la logique du marché exerce un impact indiscutable sur la plupart des initiatives en matière d'éducation, en l'occurrence en Afrique. Prenons l'exemple de l'Institut de Formation Technique Supérieur (IFTS) au Togo. Cet institut représente l'exemple type de transnationalisation et de marchandisation de l'éducation. Notons en passant la diversité des nationalités des intervenants : ils sont originaires du Bénin (École Nationale Supérieure d'Ingénieurs, Faculté des Sciences, IUT de Gestion...), du Sénégal (École Supérieure Polytechnique de Dakar), de France (Institut Universitaire de Technologies d'Evry-Val d'Essone).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En outre, le programme de présentation de l'IFTS spécifie que : « L'IFTS est enfin la traduction dans les faits d'une recommandation de la Banque mondiale: la priorité de l'enseignement supérieur en Afrique aujourd'hui doit être la professionnalisation et le développement des filières courtes de type BAC + 2. L'IFTS est d'abord une réponse à la nécessité de renforcer l'action de l'État en matière de formation professionnelle par des initiatives privées afin de mettre sur le marché un plus grand nombre de cadres utilisables directement par les entreprises et les industries. L'IFTS est aussi une réponse au besoin de plus en plus croissant en qualification technique supérieure que manifestent des titulaires du baccalauréat technique ou scientifique. Le nombre des demandes d'entrée à l'École Nationale Supérieure d'Ingénieurs (ENSI) ces dernières années en est un témoignage éloquent».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons choisi de nous arrêter sur quatre aspects significatifs de ce texte de présentation de l'IFTS. Nous constatons tout d'abord que cet institut n'émane pas de l'État togolais, mais est directement issu des initiatives de la Banque mondiale. Conformément à la logique et aux directives de ce puissant organisme, l'IFTS privilégie les filières courtes. Un tel choix a pour conséquence, à long terme, d'appauvrir le pays en cadres supérieurs, et contribue indirectement à une dépendance vis-à-vis de la coopération étrangère en matière d'« experts ». D'autre part,, la mission que l'IFTS revendique est de pallier les insuffisances de l'Etat dans le domaine de la formation professionnelle, et de fournir la main-d'oeuvre qualifiée pour les entreprises et les industries. Nous voyons à travers cet exemple éloquent comment un organisme consacré à la formation fonctionne prioritairement selon les besoins du marché. II est à noter que la puissance financière représentée par la Banque mondiale confère à de telles politiques une puissance quasi mythique dans les pays à économie fragilisée et aux infrastructures éducatives précaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;1. Serge Latouche, « La mondialisation démystifiée » in Le Procès de la Mondialisation, p. 7-26.&lt;br /&gt;2. Serge Latouche, op. cit., p. 16.&lt;br /&gt;3. Edward Goldsmith, Le Procès de la mondialisation, op, cit., p. 21-22.&lt;br /&gt;4. Jerry Mander, « Le code conduite de l'entreprise » in Le Procès de la Mondialisation, p. 152.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;5. Jerry Mander, op. cit., p. 143-144.&lt;br /&gt;6. Ibid., p. 152-163.&lt;br /&gt;7. Jacques Demorgon, in L'interculturation du monde, Paris, Éditions Anthropos/Economica, 2000, 168 p.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/15674932-112478542786237128?l=oumarkeita.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/15674932/posts/default/112478542786237128'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/15674932/posts/default/112478542786237128'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://oumarkeita.blogspot.com/2005/08/quelle-universit-pour-lafrique.html' title='Quelle université pour l&apos;Afrique?'/><author><name>keita</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14106130989484743521</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-15674932.post-112478469308428080</id><published>2005-08-23T01:07:00.000-07:00</published><updated>2005-09-07T07:45:52.033-07:00</updated><title type='text'>L'étranger: C'est l'autre dans toute sa scandaleuse différence!</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/4105/1458/1600/photo2.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/4105/1458/320/photo2.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;L’attitude la plus naïve, mais aussi la plus répandue, consiste purement et simplement  à rejeter l'étranger. II est l'autre dans toute sa différence culturelle, différence qui est perçue comme une atteinte à sa propre identité. Sans doute, certains voudront rétorquer à cela que les sociétés occidentales ont accompli un très grand effort afin " d'intégrer " les populations étrangères venues des pays du Sud, en mettant en place des politiques dites " d'intégration ". Toutefois, on peut se demander si ces politiques sont la preuve d'une réelle ouverture d'esprit qui viserait à accepter la diversité des cultures ou si elles sont en fait des moyens d'uniformiser les populations, de niveler les différences culturelles et d'imposer insidieusement le modèle de vie occidental ? II est vrai que : " loin de rester enfermées en elles-mêmes, toutes les civilisations reconnaissent, l'une après l'autre, la supériorité de l'une d'entre elles, qui est la civilisation occidentale " [Claude Lévi Strauss, Races et Histoires, Gonthier, Paris, 1971, page 51]. Au fond, profitant d'une certaine suprématie, l'attitude des sociétés occidentales face aux étrangers n'est-elle pas de " supprimer " la diversité des cultures tout en feignant de la reconnaître pleinement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1- La peur de l'étranger stigmatisée dans la figure de l'immigré&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Lorsque l'on se penche sur l'attitude actuelle des sociétés occidentales vis-à-vis des étrangers, on ne peut s'empêcher de constater une certaine ambiguïté. &lt;br /&gt;Désormais, l'étranger n'est plus celui qui est de passage dans un lieu, mais l'immigré installé, souvent de manière définitive dans ces sociétés, pour y trouver un emploi et faire venir sa famille ou en fonder une sur place. Ces sociétés laissent paraître une volonté de tolérance, d'acceptation de la diversité culturelle en mettant en avant les notions de " droits de l'homme ", " d'égalité des chances d'accès au savoir par la scolarisation " etc. Par ailleurs, dans certains pays comme la France, des mesures telles que le changement de nationalité pour les étrangers semblent vouloir favoriser leur adaptation au sein de la société d'accueil. Cependant, ces sociétés véhiculent, parallèlement, un autre discours qui montre l'immigré, parce qu'il est étranger, comme perturbateur de l'ordre social. Sa différence culturelle devient un frein à son " intégration " dans la société d'accueil. Cette présence d'immigré est dénoncée comme une source de trouble à l'ordre public.&lt;br /&gt;A regarder de plus près, ce discours contradictoire ne s'adresse pas à tous les immigrés. La figure de l'immigré inquiète, d'autant plus que les formes culturelles, morales, religieuses, sociales et esthétiques qu'il véhicule sont éloignées de celles auxquelles s'identifie la société d'accueil. Face à des situations de confrontations culturelles, l'individu est souvent amené à avoir des réactions grossières qui traduisent cette répulsion en présence de manière de vivre, de croire ou de penser qui lui sont étrangères. Derrière cette contradiction ne se cacherait-il pas la peur de l'étranger dans toute sa différence culturelle ? En France, par exemple, ce sont essentiellement les populations du Maghreb et d'Afrique noire qui doivent faire face à une xénophobie ambiante. Elles sont à la fois la proie des idéologies racistes et des politiques dites d'intégration. Ces immigrés dérangent par leur apparence physique qui présente tous les signes de leur statut d'étranger (la négritude par exemple) et ils possèdent en outre leurs propres règles culturelles et sociales de fonctionnement qui se distinguent de celles de la société française. Aussi, les idéologies racistes cherchent-elles à les exclure de la société d'accueil, tandis que les politiques d'intégration tentent de faire disparaître la différence culturelle par l'assimilation forcée aux règles sociales et culturelles de la nation d'accueil. A aucun moment, l'immigré n'est reconnu dans sa différence culturelle et donc dans son individualité propre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;2- Les paradoxes de l'altérité&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;En définitive, une réflexion sur le statut d'étranger renvoie immanquablement à la position de l'individu face à l'altérité. II nous semble que la relation entre l'étranger et l'autochtone se situe rarement sous le signe de la réciprocité de l'échange, surtout lorsque la société d'accueil appartient au monde occidental. Généralement venus de pays pauvres, beaucoup d'individus émigrent vers les sociétés occidentales pour obtenir de fa richesse. Ces hommes savent qu'ils sont en position de demande et se placent d'emblée en situation d'infériorité. L'étranger, devenu immigré, est prêt à encaisser les pires humiliations tout en caressant le doux rêve de retourner un jour le pays natal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le phénomène de l'immigration, le paradoxe est entretenu par l'immigré lui-même qui a besoin de se convaincre que sa condition est provisoire face à une société d'accueil hostile à son égard, mais aussi par la communauté d'origine qui feint de considérer ses émigrés comme de simples absents, et enfin la société d'accueil qui accorde un statut provisoire à l'immigré tout en prônant une politique d'intégration.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/15674932-112478469308428080?l=oumarkeita.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/15674932/posts/default/112478469308428080'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/15674932/posts/default/112478469308428080'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://oumarkeita.blogspot.com/2005/08/ltranger-cest-lautre-dans-toute-sa.html' title='L&apos;étranger: C&apos;est l&apos;autre dans toute sa scandaleuse différence!'/><author><name>keita</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14106130989484743521</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-15674932.post-112478442513233535</id><published>2005-08-23T01:01:00.000-07:00</published><updated>2005-08-23T01:07:05.140-07:00</updated><title type='text'>L'étranger: quel étrange paradoxe!</title><content type='html'>L’Europe, l'Union, l' Euro, tous unis, plus de frontières, Liberté, Egalité,&lt;br /&gt;Fraternité... Et pourtant, la société dans laquelle nous vivons est confrontée à un véritable paradoxe. Alors qu'Espagnols, Britanniques et Italiens sont reçus à bras ouverts chez leurs voisins européens, en France certains individus éprouvent le désir de chasser de leur pays d'accueil les hommes et les femmes en provenance de frontières extra-européennes, ciblant plus spécifiquement leur frustration sur les populations maghrébines et africaines. S'agit-il d'un racisme direct contre l'étranger ou plutôt d'une maladroite excuse pour justifier une situation de crise ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;II y a seulement un demi-siècle, on connaissait en Europe des mouvements xénophobes issus des régimes dictatoriaux les plus forts : l'Allemagne, pays alors en crise et dirigée par les nazis trouvait un bouc-émissaire à cette situation en la personne des Juifs ; Juifs allemands dans un premier temps, puis autrichiens, polonais, russes et français une fois les frontières franchies par ses armées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui, la France se trouve en crise : la persistance d'un taux de chômage élevé, l'évolution complexe de certains secteurs comme l'agriculture liée aux exigences économiques de la Communauté européenne, le développement de la violence dans le milieu scolaire, l’antisémitisme, les banlieues de plus en plus chaudes et marginalisées. On se croit souvent obligé de trouver une cause facile, une raison à portée de main à cette situation étrangère à la France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme cela avait été le cas en Allemagne où l'on n'avait pas trop chercher à réfléchir, en France, on ne fouille pas dans les données économiques, politiques ou historiques, mais on choisit une proie facile qui devient alors un exutoire. De là des phrases anodines teintées de racisme témoignent de la réalité cosmopolite de la France dans les discussions de tous les jours : " c'est un arabe qui a brûlé (a voiture ; c'est un black qui lui a enlevé des mains le boulot ; ce sont les Espagnols qui vendent trop de fraises, il y a trop d’arabes et de noirs dans ce lycée... ".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant à l'aube du prochain siècle, chaque pays cherche à s'ouvrir encore plus envers ses voisins par la création d'emplois à l'étranger; la multiplication des échanges culturels, économiques et universitaires aussi bien dans l'espace par les déplacements des individus devenus fréquents et banalisés, que dans le temps par l'explosion de la communication informatique et la vulgarisation du système Internet.&lt;br /&gt;De nos jours, un sentiment réactionnaire de rejet de l'étranger resurgit dans l'Europe occidentale. Autrefois, l'avènement de l' Etat Nation avait provoqué des réactions régionalistes tels que les basques et les catalans en Espagne, les corses en France et aujourd'hui la mondialisation provoque la naissance de mouvements politiques ultra nationalistes.&lt;br /&gt;Que voulons nous refouler ? De qui voulons-nous nous débarrasser ?&lt;br /&gt;Des étrangers, parait-il ? Mais, qu'est-ce qu'un étranger ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si nous remontons à l'origine du mot, nous nous apercevons que ce terme a souvent une connotation négative. Provenant de : extraconjugal, qui n'est pas de la famille ou du pays, il prend le sens de " ennemi " au 17ème siècle. De nos jours, le mot étranger peut s'employer, entre autre, pour désigner un intrus, quelqu'un ignorant un sujet, quelqu'un d'insensible.&lt;br /&gt;II faut aussi signaler que nous remplaçons souvent et maladroitement le terme " étranger " par celui de " immigré " ou de " fils d'immigré ".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'autre part, l'étranger peut, comme dans le roman de Camus, être la personne qui ne rentre pas dans les lois de notre société, qui ne s'adapte pas à l'hypocrisie de celle-ci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, qui parmi nous n'est pas étranger ! En regardant autour de nous, nous constatons que nous provenons le plus souvent d'un autre pays, que nous essayons tant bien que mal de tourner le dos à la société de consommation et que lorsque nous ignorons quelque chose nous devenons à notre tour étrangers à ce sujet. Les pays sont peuplés d'êtres humains d'ici et d'ailleurs, qui s'enrichissent réciproquement de leurs diverses cultures. Grâce à ce " melting-pot " qui a toujours existé, nous avons la chance de connaître d'autres coutumes, de joindre d'autres musiques à la nôtre, d'autres saveurs, d'autres écritures, d'autres sensibilités artistiques...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Montrer du doigt un bouc-émissaire n'est qu'une fausse accusation. Le refus d'affronter les véritables problèmes et l'oubli de se regarder en face nous rend comme des étrangers qui s'ignorent à part entière.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/15674932-112478442513233535?l=oumarkeita.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/15674932/posts/default/112478442513233535'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/15674932/posts/default/112478442513233535'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://oumarkeita.blogspot.com/2005/08/ltranger-quel-trange-paradoxe.html' title='L&apos;étranger: quel étrange paradoxe!'/><author><name>keita</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14106130989484743521</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-15674932.post-112478274461635597</id><published>2005-08-23T00:37:00.000-07:00</published><updated>2005-09-05T02:30:55.460-07:00</updated><title type='text'>Les sciences sociales en Afrique</title><content type='html'>&lt;strong&gt;Les sciences sociales en Afrique subsaharienne&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Vue d'ensemble&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les sciences sociales en Afrique subsaharienne ont été, comme chacun sait, profondément touchées par l'instabilité, la répression politique et des difficultés économiques débilitantes. Les universités publiques en particulier, qui, traditionnellement, contrôlent la recherche et la formation, fonctionnent aujourd'hui au ralenti en raison du manque de ressources, des interventions du gouvernement et de la fuite des cerveaux. Un grand nombre de spécialistes africains de renom en sciences sociales, dont la plupart ont suivi une formation à l'étranger grâce à des programmes de formation de compétences financés par des donateurs, se sont installés à l'extérieur de cette région pour échapper aux mauvaises conditions de travail, à l'appauvrissement ainsi qu'à l'hostilité des régimes en place. Pour survivre, les quelques spécialistes qui restent doivent soit abandonner totalement leurs activités de recherche et d'enseignement, soit combiner leurs travaux universitaires avec d'autres activités génératrices de revenus. Certaines de ces activités relèvent de la recherche, mais sont souvent des activités appliquées effectuées sous contrat avec le gouvernement ou les agences donatrices. Pour finir, la plupart des chercheurs travaillant en Afrique, et plus particulièrement les jeunes chercheurs, sont coupés à la fois des travaux de leurs collègues dans la région et de ceux de la communauté scientifique internationale. Cela est dû, en partie, à l'absence de revues et d'ouvrages spécialisés, à une technologie de communication limitée et à d'importantes barrières linguistiques (surtout entre les zones anglophones et francophones).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La situation étant plutôt sombre en Afrique à l'heure actuelle, il semble tout à fait remarquable que des recherches puissent encore y être effectuées dans le domaine des sciences sociales, et que certaines d'entre elles s'avèrent de très grande qualité. II se trouve que les conditions structurales générales n'ont pas nécessairement décidé du sort des sciences sociales africaines. Même dans des pays confrontés à un grave déclin économique et à un climat politique menaçant, comme, par exemple, le Nigeria (nation la plus peuplée d'Afrique, avec une tradition de débats intellectuels ouverts, qui s'est maintenue même sous les régimes autoritaires les plus sévères), certains chercheurs indépendants poursuivent des recherches intensives et continuent à publier leurs travaux. En outre, au cours des années 90, des changements politiques sont intervenus qui pourraient s'avérer bénéfiques pour les sciences sociales. La fin de l'apartheid en Afrique du Sud constitue bien évidemment un des changements les plus spectaculaires. Elle a contribué à créer un nouvel espace pour les échanges intellectuels et la diversification de la communauté scientifique. II se peut, en effet, que l'Afrique du Sud devienne un grand centre régional de formation dans une variété de domaines, y compris celui des sciences sociales. Dans d'autres pays, la solution des anciens conflits (comme au Mozambique, en Éthiopie et en Érythrée~ ainsi que la libéralisation et la démocratisation des différents régimes ont également ouvert la porte à de nouveaux projets de recherche, sans qu'y soit nécessairement attachée la crainte d'une interférence ou d'un harcèlement de la part de l'État. Même si ces avancées, étant donné leur nature précaire et la persistance de la crise économique, n'ont pas résolu le problème de la fuite des cerveaux, les chercheurs peuvent maintenant, dans plusieurs parties du continent, nourrir quelques espoirs de s'établir dans leur pays pour y exercer une profession à laquelle ils ont été formés. Dans d'autres pays, bien sûr, où les conditions n'ont fait qu'empirer et où la sécurité même des individus est quotidiennement menacée, le statut des sciences sociales est écrasé par le poids du contexte global.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En réponse à ces contraintes structurales, on voit apparaître, depuis les années 80, un certain nombre d'innovations en matière d'organisation, que ce soit à l'échelle nationale, régionale ou continentale, visant à compléter (et souvent à se substituer à) un système universitaire défaillant. Une des organisations les plus importantes à cet égard est le CODESRIA (Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique), organisation panafricaine qui, à travers une série d'initiatives telles que des bourses de recherche, des rencontres, des publications, des ateliers de mise en réseau et de formation, a préservé et étendu les possibilités de reproduction des communautés scientifiques. Une gamme de réseaux de recherche, établis entre plusieurs pays africains et consacrés à des disciplines ou à des thèmes spécifiques; ont également vu le jour ces dernières années. Ces réseaux ont pour but d'encourager la formation de compétences, la recherche et la professionnalisation. Certains de ces réseaux ont déjà considérablement avancé vers la réalisation de leurs objectifs, en particulier dans les domaines bénéficiant d'un soutien financier solide et dans lesquels la théorie et la méthode de travail font l'objet d'un consensus parmi les participants. L'AERC (Consortium africain pour la recherche en économie) fait partie de cette catégorie de réseaux. Après avoir aidé à revitaliser l'étude de la macro-économie, le consortium gère aujourd'hui un programme de maîtrise reliant entre elles dix-huit universités ainsi que plusieurs réseaux dans le domaine de l'agriculture qui établissent un pont entre les sciences sociales et les sciences naturelles appliquées. Plus récemment, des instituts de recherche indépendants, consacrés à la réforme des institutions politiques et économiques, ont été fondés, souvent avec le soutien de la Banque mondiale, et contribuent activement au débat politique. Certaines organisations non gouvernementales (ONG) locales ont commencé des recherches dans des domaines tels que la santé, les droits de l'homme, l'égalité des sexes, l'éducation et la démographie. II en résulte une grande diversification des organismes impliqués dans la recherche en sciences sociales ainsi que des publics concernés.&lt;br /&gt;Grâce à ces innovations, ainsi qu'à d'autres initiatives, les chercheurs africains tentent d'établir davantage de liens avec la communauté scientifique internationale. Ils collaborent ainsi à des projets de recherche, participent à des échanges et à des programmes de formation et prennent part à un certain nombre d'autres mécanismes informels. Des liens de diverses natures ont déjà été établis avec des organismes et des chercheurs en Europe, en Amérique du Nord et dans d'autres régions du globe, même s'il ressort clairement que ces liens sont plus souvent dans le sens Nord-Sud que Sud-Nord. À l'heure actuelle, cependant, seul un pourcentage relativement faible de chercheurs du continent sont impliqués dans de tels programmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré l'utilité de ces programmes de collaboration, leurs priorités sont trop souvent déterminées par celles des organismes extérieurs et des donateurs qui subventionnent les échanges. De plus, la plupart de ces échanges se font avec des organisations spécialisées dans l'étude de l'Afrique situées en dehors de la région. Nombre de chercheurs africains ressentent donc une certaine insatisfaction à être ainsi isolés des réseaux couvrant les thèmes les plus importants des sciences sociales (tels que la démocratisation, la réforme économique, la culture populaire), dans une perspective comparative. En matière de liens, de publications et de résultats de recherches, les spécialistes africains sont ainsi coupés du travail des spécialistes étudiant des phénomènes voisins dans d'autres parties du monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certaines questions ont été soulevées à propos des récentes innovations organisationnelles. Est-ce que le fait que l'on s'intéresse plus particulièrement (et que l'on apporte son soutien) à des domaines politiquement prioritaires marginalise d'autres disciplines ou sujets d'étude des sciences sociales, et donc, a fortiori, des sciences humaines? Réciproquement, est-ce que la diversité, le fait de « laisser mille fleurs s'épanouir », pose des problèmes et empêche d'établir des priorités, surtout lorsque les ressources sont rares? De façon plus générale, les réseaux de recherche et les instituts indépendants sont ils, dans la pratique, impliqués dans une relation à somme nulle avec les universités, étouffant à long terme toute chance de réhabilitation de ces dernières? Comment intervenir pour assurer cette réhabilitation? L'internationalisation des échanges a-t-elle créé un système à deux niveaux, dans lequel une minorité de chercheurs est plus étroitement liée et donc plus encline à dialoguer avec la communauté internationale qu'avec leurs propres collègues et leur propre société? Ce sont là des problèmes qui préoccupent à la fois les spécialistes africains et la communauté des donateurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;QUESTIONS DE FOND: THÈMES ET MÉTHODES &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Les principaux thèmes des sciences sociales en Afrique sont, et ce n'est pas une surprise, déterminés par les conditions existantes sur le continent. Ce sont les thèmes liés à l'économie politique qui prédominent, et plus particulièrement la réforme économique à travers les Programmes d'ajustement structurel (PAS), la démocratisation, la société civile et l'analyse des conflits. Parmi les domaines les plus appliqués de la recherche en sciences sociales, la santé, l'agriculture et les études de genre constituent également d'importants sujets de recherche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors que les problèmes liés à l'économie politique dominent l'ensemble des recherches effectuées par les spécialistes africains, d'importantes divisions sont apparues au cours des dix dernières années entre les chercheurs soutenant les réformes économiques et politiques sur le continent et les autres, qui critiquent ces processus, et plus particulièrement leur imposition par l'Occident. Bien que ces tensions aient toujours existé, elles ont pris une dimension nouvelle à la lumière de l'ouverture du paysage politique dans certains pays africains, des conflits civils dans d'autres et des divers effets des programmes de réforme économique. En sciences politiques et en sociologie, l'accent mis sur la classe sociale en tant que concept clé est aujourd'hui beaucoup moins prononcé, alors que, dans le sillage des changements politiques, sont apparus un certain nombre de thèmes nouveaux, dont des questions relatives aux projets constitutionnels. L'étude des conflits est passée d'une approche axée sur les luttes révolutionnaires à une analyse de l'ethnicité, de l'accès inégal aux ressources entre les différentes régions d'un même pays et du rôle des forces de maintien de la paix.&lt;br /&gt;Les études culturelles, qui allient certains aspects de l'anthropologie à des perspectives empruntées aux sciences humaines, sont devenues très populaires, en particulier chez les spécialistes francophones. Elles traitent des bases culturelles du pouvoir ainsi que de la culture populaire. Les transformations politiques survenues en Afrique du Sud ont orienté les programmes de recherche dans ce pays vers l'ensemble de ces préoccupations. Plus globalement, même si les chercheurs contemporains continuent à reconnaître l'héritage colonial, un mouvement centré sur les racines africaines des phénomènes sociaux s'est développé, qui remet totalement en cause la distinction entre extérieur et intérieur. Dans le même temps, les notions de néocolonialisme et de dépendance ont été redéfinies grâce aux études sur les PAS, sur les conditions politiques associées aux différents types d'aide, sur l'intervention dans les conflits, et sur l'impact de la culture et des médias occidentaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les types de recherche ainsi que leurs approches méthodologiques varient en fonction de l'environnement institutionnel dans lequel ils ont été produits et en fonction de la nature du financement. La recherche empirique guidée par la théorie prédomine dans les contextes de recherche fondamentale, mais également parmi les spécialistes travaillant dans les optiques plus critiques mentionnées ci-dessus. Ces approches entraînent l'utilisation d'une méthodologie plutôt qualitative, qu'elle soit ethnographique, historique ou discursive. Le travail empirique descriptif se retrouve plus communément dans la recherche appliquée, souvent entreprise avec l'aide de consultants et dont le but est d'établir un lien direct avec le politique. Ici, ce sont les méthodes quantitatives et statistiques qui sont communément utilisées, en particulier les enquêtes et la structuration statistique des résultats selon les Modèles statistiques pour les sciences sociales (SPSS). Bien entendu, les économistes s'appuient sur des mesures quantitatives, et ce quel que soit leur public (politique ou spécialiste). En outre, la plupart d'entre eux travaillent dans le domaine de la macro-économie. La micro-économie, quant à elle, avec les avantages qu'apporte sa méthodologie (comme la théorie des jeux et le choix rationnel), n'est que très peu présente dans la région, tant en sciences économiques que dans les autres disciplines des sciences sociales où elle a exercé une grande influence (par exemple, les sciences politiques et la sociologie). II s'agit cependant ici de généralisations puisque chaque chercheur utilise différentes méthodes de travail. Un même spécialiste peut ainsi utiliser une ou plusieurs approches, en fonction de son objectif et du contexte institutionnel d'un projet spécifique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;FORMATION&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;En ce qui concerne la formation, les universités restent le lieu privilégié de la formation en sciences sociales, surtout au niveau de la maîtrise. Bien que les statistiques manquent, une grande partie des doctorats se font à l'étranger, principalement en Europe et en Amérique du Nord, mais aussi en Asie du Sud et de l'Est. L'Afrique du Sud est, de plus, un centre névralgique important dans la formation des doctorants, et ce de façon croissante depuis le début des années 90. Certains réseaux de recherche offrent aussi des possibilités de formation sous forme de bourses ou d'ateliers. Le CODESRIA (Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique) est particulièrement actif dans ce domaine. Les étudiants titulaires d'une maîtrise travaillent souvent comme chercheurs associés à l'Université et dans des organismes indépendants, recevant une formation sur le tas tout en continuant leur doctorat dans leurs universités nationales ou en essayant d'obtenir une place dans un programme étranger de formation. Comme nous l'avons mentionné ci-dessus, l'AERC coordonne les programmes de maîtrise de sciences économiques dans plusieurs départements d'Afrique du Sud et de l'Est.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;RECHERCHE ET ENSEIGNEMENT&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Les principaux débouchés professionnels pour les chercheurs en sciences sociales restent les postes d'enseignants au sein des universités, ou encore des postes associés dans les instituts de recherche. De plus, de nombreux spécialistes allient recherche et enseignement à des contrats de consultant afin d'augmenter leurs revenus. Une tendance récente est de trouver du travail auprès d'organisations non gouvernementales (ONG), au sein desquelles les responsabilités varient selon les pays d'un poste de direction à celui de consultant ou de chercheur. D'autre part, dans de nombreux pays, les spécialistes des sciences sociales font carrière dans la fonction publique, ce qui la plupart du temps limite leurs activités de recherche. La fuite des cerveaux est également un problème constant puisque certains chercheurs africains, surtout ceux qui sont formés à l'étranger, décident de s'installer dans le pays où ils ont fait leurs études lorsque les conditions politiques et économiques rendent leur retour impossible ou peu souhaitable. Un des objectifs des sciences sociales en Afrique est donc de trouver un moyen de développer les contacts entre les spécialistes résidant à long terme à l'étranger et leurs collègues sur le continent. Dans de nombreux pays, il existe en outre de plus en plus de possibilités d'emplois extra-universitaires, grâce notamment au rôle plus important joué par les ONG et à l'apparition de groupes d'experts et d'instituts d'analyse politique et administrative. Cette situation est liée à un mélange de facteurs d'attraction et de répulsion, vu les salaires peu élevés et les mauvaises conditions qui caractérisent la plupart des universités publiques. L'influence des agences étrangères de développement représente, elle aussi, un facteur important puisqu'un grand nombre d'entre elles désirent trouver des partenaires sur place pour leurs projets de recherche. Même si la plupart des consultants travaillent à l'Université, ils passent dans la pratique une grande partie de leur temps à travailler sur ces projets, dont la rémunération est plus élevée. La sécurité d'emploi pour ces consultants est, par définition, précaire, puisqu'ils opèrent projet par projet. L'existence des centres de recherche extra-universitaires soulève également certaines questions et incertitudes quant à la durée des carrières, ces centres dépendant du niveau de soutien financier à terme des donateurs. La stratégie la plus utilisée est donc de conserver son poste à l'Université et de saisir d'autres occasions de travail lorsqu'elles se présentent. Enfin, en ce qui concerne l'autonomie des chercheurs, on peut observer plusieurs courants contradictoires. Dans les pays où des politiques plus libérales laissent dorénavant davantage de place à la liberté d'expression, les universités sont elles aussi plus libres et les chercheurs peuvent donc adopter des points de vue critiques sans crainte ni menace. Cependant, les agences de développement et les donateurs qui subventionnent certaines recherches ont leurs propres priorités et standardisent souvent les méthodes de recherche, que les chercheurs doivent suivre s'ils désirent y prendre part.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'enseignement constitue la principale responsabilité de beaucoup de chercheurs travaillant dans les universités. Étant donné les difficiles conditions de travail, le fait qu'autant de chercheurs en sciences sociales poursuivent leur tâche d'enseignant est une preuve de leur engagement. De plus, les charges d'enseignement se sont multipliées car le nombre d'inscriptions a augmenté dans presque toutes les universités. Dans certains endroits, des innovations ont été introduites. À l'université de Makerere, en Ouganda, par exemple, des cours du soir sont proposés à des étudiants qui paient pour étudier à mitemps, et constituent une nouvelle source de revenus pour le corps enseignant. Un phénomène que l'on peut observer dans certaines universités est l'émergence de deux groupes de chercheurs au sein d'un même établissement. Un premier groupe est constitué de spécialistes qui occupent des postes dans les départements universitaires et jouissent d'une relative sécurité d'emploi, mais qui sont limités dans leur temps de recherche par leur fonction d'enseignement. Les universités prennent en compte, pour cette catégorie de spécialistes, les publications et les travaux de recherche lorsqu'elles décident des promotions. Ici, la publication d'articles dans des revues internationales à comité de lecture est plus que souhaitable. Le deuxième groupe, quant à lui, est composé de spécialistes travaillant dans des centres de recherche installés sur le campus, mais qui n'exercent aucune activité d'enseignement. 11 peuvent percevoir des revenus plus élevés, mais leurs contrats de travail sont à durée déterminée et renouvelables, et leur sécurité d'emploi est donc plus précaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'aide institutionnelle pour la recherche en sciences sociales provient de sources à la fois internes et externes. Ainsi, les universités offrent un soutien de base sous forme d'une infrastructure et de bureaux, alors que de nombreux projets de recherche sont conduits avec l'assistance d'organismes donateurs. Les donateurs offrent également leur soutien à des bibliothèques, des archives et à la technologie informatique. Mais la disponibilité des ressources est largement dépassée par la demande, surtout lorsqu'il s'agit de recherche fondamentale, pour laquelle les chercheurs établissent eux-mêmes leur programme d'étude. De manière générale, l'aide offerte aux sciences naturelles appliquées est beaucoup plus importante que celle dont bénéficient les sciences sociales, les sciences humaines arrivant loin derrière en troisième position. Dans les pays où les organismes internationaux pour la santé ont investi dans la recherche contre le sida, par exemple, les crédits disponibles seront à coup sûr gigantesques par rapport au montant disponible pour les sciences sociales (l'économie mise à part). La recherche sur la santé et l'agriculture s'associent des spécialistes des sciences sociales et ces derniers ont tendance à jouer un rôle secondaire dans la plupart des autres projets de recherche. En conséquence, une grande partie de la recherche en sciences sociales est guidée par des objectifs politiques, même s'il s'agit là du résultat des conditions de financement de la recherche et non des décisions des chercheurs eux-mêmes. Beaucoup de spécialistes africains espèrent que leur travail jouera un rôle dans l'élaboration de politiques mais n'ont pas les moyens de structurer leur travail comme ils l'entendent. De plus, leur rôle dans la recherche appliquée se limite à recueillir des données, pendant que le personnel des agences qui les ont engagés pour la recherche effectue souvent lui-même les analyses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;COMMUNICATION ET PUBLICATION&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;L’ internet, et plus spécifiquement le courrier électronique, a grandement favorisé le développement de réseaux et la promotion de la communication entre les chercheurs africains dans le domaine des sciences sociales, mais aussi entre ces derniers et les spécialistes internationaux. L'accès à cette nouvelle technologie reste malgré tout inégal et dépend du coût des installations, ainsi que de la disponibilité et de la fiabilité des lignes téléphoniques. Les spécialistes sud-africains sont les plus impliqués, bien qu'il existe également dans ce pays certaines différences. Ainsi, les institutions historiquement blanches jouissent de plus grandes capacités technologiques que les institutions historiquement noires, selon un schéma que l'on retrouve sur tout le continent. Par ailleurs, les chercheurs pouvant obtenir un accès électronique auprès d'une ONG ou d'un institut de recherche ont plus de chance d'avoir accès au courrier électronique que ceux qui travaillent uniquement dans les universités. L'accès à l'Internet est moins courant, même si plusieurs réseaux importants comme le CODESRIA possèdent leur propre site web. Des organismes donateurs, tels que la Banque mondiale, le Centre de recherche pour le développement international (CRDI) ainsi que les fondations Ford et Rockefeller, se sont engagés dans des programmes d'expansion de l'accès à l’internet pour les spécialistes. Ainsi, en 1997, la Banque mondiale a inauguré son université virtuelle africaine. Son effort premier porte cependant sur les sciences naturelles, et, parmi les sciences sociales, l'économie. La qualité et la quantité des points de diffusion des résultats de recherches sont touchées par les réalités économiques et technologiques. Même si la faible dimension des marchés intérieurs n'encourage pas la publication, de nouvelles maisons d'édition dans le domaine des sciences sociales ont fait récemment leur apparition. Le CODESRIA et les SAPES (Southern African Political Economy Séries), notamment, publient un nombre important d'ouvrages et de revues, disponibles dans plusieurs région, même si leur prix est tel que peu de chercheurs peuvent se permettre de les acheter. De plus, on trouve une grande quantité de « littérature grise », le plus souvent des rapports de consultants, accessibles principalement pour les agences ayant commandé la recherche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En règle générale, les spécialistes africains des sciences sociales sont très ouverts aux recherches effectuées ailleurs, et désireux d'y avoir accès. Le problème réside dans la disponibilité et donc dans le coût des documents, les bibliothèques universitaires devant faire face à de sévères restrictions budgétaires. Le problème de la langue, par ailleurs, se retrouve surtout dans la division français/anglais. Les spécialistes de l'Afrique francophone n'ont qu'un accès limité à la littérature spécialisée de langue anglaise à cause des réseaux auxquels ils appartiennent et de leur connaissance limitée de l'anglais (il est important de remarquer ici que, dans leur cas, l'anglais est, au mieux, une troisième langue). La réciproque est vraie pour les chercheurs anglophones qui ont certainement plus de difficultés à lire le français que leurs homologues francophones n'en ont à lire l'anglais. Dans les pays lusophones, les chercheurs sont confrontés à une double contrainte, une grande partie des publications se faisant soit en anglais, soit en français.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;INTERACTION AVEC LES DÉCISIONS POLITIQUES &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme nous l'avons mentionné ci-dessus, l'interaction entre les chercheurs en sciences sociales et les décideurs est principalement déterminée par la situation politique et les conditions de la liberté universitaire propres à chaque pays. Beaucoup d'instituts de recherche récemment créés, tels que ceux qui ont été financés par le biais de l'Initiative africaine de la Banque mondiale pour le développement, incluent explicitement dans leur mandat ce genre d'interaction, surtout dans le domaine de la réforme économique et politique. Certains spécialistes des sciences sociales mènent des recherches pour le compte d'un gouvernement dans des domaines comme la santé ou l'éducation, même si leur rôle effectif dans la formulation des politiques varie. Dans de nombreux pays, des spécialistes sont détachés dans divers ministères ou au sein des comités nationaux des sciences. Dans ce dernier cas, cependant, ils exercent beaucoup moins d'influence que les chercheurs en sciences naturelles. En ce qui concerne le secteur privé, l'interaction reste minimale, principalement à cause de sa relative fragilité dans de nombreux pays africains. II faudra attendre de voir quelle influence auront les réformes en faveur de la privatisation pour savoir si la situation risque de changer. L'exception majeure reste l'Afrique du Sud, où les marchés intérieurs ont créé pour les entreprises nationales et étrangères une demande d'études de marché.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mots clés&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le CODESRIA&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA), dont le quartier général est situé à Dakar (Sénégal), est une ONG panafricaine. Créé en 1973, ce conseil est composé d'instituts de recherche africains, de facultés des sciences sociales de diverses universités africaines ainsi que d'organisations professionnelles. II jouit d'un statut d'observateur et il a passé un accord de collaboration avec l'Organisation de l'unité africaine (OUA). Ses fonds proviennent de dons versés par certains gouvernements africains, par des organismes bilatéraux d'aide au développement et par des fondations privées, ainsi que des cotisations de ses membres et de la vente de publications. Le conseil se fixe quatre objectifs principaux:&lt;br /&gt;- Développer les sciences sociales en Afrique en mobilisant toute la communauté africaine des sciences sociales, dans le but d'entreprendre des recherches fondamentales ou axées sur la résolution de problèmes spécifiques, directement liés aux besoins du peuple africain;&lt;br /&gt; -Promouvoir la coopération et la collaboration entre les universités africaines, les instituts de recherche et de formation et les associations professionnelles;&lt;br /&gt;- Promouvoir la publication et la diffusion des résultats des recherches effectuées par les chercheurs africains;  &lt;br /&gt;- Promouvoir et défendre le principe de l'indépendance de la pensée et de la recherche ainsi que la liberté des chercheurs.&lt;br /&gt;Depuis sa création, le CODESRIA a soutenu la recherche par le biais de groupes de travail multinationaux. Chaque groupe est constitué de dix ou vingt chercheurs spécialisés dans des disciplines différentes et provenant de divers pays, travaillant sur un thème commun et dirigé par un ou deux coordinateurs. Le CODESRIA fournit également une aide à un grand nombre de groupes de travail nationaux. II s'agit de groupes formés par les chercheurs eux-mêmes, au sein d'un même pays, et dans lesquels ils travaillent sur un thème de leur choix. Le CODESRIA&lt;br /&gt;garantit la publication et la distribution des résultats de leurs recherches par le biais de sa Book Series, après un nécessaire contrôle par les pairs. Le CODESRIA fournit également des fonds de démarrage couvrant le coût des réunions et les frais de production locale. Le troisième type d'activité de recherche est connu sous le nom d'« activités non programmées ». II s'agit ici d'organiser des rencontres réunissant des spécialistes de sciences sociales et des responsables politiques au niveau panafricain, afin qu'ils discutent des importantes questions contemporaines qui touchent directement les pays africains.&lt;br /&gt;En 1988, le CODESRIA a amorcé un « programme de petites bourses d'étude » pour la réalisation de thèses dans les universités africaines. Le but de ce programme est de renforcer les formations de troisième cycle déjà existantes. Le CODESRIA publie les mémoires et les thèses, qui sont d'abord soumis au contrôle des pairs. En 1983, le CODESRIA a également créé un Centre d'information et de documentation. Ce centre a pour objectif principal d'offrir une aide bibliographique aux groupes de recherche du CODESRIA, aux chercheurs indépendants ainsi qu'à d'autres centres de documentation et bibliothèques, par le biais de services de conseils et de références, et, dans un avenir proche, très probablement, d'un service en ligne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le CODESRIA encourage par ailleurs la mise en place d'organisations professionnelles dans le domaine des sciences sociales en Afrique. II collabore avec un grand nombre d'organisations des Nations unies, comme l'UNESCO, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), et l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), mais aussi avec un certain nombre d'organismes internationaux tels que le Conseil international des sciences sociales et le Comité de coordination interrégional des associations de développement.&lt;br /&gt;UNESCO&lt;br /&gt;Bureau régional de Dakar&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;L’OSSREA&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;L'Organisation pour la recherche en sciences sociales en Afrique orientale et australe (OSSREA) a été créée en 1980 à Addis-Abeba, en Éthiopie, avec pour objectif de couvrir l'Afrique orientale. Elle a aujourd'hui étendu ses activités de recherche et de formation aux pays de l'Afrique australe. Ses objectifs sont les suivants: promouvoir la recherche en sciences sociales, favoriser les échanges d'idées et de publications entre chercheurs, encourager la formation des spécialistes africains dans le domaine des sciences sociales et offrir des bourses de recherche et de formation. Le Cinquième Congrès de l'OSSREA, qui s'est déroulé au Cap en 1996, a redéfini la mission et la stratégie à long terme de l'organisation comme étant la promotion d'une tradition africaine distincte dans le domaine des sciences sociales. On trouve aussi dans les priorités de recherche et de formation de l'OSSREA un concours pour des petites bourses d'étude, des ateliers de méthodologie en sciences sociales associées pour les études de genre, un programme de recherche sur l'environnement, le pastoralisme et les cultures sèches en Afrique, et le financement de nombreux travaux de recherche portant sur toute une variété de sujets. L'OSSREA publie des ouvrages et des rapports relatifs à divers thèmes, ainsi que l'Eastern African Social Science Research Review.&lt;br /&gt;Source: Rapport annuel de l'OSSREA-1997.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/15674932-112478274461635597?l=oumarkeita.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/15674932/posts/default/112478274461635597'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/15674932/posts/default/112478274461635597'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://oumarkeita.blogspot.com/2005/08/les-sciences-sociales-en-afrique.html' title='Les sciences sociales en Afrique'/><author><name>keita</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14106130989484743521</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-15674932.post-112473349042794774</id><published>2005-08-22T10:54:00.000-07:00</published><updated>2005-09-05T02:26:31.436-07:00</updated><title type='text'>la mobilité des étudiants étrangers!</title><content type='html'>&lt;strong&gt;Mobilité en ville&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Contexte &lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La mobilité est un facteur déterminant dans le processus d’intégration sociale de l’individu dans la ville. Cette problématique est particulièrement aiguë pour une frange de la population cumulant deux formes de handicap, social et géographique :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Etudiants étrangers (ne sachant pas parler correctement le français)&lt;br /&gt;- Jeunes adultes issus de milieu familiaux en difficulté (faibles niveaux de qualification, chômage des parents, illettrisme) ainsi qu’adultes en dernière phase de vie active, fragilisés par une longue période de chômage,&lt;br /&gt;- Résidant en périphéries de grands ensemble urbains, moins bien innervées par les transports en communs que ne le sont le cœur de nos cités…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mouvement est devenu une valeur fondamentale, condition du changement, du progrès, et répond à l’aspiration des individus à choisir les lieux et les contenus de leurs activités, à construire eux-mêmes autant que possible leur vie : mouvements des biens, des personnes et des capitaux liés à la croissance de l’économie et à sa mondialisation, mouvements physiques et mouvements des informations rendus possibles par le progrès des sciences et des techniques, mouvements des idées, mouvements quotidiens des personnes dans des sociétés de plus en plus urbanisées… Il devient donc tout aussi impossible de séparer croissance économique et mobilité des biens que développement culturel et mobilités des personnes…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Longtemps, les mobilités furent perçues négativement. Si elles le sont encore du fait des nuisances qu’elles occasionnent, elles sont aussi perçues comme la marque d’une plus grande autonomie et liberté individuelle. A ce titre, elles paraissent incarner les valeurs de la modernité sinon de la post-modernité.&lt;br /&gt;Pour Jean-Pierre Orfeuil, de l’institut d’urbanisme de Paris, cette valorisation des mobilités correspond à une mutation profonde, le passage d’une société fondée sur le lien communautaire à une société régie par des relations contractuelles et donc une plus grande autonomie des individus&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn1" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=15674932#_ftn1" name="_ftnref1"&gt;[1]&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;François Asher, de l’institut français d’urbanisme, explique, se déplacer n’est pas seulement un moyen d’accéder à une activité, à un lieu, à une fonction. C’est aussi un temps et une activité spécifique, qui a ses qualités propres&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn2" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=15674932#_ftn2" name="_ftnref2"&gt;[2]&lt;/a&gt;. Autrement dit, la mobilité n’est plus un temps mort, subi entre son domicile et son école. Pour certaines personnes, elle est même devenue plus qu’un moyen de déplacement, un mode de vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;La ville à l’heure des mobilités&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Parler de mobilités, c’est tôt ou tard en venir à un autre débat : sur la ville elle-même et son devenir. Non que les mobilités menacent la ville de dissolution comme l’a laissé entendre une abondante littérature, de Marshall Mc Luhan à Nicholas Negroponte (l’homme numérique, Robert Laffont, 1995). La thèse défendue par William.J.Mitchell dans E-topia au sujet des NTIC vont pour les mobilités : celles-ci ne condamnent pas les villes à disparaître dans un avenir proche mais à se transformer&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn3" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=15674932#_ftn3" name="_ftnref3"&gt;[3]&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Environnement, ville, inégalité, lien social…&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;La question des mobilités se révèle être un bon « analyseur du social », selon la formule de Dominique Desjeux et Michel Bonnet. C’est pourquoi, comme l’explique F.Asher, « les mobilités doivent être appréhendées de façons moins sectorielle et fonctionnelle qu’elles ne sont aujourd’hui et plus dans le cadre des grandes mutations sociétales qui déterminent leurs évolutions, et des systèmes d’actions dans lesquels elles s’effectuent (F.Asher, postface de les territoires des mobilités, op. cit).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Un nouvel objet pour les sciences sociales.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;L’intérêt de ces dernières années est allé croissant au cours de ces dernières années. Sociologues, économistes, géographes, urbanistes… Nombreux sont des spécialistes des modes de vie, des temporalités sociales, de la ville etc., à se pencher sur ce thème des mobilités. Aujourd’hui l’heure est plus que jamais à la pluridisciplinarité afin de saisir ses dernières dans leurs globalités, en combinant les méthodes quantitatives et qualitatives, ainsi que les échelles d’analyse : locale, nationales, internationales. Afin, aussi, de mieux saisir les enchaînements entre les mobilités des personnes, des biens et de l’information.&lt;br /&gt;En France, les premières études menées dans les années 60-70 étaient pour l’essentiel le fait d’ingénieurs. Quantitatives, elles portaient sur les déplacements à partir d’un modèle « origine/destination ». Elles ont été très vite complétées par d’autres approches en termes de schémas et de programme d’activité. A leur tour, ces approches se sont enrichies d’analyse fines des pratiques des différents membre de ménages, inspirées des approches en terme de budget/temps. Parallèlement, mais principalement dans les pays anglo-saxons, les études se sont élargies à d’autres déplacement que la mobilité professionnelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si les thèmes de recherche se sont diversifiés, des champs sont encore insuffisamment explorés. De l’avis des spécialistes, on manquerait en France de données statistiques sur les déplacements liés aux loisirs, les déplacements de soirées et de nuit, de week-end, les livraisons de biens à domicile… Les mobilités suscitent aussi le développement de nouvelles spécialités, comme par exemple le marketing géographique. Il s’agit d’une approche qui se propose d’exploiter les bases de données intégrées dans les systèmes d’informations géographiques (SIG) pour mieux répondre aux besoins de mobilités. Concrètement, elle vise à déterminer quelles populations peuvent avoir accès à tel équipement ou telle entreprise, à tel moment de la journée ou de la semaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus fondamentalement, les mobilités interrogent certaines catégories des sciences humaines. Elles amènent notamment à résister des notions classiques de la sociologie urbaine, comme par exemple la centralité. La localisation d’une activité en centre-ville n’est plus un gage d’accessibilité. Elle peut même être un handicap, notamment pour les déplacements qui nécessitent une automobile. Inversement, les problèmes posés par les mobilités donnent naissance à de nouveaux concepts (centrale de mobilité, plan de mobilité, covoiturage, transport collectif à la demande, intermodalité) qui débouchent sur de nouveaux services et de nouveaux métiers, et donc de nouvelles perspectives de recherche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie indicative&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Michel Bonnet et Dominique Desjeux &lt;/strong&gt;(dir), les territoires de la mobilité, PUF, 2000.&lt;br /&gt;Une quinzaine de contributions issus d’un programme de recherche sur les mobilités et leurs paradoxes ainsi que sur leurs incidences sur la structuration des territoires et le lien social, par des chercheurs issus de différents horizons disciplinaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jean-Pierre Orfeuil,&lt;/strong&gt; l’évolution de la mobilité quotidienne. Comprendre les dynamiques, éclairer les controverses, Inrets, synthèse, N° 37, 2001.&lt;br /&gt;Une analyse à la quantitative et qualitative des évolutions des mobilités intervenues depuis des années 1980, à la lumière des mutations sociales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;François Asher&lt;/strong&gt;, métapolis, ou l’avenir des villes, Odile Jacob, 1995.&lt;br /&gt;Une analyse des nouvelles formes urbaines. Les métapoles  nées de la périurbanistion, de la transformation des mobilités et des modes de vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;François Dureau&lt;/strong&gt;, métropoles en mouvement. Une comparaison internationales (coord), Anthropos, 2000.&lt;br /&gt;Une approche comparative des mobilités spatiales et de leur impact sur les grandes métropoles de pays du Nord et du Sud.&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Les axes de travail&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;L’accessibilité, l’intermodalité, les cultures de la mobilité à travers l’accueil des étudiants étrangers à Paris :&lt;br /&gt;· La « culture de la mobilité », à travers le tourisme urbain, la découverte de la ville pour celui ou celle qui ne la connaît pas,&lt;br /&gt;· L’intermodalité et la multimodalité, qui seront abordées au travers des systèmes d’information, des lieux d’échanges, des systèmes de tarification…,&lt;br /&gt;· L’aide à la mobilité autonome, en particulier des personnes malvoyantes et handicapées physiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment faciliter la ville ? Comment rendre la ville accessible ? Comment assurer la cohabitation entre l’automobiliste, l’usager des transports en commun, le cycliste, le piéton… ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelles règles de civilité sont à inventer pour répondre à la différenciation des rythmes, mais aussi des cultures de mobilités à Paris ?&lt;br /&gt;Se déplacer dans une ville, c’est croiser, rencontrer des gens que l’on ne connaît pas nécessairement, qui ne font que passer ou séjourner quelques temps (comme l’étudiant étranger, le touriste ou l’homme d’affaire), qui y vivent ou y travaillent. Des gens qui appartiennent à des milieux sociaux diversifiés et qui se déplacent à pied, à vélo, en bus, en métro, en tramway ou en voiture, à des vitesse et pour des motifs variés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En l’absence de codes de conduites partagés, les mobilités urbaines passe donc aussi par la définition de nouvelles règles de civilités. L’irruption du téléphone mobile dans l’espace public et les transports collectifs l’a bien montré : en l’absence des règles explicites sinon tacites, l’introduction d’un nouvel usage peut engendrer des désagréments. Il montre aussi que des solutions peuvent être trouvées (comme l’aménagement d’espaces spécifiques).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Se déplacer en ville, à pied, en vélo, en voiture, dans les transports en commun requiert aussi des compétences, un savoir-faire. Comme par exemple se repérer dans les rues, identifier les stations de métro, les arrêts de bus, de taxi… Ou savoir rester sur sa droite quand on emprunte un escalator au risque de gêner l’usager pressé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment acquérir ce savoir-faire ? Comment en assurer l’apprentissage ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une première piste consiste à mieux connaître la manière dont ailleurs on appréhende et on vit les mobilités urbaine. En effet, on n’envisage pas de la même façon la place de la voiture à Amsterdam ou à Los Angeles ; les rapports entre l’automobiliste et le piéton diffèrent : autant l’automobiliste américain est réputé respectueux à son égard, autant son homologue français… Des expérimentations réussies dans telle ville ne sont pas toujours transposables ailleurs. C’est aussi en cela qu’on peut parler de « culture des mobilités ». Aux problèmes de congestion, les villes apportent des solutions différentes. Or, ces différences sont encore souvent méconnues (favoriser les échanges internationaux).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Point de vue&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Cohabiter/coexister&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Piéton, cycliste, automobiliste, motard, usager du tram, adepte de la trottinette ou du roller… Chacun son territoire, chacun sa vitesse. Mais au delà de la simple question du croisement des parcours, se pose le problème de la cohabitation de ces pratiques de la ville. A l’heure où les livreurs de pizza empruntent les trottoirs, reste-t-il encore une place pour la poussette d’enfant, ou pour le siège roulant des personnes à mobilités réduites ? La priorité est à la création d’espaces publics « pacifiés », où les modes de déplacement peuvent coexister, en bonne intelligence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Franchir/accéder&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;C’est un paradoxe de notre monde contemporain très fonctionnaliste : ce qui est censé relier sépare. On paye le prix d’une ville tentaculaire faite d’infrastructure où le piéton se voit coupé de son substrat, de son sol de référence. Ainsi marginalisé, il doit, pour franchir des voiries de toutes sortes, emprunter des réseaux suspendus ou souterrains ; autant de passerelles et d’escalator qui rendent la ville de plus en plus complexe, et l’usager de plus en plus perplexe. Il est temps de redonner au piéton la sensation de continuité du sol urbain, de le faire renouer avec le plaisir de se promener en ville.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Parcourir/desservir&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Le citadin a quatre vies : il partage son temps, entre travail (école), résidence, loisir et « shopping », passant d’un lieu à l’autre, d’un univers à l’autre…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Stationner/résider&lt;/strong&gt;En ville l’automobile n’a pas toujours trouvé sa place. Si, en mouvement, elle sait frayer son chemin, à l’arrêt, elle n’a pas non plus forcément sa place.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Changer /Echanger&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;La ville est l’espace même de la communication :&lt;br /&gt;On saute de sa voiture pour attraper le tramway, on prend le train pour atteindre l’avion, on sort du métro pour héler un bus et, pour finir, tout simplement marcher… Les espaces de ces transports quotidiens, les lieux de ces interconnections sont souvent strictement utilitaires et peu vecteurs de qualités urbaines. Or, la spécificité de ces lieux modernes est précisement de mettre en relation les habitants de la ville contemporaine.&lt;br /&gt;Pouvoir se déplacer est devenu ce qu’on pourrait appeler « droit générique », c’est à dire une condition nécessaire pour accéder aux autres droits : au travail, à l’éducation, au logement et à la santé&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Propositions :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s’agirait d’étudier, à travers l’exemple de quelques villes, différentes manières de promouvoir des pratiques de mobilité intermodales ou multimodales, afin de mettre en lumière des aspects particulièrement importants dans cette perspective ; en particulier (non exhaustif) :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Quels sont les systèmes mis en place pour favoriser cette complémentarité entre modes (perspectives organisationnelles, juridiques,…) ? Quelles en sont les performances ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Comment la mise à disposition des citadins de modes de déplacement alternatifs, d’information sur ces disponibilités, de lieux d’échanges ou de transit, … leur permet d’affiner leur choix de mobilité et favorise un meilleur fonctionnement global du système de mobilité ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Quelle en est la perception par les citadins ? Quelles sont facilités et les contraintes spécifiques ressenties dans ces usages ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Comment faciliter la métropole à ceux qui, en l’inscrivant dans leur itinéraire de mobilité, témoignent de son attractivité et introduisent le nomadisme en son cœur ?&lt;br /&gt;Il s’agirait d’étudier les aspects sous lesquels on découvre une ville inconnue à celui qui l’aborde ; en particulier (non exhaustif) :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Quelles sont les formes actuelles de cette activité (type de population, lieux fréquentés, caractéristiques de la mobilité…) et comment leur évolution se répercute-t-elle sur l’aménagement de la ville et de son système de transport ? Cette question très vaste peut-être abordée de façon plus ciblée, à travers la pratique et l’étude des cheminements qu’offrent quelques villes à ceux qui viennent les fréquenter. Ces cheminements peuvent être lus du point de vue :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-         A) de l’aménagement urbain : quels sont les itinéraires pré-construits, les lieux dédiés à la consommation estudiantine, les liaisons réalisées entre ces territoires, les mises en scène des parcours, etc…, bref comment la ville est-elle dévoilée à un promeneur et dans quelle mesure le mouvement de l’étudiant est-il intégré à une nécessaire culture de l’accueil ?&lt;br /&gt;-         B) de l’étudiant : quelles sont les opportunités offertes en matière de destinations et de transport, quelle est leur visibilité, quels sont les besoins des étudiants et leurs pratiques effectives ?&lt;br /&gt;-         C) des citadins : comment la mobilité des résidents, des étudiants et celles des touristes se concilient-elles ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Les mots clés&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mobilité&lt;/strong&gt; :Déplacement ; temps passé hors de chez soi. Il convient de distinguer la mobilité mécanique(au moyen d’un mode de transport) de la mobilité physique (à pied). La mobilité n’empêche pas l’immobilité. En effet, on peut être mobile tout en restant assis de longues heures : lorsqu’on se déplace en train, en avion ou en voiture. On peut aussi se déplacer beaucoup sans se déplacer loin du fait des multiples micromobilités de la vie quotidienne : les déplacements d’une pièce à l’autre, les courses chez l’épicier du coin etc.&lt;br /&gt;Intermodalité :Comportement consistant à utiliser plusieurs modes de déplacement au cours d’un même trajet que le principe d’organisation visant une meilleure complémentarité entre ces modes de déplacement, qu’ils soient individuels ou collectifs, motorisés ou non.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Multimodalité &lt;/strong&gt;:Désigne un usage alterné de différents modes de déplacement en fonction de la destination ou du motif du déplacement. Par opposition à un usage monomodal.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Périurbanisation&lt;/strong&gt; :Etalement des villes au-delà de leurs limites traditionnelles avec la formation de périphéries plus ou moins lointaines et morcellés. Même si elle tend depuis peu à s’essouffler, ses conséquences sont nombreuses eu égard aux mobilités quotidiennes : accentuation des mouvements pendulaires, allongement des distances parcourues… Elle implique de repenser en conséquence l’organisation des transports. &lt;br /&gt;&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn1" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=15674932#_ftnref1" name="_ftn1"&gt;[1]&lt;/a&gt; J.Pierre Orfeuil « l’évolution de la mobilité quotidienne », Inrets, synthèse, n°37, 2001&lt;br /&gt;&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn2" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=15674932#_ftnref2" name="_ftn2"&gt;[2]&lt;/a&gt; F. Asher, Ces événements qui nous dépassent, feignons d’en être les organisateurs, l’Aube, 2000.&lt;br /&gt;&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn3" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=15674932#_ftnref3" name="_ftn3"&gt;[3]&lt;/a&gt; W. Mitchell, E-Topia, MIT press, 1999.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/15674932-112473349042794774?l=oumarkeita.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/15674932/posts/default/112473349042794774'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/15674932/posts/default/112473349042794774'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://oumarkeita.blogspot.com/2005/08/la-mobilit-des-tudiants-trangers.html' title='la mobilité des étudiants étrangers!'/><author><name>keita</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14106130989484743521</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry></feed>
